Les jeunes qualifiés qui aspirent à des emplois de qualité pourraient lourdement pâtir des conséquences néfastes de la crise sur le marché du travail, selon une récente enquête du Céreq.Horizon professionnel bouché, CDD non renouvelés, jobs étudiants arrêtés, flambée du chômage... depuis le début de la pandémie, la situation des jeunes sur le marché du travail demeure très préoccupante. La plupart des indicateurs indiquent que cette population est en première ligne dans cette récession hors norme. La crise sanitaire et économique a précipité un grand nombre dans la précarité. Leur insertion professionnelle se transforme déjà en parcours du combattant. Même ceux qui ont suivi de longues études, des formations et des stages à répétition, et ont poursuivi les efforts pour postuler pendant les périodes troublées de confinement témoignent de graves difficultés.
Dans ce contexte morose, le centre de recherches et d'études sur les qualifications (Céreq), qui vient de publier une enquête éclairante menée avant la pandémie sur les aspirations professionnelles des jeunes, montre que les salariés débutants sont avant tout à la recherche de "qualité au travail". Le choc terrible provoqué par la récession pourrait néanmoins modifier en profondeur les ambitions de cette population confrontée à un marché du travail déprimé. "La crise actuelle et ses effets sur l'emploi des jeunes pourraient venir bousculer le rapport au travail de ces derniers et impulser une redéfinition de leurs aspirations individuelles, à l'aube de leur vie professionnelle" relève l'étude du laboratoire de recherches situé à Marseille.
Progresser en interne
L'étude intitulée "À quoi rêvent les jeunes salariés ? Qualité du travail, aspirations professionnelles et souhaits de mobilité des moins de 30 ans", indique que les salariés souhaitent avant tout progresser à l'intérieur de leur entreprise. Ainsi, 73% des répondants indiquent qu'ils souhaitent davantage prendre de responsabilités et 79% souhaitent faire évoluer le contenu de leur travail. Dans le détail, "près d'un tiers des jeunes salariés (31%) mettent en avant un souhait de progresser dans leur entreprise, porté par une confiance marquée dans l'avenir et un risque de perdre leur emploi qu'ils perçoivent comme très faible. Leur objectif de gagner en responsabilité est encouragé par la possibilité qu'ils ont de discuter avec leur responsable des questions de mobilité, de salaire et d'organisation du travail". Pour favoriser cette ascension en interne, les jeunes qui ont répondu à l'enquête sont plus demandeurs de formation auprès de leur direction que le reste de la population interrogée.