Gel des retraites : exclure les « petites pensions » pourrait coûter (très) cher
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LTD/Tomas Stevens/ABACAPRESS
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À combien se chiffrerait la facture si les « petites retraites » n'étaient pas concernées par le report de la revalorisation des pensions ? Pour rappel, cette mesure a été annoncée pour réduire le déficit public en 2025. Elle consiste à décaler de six mois la revalorisation des pensions de retraite indexée sur l'inflation, au 1er juillet plutôt qu'au 1er janvier comme d'ordinaire.
À la clé des économies d'environ « 4 milliards d'euros, tous régimes » de retraite compris, a rappelé le directeur général de la Caisse nationale d'Assurance vieillesse (Cnav), Renaud Villard. Dont « 2,4 milliards pour le régime général », a-t-il ajouté, auditionné mardi par la Commission des Affaires sociales, dans le cadre de l'examen au parlement du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Selon lui, si le législateur décide d'épargner les « toutes petites retraites », « la perte (serait) de l'ordre de 10 à 15% » de ce montant. Donc « pas extrêmement élevée », a-t-il jugé.
Tout dépendra en fait « du seuil » qui sera choisi pour déterminer ce qu'est une « petite retraite », a poursuivi Renaud Villard. Ainsi, tous régimes de base inclus, cela coûterait 300 millions d'euros pour protéger les retraites inférieures ou égales à 1.050 euros. Un chiffre qui grimperait à 500 millions d'euros pour les retraites de moins de 1.200 euros, selon les estimations de la Cnav.
Pour le moment, le gouvernement n'a pas indiqué ce qu'il entend par « petite retraite ». D'ailleurs, initialement, il ne comptait pas les exclure de la mesure. C'est en raison de la fronde des parlementaires et des syndicats que l'exécutif s'est dit prêt à les « protéger ».
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Dans une interview sur RMC/BFMTV quelques jours plus tôt, il avait insisté sur la nécessité de « trouver le bon curseur », au risque de créer des « effets de seuil », selon lui.
Le locataire de Bercy avait justifié le décalage de revalorisation, rappelant que « l'ensemble des pensions a été revalorisé à hauteur de 5,3% au 1er janvier 2024, quand une inflation sur cette année est repassée sous les 2% » et a « reculé plus vite qu'attendu ». Si bien que « la compensation de l'inflation des années précédentes a été surcompensée » pour les retraités. Ce décalage de six mois est donc « un lissage pour employer des termes techniques » et « quelque chose de tout à fait entendable », avait-il estimé.
Même si les « petites retraites » sont finalement exclues de la mesure, les revaloriser uniquement au 1er janvier n'est pas possible techniquement, a averti Renaud Villard. Et pour cause, la mesure demande des calculs complexes. Si bien que le coup de pouce ne pourra être effectué que « rétroactivement », a-t-il précisé.
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Si ce choix est fait, les retraités à faibles pensions bénéficieront donc d'un « rappel » au 1er juillet. À savoir un rattrapage de la somme que l'Assurance retraite n'aura « pas été en capacité technique » de leur verser pendant six mois. Autrement dit : aucun retraité ne verra le montant de sa pension augmenter entre janvier et juillet. Mais les « petites pensions » bénéficieront d'une compensation à l'aube de l'été. Et tous profiteront alors de la revalorisation. Du moins normalement.
(Avec AFP)
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