Emploi : les TPE concentrent le plus de CDD et de temps partiels

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28,3 % des salariés des TPE travaillent à temps partiel et 13,8 % sont en CDD.
28,3 % des salariés des TPE travaillent à temps partiel et 13,8 % sont en CDD. (Crédits : © Kacper Pempel / Reuters)
Une étude de la Dares publiée ce mercredi rapporte que les TPE (entreprises de moins de 10 salariés) concentrent le plus d'emplois dit précaires.

Si les très petites entreprises (TPE) ont regroupé 20% de l'emploi salarié concurrentiel en 2014 (soit un salarié sur cinq), elles ont également eu davantage recours aux CDD et au temps partiel que les entreprises de dix salariés ou plus, rapporte une étude de la Dares publiée mercredi 23 décembre.

Au 31 décembre 2014, trois millions de salariés travaillaient dans plus d'un million de TPE (moins de 10 salariés), dont 1,2 million dans le secteur de l'artisanat, précise le service de statistiques du ministère du Travail.

Les TPE emploient en moyenne 3 salariés, mais 36% n'en comptent qu'un seul. Dans près de la moitié d'entre elles travaille au moins un non-salarié (gérant ou membre de la famille). Ces entreprises "mono-salarié" sont pour beaucoup dans l'enseignement privé (écoles de conduite), l'action sociale privée, l'immobilier, les arts et autres activités de service.

Deux fois plus de CDD dans les TPE

Les CDD (contrats à durée déterminée) représentent 13,8% des salariés des TPE, soit davantage que dans les entreprises de 10 salariés ou plus, dans lesquelles la part de CDD est de 7,6%.

46% de ces CDD sont des emplois aidés, en majorité des contrats d'apprentissage ou de professionnalisation (qui comprennent des baisses de charges). Au final, plus du quart des emplois aidés (marchands ou non) en France se trouvent dans les TPE, 225.000 salariés au total.

Si les contrats d'apprentissage ont diminué de 5% entre 2013 et 2014 dans les TPE, le nombre de contrats aidés par l'Etat (contrat unique d'insertion, emploi d'avenir, contrat de génération, etc.) a de son côté, augmenté de 17%.

Les TPE emploient près de 30% de ses salariés... à temps partiel

L'étude rapporte également que la durée de travail hebdomadaire pour les salariés des TPE à temps complet est de 36,2 heures, soit davantage que dans les entreprises de 10 salariés et plus (35,6).

Néanmoins, le temps partiel y est plus fréquent : 28,3% des salariés, contre 16% ailleurs. Ainsi, plus l'entreprise est petite, plus le recours au temps partiel est important : 39,5% dans les entreprises "mono-salarié", contre 15% dans les entreprises de plus de 100.

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a écrit le 24/12/2015 à 11:17 :
Là, on est dans le constat... c'est un premier pas !
Maintenant, il faudrait passer à l'analyse : pourquoi ? (les réponses sont déjà dans les 2 commentaires ci-dessous !)
Ensuite, il faudra réfléchir à "comment faire sauter ces blocages qui dissuadent les chefs d'entreprise à signer des CDI", mais une fois l'analyse effectuée correctement, les solutions deviennent évidentes ! Il suffit de mesures incitatives et surtout pas coercitives...
a écrit le 24/12/2015 à 10:19 :
Il y a tellement, ne serait-ce qu'ici, d'exemples catastrophiques de petits patrons de PME ou TPE, condamnés par les prud'hommes à verser des sommes sans rapport ni avec la "faute" ni la rémunération du salarié licencié: dernier exemple parlant: 100.000€ d'indemnisation à la charge d'un patron ne réalisant même pas cette somme en C.A. !
Donc dans un conjoncture incertaine les CDD, intérims, temps partiels sont bien préférables à risquer en plus le dépôt de bilan de l'entreprise.
a écrit le 23/12/2015 à 23:36 :
Cela ne fait que confirmer une évidence : les patrons des TPE n'embaucheront pas en CDI dans la situation actuelle!
Pourquoi ? Parce qu'une fois un CDI signé, seul une répudiation de l'entreprise par le salarié reste possible : une fin de contrat à l'initiative de l'employeur est quasiment systématiquement synonyme de prud'hommes, avec comme risque des indemnités tellement lourdes que l'entreprise n'y survivra pas !
Si on veut relancer l'embauche en CDI, 2 mesures indispensables :
- définir à l'avance et à un niveau raisonnable (1 mois de salaire net par année pleine d'ancienneté en travail effectif, par exemple) l'indemnité maximale qui peut être demandée aux TPE PME pour un licenciement. Pour les grandes entreprises, un dédommagement versé à pôle emploi pourrait être ajouté -nb: à pôle emploi, comme ça, pas de discrimination entre salarié grande entreprise et salarié TPE-.
- annuler les seuils sociaux de 10, 11 et 20 salariés ! Certain diront que le gouvernement les a suspendus... pas dans leur ensemble, et surtout, pour ne durée de 3 ans... et après ? CE gouvernement les remet ?
De toutes façons, ce problème est un constat : on regarde la réalité en face... ou pas ! Les créateurs d'emplois, ce sont les entreprises, et en particulier les TPE ! LE reste n'est QUE du maquillage de chiffres !

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