Dès la première minute, il cogne. Après avoir assisté aux performances de quelques machines-outils, Gabriel Attal prend la parole devant une centaine de salariés de l'entreprise Numalliance, installée à Saint-Michel-sur-Meurthe, dans les Vosges. « La réalité, c'est que trop longtemps notre pays s'est habitué à la fatalité, dénonce-t-il. Trop longtemps la résignation a fait son office [...]. Certains font même de cette résignation une arme électorale. Ils ne proposent pas grand-chose, changent d'avis sur tout. Ils se tiennent le plus éloigné possible des solutions. Pour eux, améliorer les quotidiens, ce serait casser leur fonds de commerce. Rien ne les inquiète plus que cela. »
Ce vendredi, le Premier ministre ne nomme pas ceux qu'il vise ainsi. Trois jours plus tôt, lors de la séance de questions à l'Assemblée nationale, il ne s'était en revanche pas gêné. À treize reprises, durant un peu plus de quatre minutes, il avait cité « madame Le Pen » dans sa réponse, qu'il avait écrite lui-même, à l'interpellation de la patronne des députés RN sur l'hypothèse d'envoi de troupes françaises en Ukraine. « Il y a lieu de se demander si les troupes de Vladimir Poutine ne sont pas déjà dans notre pays - je parle de vous et de vos troupes, madame Le Pen », avait-il cinglé. Désormais, chacune de ses prises de parole est l'occasion de mitrailler le Rassemblement national.