En pleine incertitude, le rebond en trompe-l'oeil du moral des patrons français
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Le quartier d'affaires de la Défense à Paris.
Reuters
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L'instabilité politique donne des sueurs froides aux économistes. Après la décision fracassante d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale en juin, les indicateurs du moral des chefs d'entreprise ont pour la plupart plongé brutalement. Les dernières enquêtes sur le climat des affaires menées par l'Insee montrent d'ailleurs la fébrilité des chefs d'entreprise dans les services et l'industrie. L'indice est tombé à un niveau inédit depuis 2021. Dans les milieux économiques et financiers, l'inquiétude se propage à grande vitesse. « La conjoncture est résiliente mais les indicateurs d'incertitude sont remontés. Les entreprises sont inquiètes sur l'investissement et l'emploi », confiait un ancien grand patron d'une grande banque française, il y a quelques jours.
À rebours des récents indicateurs, la Grande consultation des entrepreneurs menée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI dresse un tableau plus favorable de l'économie tricolore. Après avoir chuté en juin (-9 points), l'indicateur de l'optimisme a légèrement rebondi en juillet, après les résultats des législatives. « Le moral connaît un regain de deux points (84 points contre 82 en juin) mais on est loin des 100 points de longue période », nuance Alain Di Crescenco, président de CCI France, contacté par La Tribune. « C'est une correction par rapport à la sanction de juin », ajoute l'entrepreneur. Pour rappel, l'enquête a été menée entre les 8 et 16 juillet, juste après le second tour du scrutin.
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Interrogés sur les perspectives de l'économie française, les chefs d'entreprise sont plus nombreux en proportion (22% contre 19%) à être optimistes en juillet par rapport à juin. Dans l'industrie, près d'un quart des dirigeants sont optimistes (26%). Viennent ensuite les directions du commerce (24%) et des services (21%). En revanche, la construction (19%) continue de plonger dans le rouge. Frappé de plein fouet par la guerre en Ukraine et la remontée des taux, le secteur peine à sortir du marasme. Les carnets de commande sont en berne et les défaillances se multiplient avec des effets en cascade.