LA TRIBUNE - Rallonger les délais de carence était dans le viseur du gouvernement. En aviez-vous déjà parlé avec le ministre ?
MYLENE JACQUOT - On savait que le sujet était sur la table, puisque le gouvernement précédent, de Gabriel Attal, avait demandé un rapport à l'Inspection générale des finances. Et que les conclusions de ce rapport ont été dévoilées en septembre dernier. Mais nous sommes très étonnés de voir le ministre de la Fonction Publique, Guillaume Kasbarian faire cette annonce, dans le Figaro, un dimanche soir.
Son cabinet nous a passé un coup de fil une heure avant l'annonce. Nous avions rencontré le ministre, lors de sa prise de poste, il y a quelques semaines, il ne nous en avait pas dit un mot. Nous sommes effarés, et sidérés par ses propositions, mais aussi par la méthode. Il n'y a jamais eu de concertation. Alors même que le Premier ministre nous vante les mérites du dialogue.
Sur le fond, le ministre affirme vouloir allonger le délai de carence des arrêts de travail à trois jours, comme le secteur privé, pour réaliser des économies. Mais aussi limiter leur rémunération à 90%, contre 100% aujourd'hui. En quoi cette mesure vous choque-t-elle ?
Parce qu'il n'y a aucune preuve de l'efficacité de ces mesures. Rallonger le délai de carence réduit les arrêts de courte durée. En revanche, cela augmente les absences longues. De fait, ce n'est pas probant. Par ailleurs, ça rapporterait à peine 300 millions d'euros.