Chercher à faire des économies, coûte que coûte. C'est l'objectif principal de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Cette dernière a présenté lundi son plan d'action relatif à l'augmentation des dépenses des arrêts de travail pour le deuxième semestre 2024 et l'année 2025.
« En 8 ans, nous avons eu une hausse des dépenses de 50%, passant de 10,4 milliards d'euros en 2015 à 15,8 milliards en 2023 [pour les indemnités journalières, ndlr] », s'inquiète Thomas Fatôme, le directeur de la Cnam,avant d'anticiper pour 2024 :« La barre des 17 milliards d'euros de dépenses pourrait être franchie cette année ».
Si la moitié de la hausse des dépenses est attribuée à la hausse des salaires, rehaussant de facto le montant des indemnités journalières ainsi qu'à une population vieillissante au travail entraînant davantage d'arrêts-maladies -, 42% de ce dérapage des dépenses entre 2019 et 2023 concerne « l'effet taux de recours et durée ».
Cette année, les dépenses d'arrêts de travail ont augmenté de 1 milliard d'euros. « Cela fait 400 millions d'euros » de dépenses supplémentaires sur l'année 2024 inexpliquées par la démographie et l'économie, a renchéri Thomas Fatôme. Difficile, en revanche, de comprendre les facteurs de cette hausse. Elle peut à la fois être liée à une dégradation des conditions de travail tout comme à une hausse des abus ou des fraudes. Peu importe, la Cnam veut activer plusieurs leviers pour réduire cette part des dépenses.