Gestion du Covid-19: les métropoles demandent une meilleure écoute de l'État
César Armand
César Armand
C'est un rituel immuable depuis le début du confinement. Tous les samedis après-midi, les 70 élus de l'association France urbaine, qui rassemble les maires des grandes villes et les présidents des métropoles, se retrouvent en visioconférence pendant deux heures. A l'issue de ces réunions dématérialisées, un courrier est systématiquement envoyé au Premier ministre pour lui remonter des enjeux et des inquiétudes.
Problème: aux lettres adressées les 23 et 30 mars ainsi que le 6 avril, "nous n'avons reçu que des réponses partielles du cabinet vers la structure administrative, mais pas de réponses formelles", raconte son président Jean-Luc Moudenc. "Je comprends que le Premier ministre soit envahi de courriers, mais qu'on n'ait pas de réponses sur le fond me préoccupe", ajoute le maire (LR soutenu par LREM aux municipales) de Toulouse et président de Toulouse Métropole.
Les patrons des grandes agglomérations sont en effet en première ligne face au coronavirus, le risque de contamination y étant plus fort que dans les autres communes.
Qui cite le dépistage prioritaire des personnels des EHPAD, officiellement annoncé mais inégalement appliqué. "Cela ne s'est pas concrétisé de manière systématique", assure-t-il encore.
En réalité, c'est la question de l'accès à l'école qui l'agace. Si, comme ses collègues, il a ouvert les établissements aux enfants des personnels soignants, d'agents de préfecture ou des policiers nationaux, le maire de Toulouse aimerait en faire bénéficier d'autres publics.
Il ne digère pas non plus le fait que l'Education nationale se prépare à équiper en masques les enseignants et non les agents techniques. "C'est inconcevable !" s'exclame-t-il.
Jean-Luc Moudenc s'interroge également sur la portée d'un retour des écoliers, des collégiens et des lycéens en classe le 11 mai.
L'élu témoigne par ailleurs d'économies locales quasiment sinistrées.
Les entreprises demeurent en outre les principales contributrices au budget transport des collectivités. Jean-Luc Moudenc confirme que la chute des recettes commerciales et que la baisse des versements mobilité a un "vrai impact sur les budgets municipal et métropolitain". Il annonce ainsi à La Tribune qu'avec le groupement des autorités organisatrices de transport (GART), l'assemblée des communautés de France (AdCF), l'association des maires de France (AMF) et Régions de France, une lettre est sur le point d'être envoyée au Premier ministre pour l'alerter du "plongeon dangereux" de leurs recettes. Avec ses collègues présidents associations d'élus, il y rappelle que le versement mobilité représente 9 milliards d'euros en année normale et recommande que l'Etat puisse compenser cette perte.
À lire également
Si, de nouveau, Édouard Philippe ne répond pas à leurs doléances par écrit, il pourra toujours le faire à l'oral. Il vient en effet de leur accorder une réunion en visioconférence ce jeudi 16 avril.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

César Armand