Fonction publique : le gouvernement veut ouvrir les emplois de direction aux contractuels

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Il y a une volonté de commencer par ces emplois pour montrer l'exemple, explique-t-on dans l'entourage du secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt (ici, au centre, le 30 janvier 2018 à l'Assemblée nationale, à côté de Gérald Darmanin et face à Edouard Philippe).
"Il y a une volonté de commencer par ces emplois pour montrer l'exemple", explique-t-on dans l'entourage du secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt (ici, au centre, le 30 janvier 2018 à l'Assemblée nationale, à côté de Gérald Darmanin et face à Edouard Philippe). (Crédits : Reuters)
Dans les fonctions d'Etat, territoriale et hospitalière, les postes de direction seront désormais accessibles aux agents contractuels, qu'ils soient déjà présents dans l'administration ou directement venus du privé. Quelque 10.000 postes sont concernés. Alors que ces amendements étaient présentés mardi par le gouvernement aux organisations syndicales, trois d'entre elles dont la CGT (premier syndicat représentatif) ont claqué la porte de la réunion.

L'exécutif va ouvrir l'ensemble des emplois de direction dans la fonction publique aux personnels contractuels, une mesure qui concerne environ 10.000 emplois, a-t-on appris mardi de source gouvernementale, une annonce qui a immédiatement provoqué le mécontentement de certains syndicats de fonctionnaires.

"Les emplois de direction dans les trois versants de la fonction publique (Etat, territoriale, hospitalière, ndlr) seront ouverts aux contractuels", indique le compte rendu du conseil des ministres mardi.

Cette disposition va être introduite dans la loi "avenir professionnel" actuellement en lecture à l'Assemblée nationale. Trois amendements du gouvernement, soit un par versant, seront examinés en séance publique par les députés, a priori vendredi.

Plus de 10.000 emplois sont concernés, selon le chiffrage mentionné dans ces amendements, consultés par l'AFP.

Parmi eux figurent par exemple les postes de chefs de service ou de directeurs projet des administrations de l'Etat, ou encore ceux de directeurs d'hôpitaux. Dans la fonction publique territoriale, jusqu'alors, seuls les emplois de direction des plus grandes collectivités étaient ouverts aux contractuels.

Pourront ainsi être recrutés sur ces emplois soit des agents fonctionnaires, soit des agents contractuels déjà présents dans l'administration, ou directement venus du secteur privé.

Un décret d'application devra fixer, pour chaque versant, les modalités de sélection.

"Ces dispositions permettront à un plus grand nombre de personnes, issues du secteur public comme du secteur privé, d'apporter leur concours et leur expérience professionnelle au bénéfice du service public", argumente le gouvernement dans l'exposé de ces amendements.

La CGT (n°1), Solidaires et CFE-CGC claquent la porte

Alors que ces amendements étaient présentés mardi aux organisations syndicales, trois d'entre elles -- la CGT (1er syndicat représentatif), Solidaires (6e) et la CFE-CGC (8e) -- ont claqué la porte de la réunion pour protester "contre la pratique gouvernementale qui nie ouvertement la représentation syndicale en n'abordant pas ces questions dans le cadre des chantiers ouverts", selon un communiqué commun.

Un chantier de concertation entre les syndicats, le gouvernement et les employeurs publics concernant le recours accru aux contractuels est en effet ouvert depuis la mi-mai et devrait s'achever d'ici l'été.

La CFDT, dans un communiqué, "propose" ainsi au gouvernement "de reporter l'examen de ces questions au projet de loi" issu de cette concertation, prévu pour le premier semestre de 2019.

"Il y a une volonté de commencer par ces emplois pour montrer l'exemple", explique-t-on dans l'entourage du secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt.

(Avec AFP)

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a écrit le 14/06/2018 à 10:42 :
Tout cela existe déjà... 20 % d'enseignants contractuels qui n'ont ni le niveau ni la compétence des fonctionnaires si décriés. Pourquoi sont-ils là ? Parce que le métier d'enseignant est moins bien valorisé qu'avant. Effets :
1. un contractuel reste dans son académie, contrairement à un enseignant classique (ce qui empêche les fonctionnaires de rentrer chez eux).
2. un contractuel peut enseigner avec un bac plus 2 ou plus 3 (master 2 obligatoire pour un fonctionnaire)
3. les contractuels n'ont pas à faire valider leurs connaissances par un concours.
4. certains contractuels se permettent de ne pas donner cours, et ce sans être licencier.
5. les contractuels sont bloqués à l'échelon 1 (sans évolution de carrière possible).
6. la cours des comptes elle-même s'inquiète de cette dérive.
7. le niveau des élèves s'effondrent au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de contractuels.
Dans le système actuel un salarié du privé compétent n'a qu'à passer un concours pour être fonctionnaire. Pourquoi changer cela ?
À ceux qui pensent que les fonctionnaires sont trop payés et qu'ils ne travaillent pas. Faites comme les autres, passez les concours et vous verrez bien. Ayant travaillé en entreprise et pour l'Etat, je pense que les salariés du privé ne travaillent ni plus ni moins que les fonctionnaires... Les salaires sont par contre plus faibles en catégorie A de la fonction publique que pour le même emploi dans le privé (écart de 30 % à plus de 100 %). Pour les catégories B et C cet écart est beaucoup plus faible mais existe tout de même (10 à 20 % environ). Il n'existe par ailleurs ni prime d'intéressement , ni participation et un fonctionnaire ne peut pas partir au Portugal à la retraite et défiscaliser 10 ans de revenus.
Réponse de le 14/06/2018 à 22:16 :
si le privé est si rémunérateur on se demande pourquoi la quasi totalité des fonctionnaires restent accrochés à leur emploi public .
vous en avez une idée ?
Réponse de le 15/06/2018 à 2:14 :
Dire que "le niveau des élèves s'effondrent au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de contractuels" est extrêmement curieux. J'aurai des tas d'autres raisons a vous proposer pour expliquer l'effondrement du niveau scolaire. Je note simplement que les écoles privées ont souvent de bien meilleurs résultats (au moins au bac) que le public et que le nombre de contractuels y est pourtant beaucoup plus élevé. Les causes sont ailleurs...
a écrit le 13/06/2018 à 18:17 :
Il serait vivement temps que les compétences priment sur le statut. Il faut rapidement ouvrir les postes à tous salariés, sans blocage dû au statut.

Entendre dire que sa profession/métier est "fonctionnaire" (qui est un statut) signifie bien ce décalage avec la réalité.

Et puis, ces emplois réservés avec des avantages et des postes à vie n'ont plus de sens (et c'est une ex "fonctionnaire" passée dans le privé qui le dit et l'assume).
Réponse de le 13/06/2018 à 19:56 :
Parce que dans le privé, personne ne reste dans la même branche toute sa carrière peut-être ? Les bouchers, les médecins, les mécanos, ils vont, ils viennent ?
Que je sache, les concours de la fonction publique sont ouverts à tout-le-monde, il est donc où votre blocage ? Dans le privé, on rédige un CV et on passe un entretien d'embauche, dans le public, on passe un concours (avec souvent un oral).

Dire qu'on est fonctionnaire (on donne quand même très souvent son métier, ne vous en déplaise), c'est juste signifier que notre employeur, c'est l'Etat.

Pour avoir occupé un poste en contact direct avec des boîtes privées, ça me fait sourire l'efficience du privé. Que ce soit dans le privé ou le public, on retrouve des compétents, des incompétents, des gens qui brassent du vent, des gens de mauvaise foi... C'est la nature humaine qui veut ça.

Si on veut vraiment aller chercher des compétences (qui n'existeraient donc pas dans le public), il va falloir aller les chercher sur le marché du travail, donc sortir le chéquier. Economies pour le budget de l'Etat, 0 dans le meilleur des cas. Mais bon, certaines personnes seront contentes, ces cadres, on pourra les virer.

Quant aux "postes à vie", c'est faire fi des réformes qui touchent la Fonction publique depuis de nombreuses années.

Je bosse aux Finances publiques, je les attends ces cadres hors sol. On veut des cadres techniques, on va se retrouver avec des managers qui ne connaîtront rien au métier.
Réponse de le 14/06/2018 à 12:11 :
Oui mais au moins si le contractuel ne bosse pas, ou pas bien, on arrête son contrat. Alors que le fonctionnaire qui ne bosse pas il sera toujours payé à ne rien faire. C'est là la différence. Moi qui paye des impôts ça me met hors de moi de payer quelqu'un à ne rien faire. Mais bon apparemment vous ça ne vous dérange pas vu que vous devez être bien payé ! à ne rien faire peut être ...
Réponse de le 14/06/2018 à 16:36 :
Ayant eu la chance de travailler en partenariat avec services de la DGFIp, , je vous garantis qu'il vous faut des managers plutôt que des cadres techniques !!
a écrit le 13/06/2018 à 13:22 :
C'est logique et égalitaire.
De toute façon ce ne peut qu’être profitable aux services qui fonctionnent mal ou à ceux qui ne travaillent que pour leurs propres intérêts. La distinction de qualité et d'efficacité n'est pas une question d’étiquette ou de statut, mais de fonctionnement. Jusqu'à preuve du contraire on a des entreprises qui fonctionnent très bien. Pour preuve, elles financent aussi les services publics depuis longtemps.
Réponse de le 13/06/2018 à 13:58 :
On a des gros problèmes de management des entreprises privées!

Le niveau en gestion/finance des dirigeants d'entreprises est dramatique!
a écrit le 13/06/2018 à 12:41 :
Rien de tel que l'instabilité permanente pour désorganiser, éliminer puis fermer toute installation publique! Nous n'avons que des saboteurs, a la tête de notre pays, sur ordre de Bruxelles!
a écrit le 13/06/2018 à 10:07 :
Excellente idée ! Des managers venant du privé dans la fonction publique, instruire à la culture du travail, objectif, résultat, évaluation... cela serait une bonne idée aussi pour l'éducation nationale pour les proviseurs et enseignants et personnel des écoles à la culture de l’absentéisme et de la programmation des vacances... Mettre fin au poste à responsabilité des énarques dans les plus hautes sphères de l’administration et à la voix royale du pantouflage, on ne peut qu'applaudir ! Terminé la chaise longue et le m'en foutisme au boulot les fonctionnaires !!!
Réponse de le 13/06/2018 à 14:18 :
"Terminé la chaise longue et le m'en foutisme au boulot les fonctionnaires !!!"

Ce sont les glandeurs aisés du privé qui vont remplacer les fonctionnaires aisés de la categorie A ,pour résumer, les mêmes.
Réponse de le 13/06/2018 à 14:19 :
Des personnes qui ont passé le concours de chef d'établissement et venant du privé j'en ai connu quelques uns et c'était une catastrophe. Ils pensaient qu'il y aurait moins de travail et ont vite déchanté. Quant à la culture de l'absentéisme dans l'éducation nationale (donc norme admise et pratiquée par une majorité d'enseignants) je ne sais pas si c'est la peine de vous répondre.
a écrit le 13/06/2018 à 9:04 :
Ce que je ne comprends dans ce pays la France c'est que l'état ne soit pas un employeur comme un autre et que tous ces employés soient CDI et non avec un statut particulier. Dans beaucoup d'autres pays c'est comme cela et leur fonction publique fonctionne mieux qu'en France. De plus ce serait plus équitable mais c'est un mot que ne comprennent pas nos syndicats.
Réponse de le 13/06/2018 à 9:30 :
Un exemple sourcé correctement à l'appui peut-être ?
Réponse de le 13/06/2018 à 10:21 :
vous oubliez que les fonctionnaires doivent servir dans des départements très souvent distants de leurs choix et pour de nombreuses années. demandez à toutes les personnes nommées d'office dans le 95, 93 & cie. iriez vous sur place travailler sans garantie de statut ??
a écrit le 13/06/2018 à 7:44 :
Excellente mesure d’ouverture, évidemment la CGT et SUD sont contre ils veulent sauver leur pré carré , et oui le changement c’est maintenant
Réponse de le 13/06/2018 à 9:03 :
"évidemment la CGT et SUD sont contre"

Tu sais lire :

trois d'entre elles -- la CGT (1er syndicat représentatif), Solidaires (6e) et la CFE-CGC (8e) -- ont claqué la porte de la réunion pour protester
Réponse de le 13/06/2018 à 10:34 :
C'est sûr, c'est un vrai progrès. Actuellement, les cadres de direction sont recrutés par concours. Maintenant les recrutements vont faire l'objet de petites magouilles politiciennes avec des rémunérations qui vont exploser comme dans le privé, des individus qui se verront confier des missions qui n'ont rien à voir avec celles qu'on peut rencontrer dans une entreprise et qui n'y connaitront rien.
Mais c'est génial parce qu'il n'auront pas le statut de fonctionnaire!
Le concours reste le mode de recrutement le plus fiable pour vérifier les compétences!
a écrit le 13/06/2018 à 0:24 :
Ahahahaa et bien voila on y est plus de dictature plus de corruption plus de passe droit et les gens continuent a voter pour sa!!! Reduire la population à neant sauf pour les futurs chomeurs des enfants DE... qui accederont a ces postes creees par macron en echange de bons procédés...super!!!
a écrit le 12/06/2018 à 23:59 :
Des contractuels à la Direction de services publiques... Donc des Directeurs n'ayant pas fait la preuve de leurs capacités à passer le concours de leurs subalternes ? Auront-ils un salaire de fonctionnaire ? Si oui, il n'y aura pas grand monde (pourquoi accepter de travailler autant pour 50 % de revenus en moins). Si non, ça semble très peu égalitaire tout ça. Qui pour sélectionner les heureux élus des fonctionnaires ou des amis politiciens ?
a écrit le 12/06/2018 à 21:53 :
TB .
encore faudrait il empecher la preference de la promotion locale, les mobilites entre directeur de cabinet de maire .. directeur de cabinet duniversite.. direction departementale etc.. allers retours au gre des interets
faisant que rien ne change dans les dgs
a écrit le 12/06/2018 à 20:27 :
Macron emprunte beaucoup aux USA.
Là bas, quand il y a alternance politique au sommet de l'état, et par tradition, l'ensemble des hauts fonctionnaires remet sa démission, et le nouvel élu installe des gens qui partagent ses idées aux postes clefs. En général 90% des cadres sont reconduits en place... sauf avec Trump.

En effet il a accepté TOUTES les démissions, sauf qu'il n'avait personne e compétent à mettre à la place, voire personne du tout. Il y a actuellement encore des milliers de postes importants vacants dans la diplomatie, les administrations publiques, la défense... d'où le bordel ambiant à la maison blanche.

Le parti élu aura avec cette loi toute possibilité de noyauter tout l'appareil d'état, et c'est ce que veut instaurer Macron. Il ne lui suffit plus de contrôler les députés, les ministres et les cabinets, les directeurs d'administration, il veut également contrôler les cadres lambda.

Quand on voit la prestation pitoyable des ministres macroniens issus de la "société civile", on ne voit pas en quoi mettre leurs alter ego au coeur de la fonction publique va améliorer les choses

De plus, c'est un outil puissant de corruption active puisque ça va ouvrir des centaines de milliers de postes de cadres au bon vouloir d'un ministre, d'un maire ou d'un président de région alors qu'il fallait jusqu'ici que le candidat ait réussi un concours d'entrée dans la fonction publique, qu'il ait un parcours garant de sa connaissance de l'administration et qu'il ait le même statut que les gens qu'il va diriger.
a écrit le 12/06/2018 à 20:21 :
Il faudrait déjà interdire aux énarques de partir dans le privé!

Parce que laisser pantoufler les bons du public pour récupérer des contractuels forcément mal formés et inexpérimentés du privé cela n’est pas une solution!

Encore une mesure plus symbolique que réelle, parce que quel bon manager du privé voudrait manager des mastodontes de complexités avec une paye de plombier!
Réponse de le 13/06/2018 à 1:49 :
L'avantage avec des gens du privé c'est qu'ils auront eu l'habitude de travailler ;-)

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