Fonction publique : le calme avant la tempête ?

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Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Compte publics, a échangé avec les organisations syndicales de la fonction publique dans le but de réformer et de moderniser les services de l'Etat.
Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Compte publics, a échangé avec les organisations syndicales de la fonction publique dans le but de réformer et de moderniser les services de l'Etat. (Crédits : Charles Platiau)
Depuis deux semaines, Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics échange avec les organisations syndicales de la fonction publique. Même si les détails de son action ne sont pas encore connus, on en sait un peu plus sur ses objectifs. Quelle méthode compte-t-il employer pour réformer et moderniser les services de l'Etat ? La douceur ou la poigne ?

Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Compte publics a un programmé chargé. Deux semaines après sa nomination à Bercy, l'ex-vice-président du conseil régional des Hauts-de-France a terminé ses échanges avec les syndicats de fonctionnaires.

Quels enseignements doit-on en tirer ? Pour ceux qui en doutaient, l'objectif de réduire 120.000 postes de fonctionnaires - dont 70.000 à 75.000 postes dans les collectivités territoriales, partant à la retraite au cours du quinquennat sera tenu.

Selon les derniers chiffres publiés en avril par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales dans son rapport d'activité, 37,4 % des 1,5 million d'actifs recensés sont âgés de plus de 50 ans, et 19,8 % (soit plus de 296.000 actifs) de plus de 55 ans.

Une mesure phare du candidat Macron

C'était l'une des mesures phares du candidat Macron dans le domaine de la réforme de l'Etat lors de la campagne présidentielle. L'élu les Républicains entend la tenir. Au total, Emmanuel macron souhaite réduire de 10 milliards d'euros les dépenses de fonctionnement de l'Etat.

Point important, le ministre a indiqué qu'il refusait d'ores et déjà toute approche "comptable", mécanique.

Pour rassurer ses interlocuteurs, il a promis qu'un débat sera mené "au préalable" et la "méthode du chiffre" évitée. Mardi 30 mai, lors d'une conférence de presse, il a indiqué cet objectif se réalisera par le biais de la "modernisation" via, notamment, la transformation numérique.

Des engagements par écrit

Concrètement, il écrira dès la semaine prochaine aux neuf syndicats de fonctionnaires pour synthétiser les engagements pris. Ainsi, un rendez-vous salarial se déroulera à l'automne. Une revalorisation du point d'indice est-elle envisageable en 2018 ? Le ministre ne s'est pas prononcé. Un tel geste semble toutefois peu probable. Rappelons que cette réforme de la fonction publique a pour objectif premier de réaliser des économies à l'Etat, économies qui doivent permettre à la France de tenir ses engagements vis-à-vis de Bruxelles en matière de réduction du défit public et de la dette publique... Emmanuel Macron a martelé cet objectif lors de sa campagne. Lors de ses premières rencontres diplomatiques, notamment lors de son premier entretien avec Angela Merkel, la chancelière allemande, il a tenu à rappeler ses intentions dans ce domaine.

Autre engagement pris par Gérald Darmanin et rappelé devant la presse, la constitution d'un calendrier partagé pour construire un "dialogue social original", afin de "trouver un moment pour réfléchir avec les agents publics à la modernisation des services publics". Un travail qui sera mené en "interministériel". Des États généraux ou des Assises devraient être organisés.

Il prévoit aussi de partir à la rencontre des agents de la fonction publique. Trois rendez-vous par semaine sur le terrain seront organisés. Seule précision notable apportée par le ministre à la Fédération autonome de la fonction publique (FA-FP), la dernière organisation rencontrée, un jour de carence sera instauré dans la fonction publique. Il pourrait être compensé par des mesures de prévention et de prévoyance. Les conséquences de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) également au programme du gouvernement pourraient être compensées pour les agents publics.

Les syndicats sont plutôt inquiets

Les syndicats sont-ils rassurés après ces premiers échanges ? En dépit de la cordialité des premiers échanges, certaines organisations syndicales s'inquiètent d'un durcissement à l'issue des élections législatives.. Rappelons que FO était ressortie " inquiète des premiers échanges ", que la CFDT disait " ne pas être naïve ", l'Unsa " vigilante " et la CGT, justement, se disait " désormais dans l'attente des résultats des élections législatives ".

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Commentaires
a écrit le 02/06/2017 à 11:19 :
Je reste partisans de l'indépendance économique des régions et celles-ci face à leurs responsabilités envers leurs fonctionnaires et surtout ne pas financer des gens n'étant pas habitants de la région.
Et évidement améliorer la polyvalence et répartir l'usage entre les besoins.
a écrit le 01/06/2017 à 12:22 :
la martingale de Mr Macron pour amadouer les fonctionnaires et leurs syndicats est simple .
comme rien ne justifie une augmentation de leur rémunération au delà des engagements déjà validés par François Hollande , l'astuce consiste à accorder une "compensation +" à la hausse de la CSG , dont le financement serait assuré par le produit des recettes supplémentaires de CSG générées par les retraités et indépendants concernés .
pour les salariés du privé , la compensation + est assurée par la suppression de la cotisation maladie de 0,75% et de celle de l'assurance chômage de 2,4% ; à noter cependant que l'annulation de la cotisation chômage impliquera une diminution importante ( mais non encore révélée ) de l'indemnisation des chômeurs , dont Mr Macron veut faire baisser le coût de 10 milliards d'euro .

les fonctionnaires eux ne contribuent ni au prélèvement maladie , ni à celui du chômage .d'où l'idée de la compensation pour un alignement sur les salariés du privé .
double bénéfice pour Mr Macron : il achète la paix syndicale et la faveur des fonctionnaires dont la rémunération nette va être à nouveau augmentée .
par contre double peine pour les retraités dont la rémunération nette va baisser ,mais pas leur impôt sur le revenu ( puisque CSG augmentée non déductible )
et double peine pour les chômeurs qui verront leur indemnisation diminuée en valeur et dans la durée .
les principes d'égalité et de justice sociale sont bien EN MARCHE .
a écrit le 01/06/2017 à 10:01 :
LES 6 MILLIONS DE FONCTIONNAIRES PUBLICS, TERRITORIALES, CHU,... AVEC LEUR SEMAINE DE TRAVAIL DE 28H 32H, CERTAINS PAYES SANS TACHE DE TRAVAIL, LEURS ABSENTÉISMES STRATOSPHÉRIQUES SANS JOURS DE CARENCE INADMISSIBLE, LEUR RETRAITE SPÉCIFIQUE INÉGALITAIRE, LEUR STATUT INJUSTIFIÉ, LE SERVICE RENDU MÉDIOCRE, L'ABSENCE DE LA CULTURE DU RÉSULTAT OBJECTIF ET DE LA PERFORMANCE (EN PARTICULIER POUR LES ENSEIGNANTS DU PUBLIC) ANORMAL, ETC... IL EST URGENT ET TEMPS DE REFORMER L’ÉTAT ET SA FONCTION PUBLIQUE QUI RUINE NOTRE PAYS PAR SON ENDETTEMENT ET SA PARESSE. L'EFFORT DU REDRESSEMENT DE NOTRE PAYS NE DOIT PAS REPOSE EN PERMANENCE SUR LE PRIVE !!!
Réponse de le 01/06/2017 à 12:02 :
Arrêtez de mettre en majuscule. C'est comme crier...
Réponse de le 01/06/2017 à 12:49 :
Ils mangent les enfants aussi et sont manipulés par la Corée du nord?
Réponse de le 02/06/2017 à 16:22 :
On voit que vous connaissez très bien la fonction publique. Le moins que l'on puisse dire est que la nuance ne vous caractérise pas. Inutile de surcroît d'utiliser les majuscules pour étaler autant d'énormités dignes du café du commerce.
a écrit le 01/06/2017 à 7:13 :
À quand une refonte des agences de l'état employant 440 000 fonctionnaires dont le coût est de 50 milliards par an ?! Des rapports sont sortis mais personne n'en parle...
a écrit le 01/06/2017 à 2:04 :
Koikil en soie, le public doit être tué. Dans tous les sens du terme, d'ailleurs. Cela rapporte. Mais seulement à certains.
a écrit le 31/05/2017 à 16:13 :
Ce Darmanin n'a pas l'air fiable, il est contre la hausse de la CSG puis est favorable, pour une hausse de la TVA et opposé, il est de droite va au centre , peut-être ailleurs ? Avec un tel interlocuteur, les syndicats ont du souci à se faire.
a écrit le 31/05/2017 à 15:11 :
Darmanin ne devrait pas avoir trop de souci :

Présidentielle: Les fonctionnaires votent de plus en plus à droite

Le candidat investi par la primaire de la droite et du centre recueille entre 19 et 21 % des intentions de vote des fonctionnaires, selon l’enquête menée auprès de 18.000 personnes. Il arrive juste derrière Marine Le Pen, qui oscille entre 20 et 22 %.
Quid des candidats de gauche ? Manuel Valls (15,3 à 16,5%) et Jean-Luc Mélenchon (15,2 à 16,7%) sont loin derrière, à près de 5 points de François Fillon. L'enquête révèle que la gauche recule globalement dans les intentions de vote par rapport à la vague précédente, en mai, où 41% des salariés du public (en suffrages exprimés) avaient l'intention de voter pour un candidat de gauche. Ils ne sont plus qu'entre 29,4 et 39,5% en décembre.« La droitisation du secteur public est indéniable », relève aux Echos, Luc Rouban, auteur de l’étude.
Réponse de le 31/05/2017 à 19:16 :
Quelques uns passent même à l’extrême droite sans trop se poser de questions, ni sans trop de scrupules. Idem chez une partie des syndiqués.
C'est désolant, puisque pour le moment c'est surtout le secteur privé qui paye et qui se réforme.

Tout le monde voudrait garder ses avantages et son emploi, mais on est loin des périodes fastes et la croissance risque de stagner pour longtemps.
Par contre les dépenses augmentent et avec 57 % de dépense publique /PIB, il faut mener des reformes. D’après le rapport Pébereau il faudrait viser les 50 %. Il n'y a que deux solutions, augmenter le PIB ou réduire les dépenses.

En plus, comme en plus on a des secteurs publics à renforcer, il faut faire des économies ailleurs.

Certes ce ne sont pas toutes les fonctions publiques qui coûtent, mais ce sont surtout les dépenses sociales avec 24 % du PIB contre 19 % pour l'Europe.
- Pour la défense nationale on est à 1.8 % contre 1.4 % en moyenne, donc déjà au dessus
- La sécurité est par contre en dessous de la moyenne Européenne avec 1.6 % dépenses contre 1.9 %.
- L'urgence étant de renforcer la justice, il faudrait doubler le budget.
a écrit le 31/05/2017 à 14:53 :
sur la photo, on croirait Sarkozy en plus jeune !
a écrit le 31/05/2017 à 14:36 :
pourquoi compenser la CSG chez les fonctionnaires ????,il est vrai que sans eux il ne serait pas President de la Republique !!!! mais la morale dans tout ca elle set où
Réponse de le 31/05/2017 à 16:48 :
Question àMALO?
Pourquoi ne pas compenser la CSG au fonctionaires ?
La morale quelle morale?
Vous voulez la parité secteur public/secteur privé commencer à le faire pour la CSG
ET POUR RAPPEL!!! je vous informe que les fonctionnaires cotise pour le chomage à auteur de 1% du salaire et en contrepartie ils n'on aucun droit au chomage.
Alors avant de casser du fonctionnaire bien lire les statues des droits et des non droits des fonctionnaires.
Ah oui c'est vrais ce sont des bons à rien, des nuls, qui ne travaille pas et qui se mettent toujours en maladie dans les hopiteaux, la police ........
Réponse de le 31/05/2017 à 17:07 :
et pourquoi pas?

chaque 1er janvier -03% de salaire jusqu'en 2020 puis -1,7% de salaire net avec la hausse de la CSG..

Alors moi je veux bien encore une fois une non compensation malo mais alors c'est pareil pour les retraités.; pas de compensation !
Réponse de le 31/05/2017 à 22:43 :
Pour BRUNO1964
Non, les fonctionnaires ne cotisent pas à l'assurance-chômage. Le 1% dont vous parlez correspond à la cotisation pour l'ASS (Assurance spécifique solidarité). Ce fond sert à indemniser (un petit peu) les chômeurs qui sont en fin de droit et qui ne sont plus du tout indemnisés par l'assurance-chômage. Encore une fois les fonctionnaires toujours prêts à nous parler de SOLIDARITE sont tout de suite un peu moins solidaires quand il s'agit de mettre un peu la main à la poche!!
Réponse de le 01/06/2017 à 14:16 :
Comme tout le monde cher liberator !
Cela dit, avouez que la contribution des fonctions publiques à l'effort national a été plus que sensible depuis 2006 (baisse dogmatique des effectifs, gel du point d'indice sur 5 ans avec timide revalorisation en 2016-2017et.......................contribution solidarité depuis 1982).
Enfin si on veut bien chercher, on trouvera facilement des acteurs ne connaissant pas ces contraintes et pour qui la solidarité est effectivement un affreux gros mot. Piste : les fonctionnaires n'en font pas partie.

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