Fiscalité : le Grand débat change de format

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(Crédits : Reuters/Philippe Wojazer)
Plusieurs organisations syndicales et patronales, des représentants de collectivités ou des ONG ont échangé mercredi 13 mars pour apporter leurs contributions au Grand débat qui doit se clôturer officiellement le 18 mars.

Depuis le début de la semaine, les modalités du Grand débat ont changé. Après plus de de deux mois d'échanges et de réunions dans les territoires, plusieurs corps intermédiaires ont été sollicités pour élaborer un ensemble de propositions sur les quatre thèmes sélectionnés par le gouvernement. Mercredi, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin accueillait les différents participants dans l'enceinte du ministère de l'Economie pour qu'ils élaborent plusieurs propositions sur le thème de la fiscalité et des dépenses publiques.

« Le débat sur la fiscalité est celui a qui le plus passionné les Français si j'en crois le nombre de contributions. Il y a quelques paradoxes, beaucoup de contributions demandent moins d'impôts mais pas moins de dépenses. La question de la justice fiscale et de la redistribution sont au cœur des propositions. Elles existent déjà grâce aux impôts directs et indirects, notamment via l'impôt sur le revenu », a expliqué le ministre.

La matinée animée par le commissaire général de France Stratégie Gilles de Margerie a révélé la complexité de l'organisation d'un tel débat et ces limites. Selon un décompte réalisé par La Tribune à partir des données de l'organisation présentées sur le site officiel, 450.000 contributions numériques ont été recensées au 13 mars sans compter toutes les contributions récoltées dans les territoires. Le sujet sur la fiscalité et les dépenses publiques avait ainsi récolté 152.289 contributions numériques contre 121.903 pour la transition écologique, 90.028 pour la démocratie et la citoyenneté  et 89.771 pour l'organisation de l'État et des services publics.

L'heure des propositions

Au total, 46 participants avaient répondu à l'appel de la mission du Grand débat mercredi matin. Cette nouvelle étape avait rassemblé des organisations très diverses allant de l'assemblée des départements de France, en passant par la CFDT, la CFE-CGC, la FNSEA, le Medef ou encore le WWF. Le matin, chacun des participants devait voter pour cinq thèmes qui leur semblaient prioritaires à partir de 20 propositions elles aussi très hétérogènes. Les thèmes suggérés allaient de "la progressivité, l'équité et l'efficacité de l'impôt" à "la mobilisation des recettes de fiscalité environnementale pour plus plus de justice sociale" ou "l'encouragement de l'économie sociale et solidaire".

Au départ fermé à la presse, La Tribune a pu assister à l'atelier regroupant une quinzaine de personnes sur le thème de l'économie sociale et solidaire. Après plus d'une heure de débats et d'échanges, les participants ont inscrit quelques propositions à faire remonter sous l'œil attentif de l'ancien juge d'instruction, Guy Canivet, membre du collège des cinq garants du Grand débat national et désigné par le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Les discussions se concentraient principalement autour de l'équité des conditions autour du financement et des dispositifs d'aides publiques entre les acteurs du privé et les acteurs de l'économie sociale et solidaire. La question d'un retour des emplois aidés a été également longuement débattue alors que le gouvernement actuel a réduit drastiquement ce dispositif depuis son arrivée au pouvoir.

Lire aussi : Le nombre d'emplois aidés dégringole

Une restitution complexe

Tout ce corpus issu des contributions sur la plateforme, des débats au niveau local et des cahiers de doléances mis à disposition des citoyens, devrait faire l'objet d'une restitution dans les prochaines semaines. Au regard de la masse de données récoltées, cette mission devrait se révéler complexe. L'organisation du Grand débat s'est engagée à ce que "sous le contrôle des garants, toutes les contributions seront rendues publiques, analysées et restituées au président de la République et au gouvernement".

Des jeux de données ont été mis à disposition des citoyens, des chercheurs et ou encore des journalistes sous licence ouverte, disponibles sur la plateforme data.gouv.fr. Outre cette immense base de données, toutes les contributions sous forme de documents manuscrits devront être numérisés par la bibliothèque nationale de France. Par la suite, ces données doivent être transmises à un consortium piloté par le cabinet Roland Berger, associé à Cognito et BlueNove, des sociétés spécialisées entre autres dans "l"intelligence collective massive [...] engagées activement dans la civic tech". Un représentant du cabinet est venu présenté "une cartographie lexicale qui devrait permettre de mieux comprendre les attentes des citoyens [...] mais il est encore trop tôt pour apporter les premiers résultats", a-t-il assuré. La restitution s'annonce périlleuse.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2019 à 0:30 :
Suppression des avantages à Brigitte Macron de 460000 mille € annuels elle n es pas élue elle est la femme du président
a écrit le 15/03/2019 à 8:41 :
Rien ne pourra être décidé sans notre consentement direct! Sinon la rue et ses conséquences, faute de R.I.C., attend les français!
a écrit le 15/03/2019 à 8:19 :
La gerontonphilie au pouvoir. Au secours fuyez !.
a écrit le 15/03/2019 à 7:26 :
Fumisteries et lassitude, il est temps de revenir à l'entre-soi macronien.
a écrit le 14/03/2019 à 18:14 :
Le clou qui dépasse attire le marteau, l'argent facile attire les voyous , l'intelligence qui dépasse la censure ,donc restons simple d'esprit, le ciel nous appartient
a écrit le 14/03/2019 à 17:29 :
Aucune amélioration ne sera faite ni maintenant ni plus tard, si le gouvernement ne fait pas l'effort d'économies dans sa propre gestion. Nos gouvernements ne montre pas l'exemple d'économies dans tous les domaines (environnement : utilisation d'hélico, utilisation d'avions privés pour de petits trajets, etc....etc...Pour gouverner , il ne suffit pas de s'en prendre aux petits fonctionnaires et aux services publics pour cacher son incompétence. Nous avons des politiques qui ne font pas d'économies et cela dure depuis très longtemps.
a écrit le 14/03/2019 à 16:09 :
Si je ne peux pas répondre au multipseudos ou bien le faire supprimer vous supprimez mon message hein, je ne sais pas combien de fois vous le dire alors que c'est moi qui fait le plus de concession dans l'histoire là hein... -_-

Épuisant
a écrit le 14/03/2019 à 15:13 :
Confondre un monologue, avec sa thèse, son antithèse et une conclusion, avec un débat sans interlocuteur valable, qui n'a pas eu le temps d'écouter puisque il parlait, ne peut être qu'un enfumage pour les prochaines élections!
a écrit le 14/03/2019 à 13:41 :
de 1970 à maintenant : 10 milloins de personnes vivaient de l'agriculture, élevage etc, à peine 400 000 aujourd'hui résultat désertification des campagnes . Depuis 70 l'équilibre salaires/rentes, actions c'est inversé : résultat de nombreux emplois très mal payés. Depuis 70 la pollution s'est accélérée à une vitesse effrayante résultat un changement climatique qui va modifier toute les vies : exils, désertification, type de consommation, montée des eaux etc. L'ancien monde, l'ancien mode de vie, l'ancien mode de décisions, l'ancien mode de consommations, l'ancien mode de croyances tressaute encore mais se trouve en fin de vie et l'être humain continue à jouer à la roulette avec lui même....
a écrit le 14/03/2019 à 13:29 :
le problème du gouvernement : trouver comment financer 85 à 90 milliards d'euro de dépenses publiques annuelles supérieures aux recettes , autrement que par un recours à l'emprunt sur les marchés financiers .
une piste raisonnable consisterait à réduire les dépenses ; c'est difficile , car au delà des sempiternelles aides sociales concernées et mises en avant comme" marronnier", il faudrait aller gratter sur les dépenses de fonctionnement des administrations et des coûts des régimes spéciaux de retraites (58 milliards de pensions des fonctionnaires + 7 à 8 milliards de subventions de l'Etat et taxes affectées pour équilibrer certains régimes spéciaux dont SNCF,RATP ,électriciens et gaziers ,..) . l'open data sur un état des lieux technique et financier précis sur catégories socio-professionnelles n'est sans doute pas à l'ordre du jour du grand débat initié par le gouvernement .
alors on se contentera du concours Lépine sur les impôts , taxes , contributions et autres prélèvements divers, nouveaux ou reliftés , qui rencontreront comme toujours un succès certain auprès de l'administration fiscale .
se rappeler le jugement "expert" du Président du Conseil Clémenceau : quand vous plantez des impôts , il pousse des fonctionnaires .
Réponse de le 15/03/2019 à 6:36 :
"une piste raisonnable consisterait à réduire les dépenses":Edouard a dit qu'il ne savait pas faire.Alors ne vous faites aucune illusion.Les impots augmenteront...
a écrit le 14/03/2019 à 13:14 :
Quand on brouille suffisamment un sujet en le découpant soigneusement pour générer des réponses contradictoires, il devient facile d'en manipuler les résultats. Air connu, le Grand débat est une sinistre mascarade, pour éviter d'assumer des mesures déjà arrêtées. Mais manipuler n'est pas gouverner.
a écrit le 14/03/2019 à 12:45 :
quand edouard philippe dit que c'est un incapable qu"il ne sait pas faire(mis a plat du système fiscale) et bien qu'il se retire quand au grand débat c'est un bide VUE LE NOMBRE DE CONTRIBUTIONS sur 65 millions de français les seul valable c'est les cahiers de doléances macron va nous enfumer j'ai pris soins de les voir dans 4 communes ce qui ressort ric argumentation salaires... indexation retraites.. baisse tva ....
a écrit le 14/03/2019 à 11:47 :
Les réunions ne sont que des assemblés de génération baby-boomer, celle qui a connu le plein emploi, des salaires au plus haut, des courtes carrières avec des départ en retraites avant 60 ans à des taux pleins, profite des acquis sociaux aux maximums... avec un certains Giscard qui disait les retraites dans 20 ans seront en faillite, Fillon disait les caisses de l'état sont vides à une certaines époques, qui demande aujourd'hui aux actifs et future jeune générations de payer l'ardoise de l'endettement de la France. MACRON JUPITER ET SON GOUVERNEMENT PRÉSIDENT DES RICHES, DES FONCTIONNAIRES, DES RETRAITES !!!!
a écrit le 14/03/2019 à 11:24 :
les pbs, on sait ou ils sont et on a des idees pour les resoudre
apres, chacun vient tirer la couverture a soi, histoire de gratter un peu qqch
Réponse de le 14/03/2019 à 11:52 :
En fait chacun a identifié des problèmes et a des idées pour les résoudre...et c'est en général lié au fait que chacun veuille tirer la couverture à soi. En général on demande à payer moins d'impôt soi-même mais on demande que le voisin en paye plus. Ensuite on demande plus de services qu'on serait susceptible d'utiliser mais moins qui ne nous concerne pas. Dans tous les cas, tout le monde oublie qu'on a d'abord un déficit à résorber à commencer par ceux (dont au pouvoir) qui veulent baisser les impôts tout de suite...

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