La lourde chute du titre EDF pose à nouveau la question de sa place en Bourse
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Le groupe a perdu 70% de sa capitalisation depuis son introduction en Bourse en 2005
BENOIT TESSIER
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Le groupe a perdu 70% de sa capitalisation depuis son introduction en Bourse en 2005
BENOIT TESSIER
Accident industriel ou gouvernance défaillante ? La décision de l'État, par ailleurs actionnaire à hauteur de 84% de l'énergéticien, d'amputer les bénéfices de 8 milliards d'euros d'EDF en 2022 pour préserver le pouvoir d'achat des Français (en limitant les hausses de tarifs), a fait plonger le titre de plus de 22% en début de séance, vendredi.
Le repli s'est peu à peu réduit au cours de la journée, pour clôturer à -14,59%. Le choc reste cependant sévère : pas moins de trois milliards d'euros de capitalisation évaporée en quelques heures... et une crédibilité vis-à-vis des marchés (une fois de plus) sérieusement écornée.
La perspective d'une augmentation de capital, lancée par le courtier JP Morgan Cazenove dans une note, n'a pas non plus aidé à rassurer. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a effet indiqué que l'Etat serait « aux côtés » d'EDF pour l'aider à traverser cette mauvaise passe.
En revanche, le choc a été moins violent sur la dette obligataire d'EDF : la dette senior s'est dégradée de 7 à 10 points de base (40 points de base en matinée) mais l'impact a été plus limitée sur la dette hybride, de l'ordre de 2 points de base.
Ce décrochage en Bourse pose de nombreuses questions. Tout d'abord, il met en lumière le rôle pour le moins ambigu de l'Etat-actionnaire dont une décision politique met à mal une entreprise cotée. D'autant que le groupe doit gérer le énième surcoût de la centrale EPR de Flamanville. Ces contradictions de l'Etat-actionnaire ne sont pas nouvelles et pèsent comme une chape de plomb sur la valorisation du groupe. Depuis son introduction en Bourse en 2005, la capitalisation boursière a chuté de près de 70%, de 100 milliards d'euros à 28,5 milliards aujourd'hui.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

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Avec un aussi faible flottant (15%) et sa sensibilité aux décisions gouvernementales, se pose naturellement la question de la pertinence de sa cotation en Bourse. Certes, la valeur ne manque pas d'attraits, avec un rendement autour de 6%, ce qui peut en faire une valeur de fond de portefeuille.