Et si les prix de l'énergie fracassaient la campagne présidentielle ?
Marc Endeweld
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C'est un peu l'invité surprise de ce début de campagne. Depuis des semaines, tous les médias faisaient de l'immigration le sujet numéro 1 de la future confrontation présidentielle. Zemmour par ci, Zemmour par là... Et soudain, début octobre, une énième hausse des prix de l'énergie vient jouer les trouble-fêtes. Cela fait pourtant des mois qu'ils montent dangereusement. Pour les abonnés du gaz, les tarifs ont bondi de près de 60 % sur un an !
Nouvelle douche froide, Engie a annoncé dès le 1er octobre une nouvelle hausse du tarif réglementé de 12,6 %, par rapport au barème en vigueur applicable depuis le 1er septembre. Il s'agit de la plus forte hausse constatée depuis 2013. Cette flambée des prix intervient au plus mauvais moment, quelques semaines avant la période hivernale où les foyers ont besoin de se chauffer. En urgence, le gouvernement a décidé de mettre en place un « bouclier tarifaire » en gelant à partir du 1er novembre le Tarif régulé de vente (TRV) proposé par l'opérateur historique Engie.
Une décision prise dans l'urgent, car durant de longs mois, personne du coté du pouvoir n'a trouvé alarmante la situation. Et pour cause : l'augmentation des tarifs a profité aux opérateurs dont l'Etat est actionnaire, comme EDF ou Engie, deux entreprises fortement endettées, mais via la TVA, cela a permis également d'augmenter les recettes fiscales. Ce qui a amené Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle, à s'emparer du sujet : « Toutes les augmentations de l'électricité et du gaz ont provoqué l'augmentation des taxes, c'est-à-dire ce qui rentre dans les poches de l'État », s'est irrité le président des Hauts-de-France qui souhaite représenter la France périphérique, celle des Gilets Jaunes, lors de sa campagne, estimant par ailleurs que l'État ne devrait pas faire « semblant d'être généreux en ne remboursant que 580 millions d'euros avec le chèque énergie ».
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« Il y en a marre de leur com' », a flingué Xavier Bertrand, ajoutant à son argumentaire cette sentence : « Les caisses de l'État se remplissent parce que le porte-monnaie des Français se vident. » Si les recettes évoquées par Bertrand (2 milliards) sont sans doute moins importances qui ne le dit, le candidat de droite tape là où ça fait mal : le gouvernement n'a pas du tout anticipé durant de longs mois l'impasse de cette hausse des prix pour les Français.
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