Michel Sapin, le ministre de l'Economie et des Finances est un homme optimiste. Quand il était ministre du Travail, dans la première partie du quinquennat, il affirmait à chaque conférence de presse que le retournement de l'emploi prévu pour la fin 2013 se produirait. Vaille que vaille. A la lecture des dernières statistiques de Pôle emploi, force est de constater que cet objectif n'a pas été atteint. Malheureusement, pour les demandeurs d'emplois.
Depuis qu'il est revenu à Bercy, en 2014 - il a été ministre de l'Economie et des Finances de 1992 à 1993 -, Michel Sapin continue d'afficher une certaine confiance en l'économie. En dépit de la dégradation de certains indicateurs macroéconomiques et de la menace que laissent planer certains événements tels que le Brexit dont l'impact sur l'économie française est inconnu, il maintient son objectif de croissance pour 2016 et 2017. Il conserve également l'objectif de réduction du déficit public à 2,7 % du PIB en dépit d'une amélioration du solde général du budget de 600 millions d'euros seulement, celui devant passé d'un déficit de 69,9 à 69,3 milliards d'euros entre 2016 et 2017 .
Mardi, le Haut conseil des finances publiques (HCFP) a jugé "improbable" la réduction du déficit public à 2,7 % du PIB. Dans un avis que l'AFP s'est procuré mardi et que le HCFP a remis au gouvernement, celui-ci qualifie précisément d'"incertain" le retour du déficit sous la barre des 3 % promis à Bruxelles, en raison de "risques" pesant sur les dépenses mais aussi du caractère "optimiste" de la prévision de croissance retenue par Bercy (1,5 %). Précisons que le HCFP n'est pas le seul à douter. Selon le consensus des économistes, le PIB ne progresserait que de 1,2 % l'année prochaine, marqué par le trou d'air de l'activité observé au deuxième trimestre.
Qui a raison, qui a tort ? Michel Sapin, qui ne reste pas insensible aux critiques, se montre offensif. "En 2014 et en 2015, nous avons essuyé les mêmes critiques de la part des mêmes experts. Ils se sont trompés coup sur coup. En 2015, personne ne pensait que nous parviendrions à réduire le déficit public à 3,8 % du PIB. Pourtant, nous avons fait mieux que prévu, celui-ci ayant été finalement abaissé à 3,5 % du PIB ! A quelques mois des prochaines échéances électorales, je réclame un peu de sérieux, et un peu de prudence également, pour que le débat soit le plus constructif possible", a déclaré Michel Sapin.
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