Emmanuel Macron face à la bombe EDF et de l'énergie

Marc Endeweld
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Il n'y a pas que sur le front de la pandémie que rien ne va plus pour l'exécutif : la bombe énergétique est en train d'exploser un peu partout dans le monde. Face à ces enjeux considérables en plein dérèglement climatique, la France apparaît depuis de trop nombreuses années comme immobile sur le sujet, incapable de formaliser une nouvelle stratégie globale. Résultat, les annonces et les alertes s'enchaînent, et la panique gagne une bonne partie des acteurs du secteur, et en particulier chez EDF.
Pour l'électricien national, les mauvaises nouvelles s'accumulent depuis plusieurs semaines. Cette semaine, le groupe public a d'abord reconnu officiellement que l'EPR de Flamanville, ce réacteur prototype de troisième génération qui multiplie les déboires, accuse un nouveau retard : la date de chargement du combustible dans la cuve du futur réacteur est « décalée de fin 2022 au second trimestre 2023 », a annoncé EDF. L'annonce a fait l'effet d'une déflagration alors que le président Macron a annoncé à plusieurs reprises depuis l'automne son intention de relancer la filière nucléaire française. D'autant que cela fait bien longtemps que Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF, tente désespérément un arbitrage de l'État pour lancer la construction de six réacteurs EPR en France.
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En réalité, cette annonce était un secret de polichinelle. Au plus haut de l'État, on savait déjà. Ainsi, quand Emmanuel Macron fait ses déclarations pro nucléaires à l'automne, il est déjà informé du énième retard de l'EPR de Flamanville. Il sait déjà que le prototype n'est pas encore prêt à voir le jour, et c'est justement pour cette raison qu'il ne l'évoque jamais dans ses discours. En visite chez Framatome en décembre 2020, le président avait d'ailleurs dévoilé un agenda qui ne laissait guère de doutes : « La décision définitive de construction de nouveaux réacteurs doit être préparée et devra être prise au plus tard en 2023, lorsque Flamanville 3 sera entré en service ». Pour une figure du nucléaire français, il est clair que l'EPR n'a plus les faveurs de l'Elysée malgré l'activisme de Jean-Bernard Lévy sur le sujet. Mais quel pourrait être un plan B qui tiendrait la route ?
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