Retraites : la moyenne d'âge des départs devrait augmenter de six mois
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La pension moyenne s'établissait à 1.626 euros brut (1.512 euros net) en 2022 pour les retraités résidant en France, hors pension de reversion.
Reuters
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La pension moyenne s'établissait à 1.626 euros brut (1.512 euros net) en 2022 pour les retraités résidant en France, hors pension de reversion.
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Alors que les députés examinent en ce moment le budget de la sécurité sociale, les conclusions d'une étude sur l'âge de départ à la retraite ne manqueront pas d'alimenter les débats. Selon la dernière édition du panorama des retraites, publié ce mercredi par la Drees, l'âge moyen de départ était de 62 ans et 8 mois fin 2022. Cette progression de deux ans et deux mois depuis 2010 s'explique « principalement » par « les relèvements des âges légaux issus de la réforme de la retraite de 2010 », rappelle la Drees. La réforme de 2010 avait repoussé à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite, contre 60 ans jusqu'à alors.
Pour l'avenir, la Drees prévoit que la réforme de 2023 - qui a repoussé de nouveau l'âge légal à 64 ans - aura un effet moins important que celle de 2010, avec un report de six mois de l'âge moyen, a-t-elle indiqué lors d'une réunion de présentation du panorama, organisée par l'association des journalistes de l'information sociale. En effet, explique-t-elle, la réforme de 2023 a laissé inchangé l'âge de départ sans décote, à 67 ans, à la différence de la réforme de 2010 qui l'avait augmenté de 65 à 67 ans. Par ailleurs, elle n'a pas modifié l'âge de départ des bénéficiaires de pensions d'invalidité, qui reste à 62 ans.
Parmi les autres chiffres notables, la pension moyenne s'établissait à 1.626 euros brut (1.512 euros net) en 2022 pour les retraités résidant en France, hors pension de réversion. Celle des femmes est inférieure de 38% à celle des hommes, un écart qui se réduit à 26% en incluant les pensions de réversion.
Ces différences de revenus s'expliquent par les différences de rémunération et de profils de carrière. Comme les années précédentes, le niveau de vie des retraités était « légèrement supérieur à celui de l'ensemble de la population » en 2021 (derniers chiffres disponibles), note encore la Drees. Le niveau de vie médian des retraités vivant en France métropolitaine dans un logement ordinaire (hors Ehpad, etc) s'élevait ainsi à 1.970 euros par mois, soit 2,1% de plus que l'ensemble de la population (1.930 euros). De fin 2012 à fin 2022, les retraités ont toutefois connu une certaine érosion de leur pouvoir d'achat, malgré des revalorisations annuelles. Ainsi, la pension brute des retraités résidant en France et ayant liquidé leur pension avant 2012 a diminué de 5,5% entre 2012 et 2022, à « euros constants » (chiffre corrigé de l'inflation).
A l'Assemblée nationale, ce dossier des retraites est toujours aussi inflammable. La gauche voulait engranger une victoire symbolique en faisant voter une hausse de cotisations, première étape en vue de l'abrogation. Combat finalement perdu par 182 voix contre 232, les quatre groupes du Nouveau Front populaire et les indépendants de Liot se heurtant au front commun des macronistes, de la droite et du Rassemblement national.
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Pas question, en effet, pour l'extrême droite de donner le point au camp opposé, à deux jours de sa « niche » parlementaire. « Rendez-vous jeudi, » ont ainsi lancé les élus RN Thomas Ménagé et Laure Lavalette, en soulignant par ailleurs que les amendements NFP n'abrogeaient pas la réforme mais « augment(aient) juste les cotisations ». L'épisode a permis à quelques ténors de donner de la voix, Gérald Darmanin (EPR) défendant le « programme présidentiel » d'Emmanuel Macron quand Boris Vallaud (PS) a reproché au pouvoir d'être « passé en force » à coup de 49.3. D'autres ont profité de l'occasion pour mettre en cause François Hollande, au point que l'ex-président socialiste est sorti de son silence pour défendre son bilan : la « loi Touraine » de 2014, « votée sous (son) autorité » et qui a « permis à 800.000 personnes de partir à 60 ans » en créant les « carrières longues ».
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Un projet d'accord soumis cette semaine par le patronat aux syndicats propose que l'emploi des seniors devienne un thème de négociation obligatoire tous les quatre ans dans les branches et tous les trois ans dans les entreprises de plus de 300 salariés. Ces négociations devront notamment porter sur « le recrutement des salariés expérimentés », « le maintien dans l'emploi et l'aménagement des fins de carrière », ainsi que « la transmission des savoirs et des compétences ». Le projet d'accord patronal prévoit également un accès à la retraite progressive dès 60 ans, ainsi qu'un contrat de « valorisation de l'expérience » pour faciliter les embauches de chômeurs seniors qui ont beaucoup plus de mal à retrouver un emploi que leurs cadets.
En 2022, le taux d'emploi des 60-64 ans en France n'était que de 36,2%, soit 12,3 points de moins que la moyenne européenne. L'objectif du gouvernement est d'atteindre 65% en 2030. Mais l'effet mécanique du relèvement de l'âge risque de ne pas jouer à plein : le passage de 60 à 62 ans en 2010 s'était traduit « par une progression de l'emploi pour la moitié des personnes concernées » seulement, avait relevé France Stratégie dans un rapport en 2018.
(Avec AFP)
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