Décentralisation: les métropoles rêvent d'autonomie fiscale, l'Etat s'y oppose
César Armand

La ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault et le maire de Lyon Gérard Collomb.
CHARLES PLATIAU
César Armand

La ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault et le maire de Lyon Gérard Collomb.
CHARLES PLATIAU
Habitat, transition écologique, politique de la ville ou encore développement économique au côté des régions... Les métropoles ne manquent pas de compétences, mais estiment qu'elles ne disposent pas de ressources financières suffisantes.
Le président (LR soutenu par LREM aux municipales) de Toulouse Métropole a ainsi fustigé la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales. "Il y a mieux à faire qu'un apport de TVA", a estimé Jean-Luc Moudenc qui a plaidé, à la place, pour une part de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE, ex-taxe professionnelle, ndlr), actuellement perçue par les départements qui n'ont plus de compétence en la manière.
Au nom de "l'autonomie fiscale", l'élu local a en outre considéré qu'une part de CVAE témoignerait d'une "corrélation" entre les impulsions données en termes de développement économique et la ressource perçue. Et ce contrairement à une fraction de TVA, un impôt national, qui serait, selon lui,"décorrélée" de ce que peut faire ou non une métropole en la matière.
Invitée, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités locales, Jacqueline Gourault, lui a adressé une fin de non-recevoir: "la loi de finances est votée. Il y a une exigence de stabilité et de transparence": "Je n'ai pas du tout l'intention de faire une réforme sur la contribution économique territoriale", a-t-elle ajouté. La CET est composée de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et de la cotisation foncière des entreprises (CFE).
Dans le cadre du projet de loi sur la décentralisation, la déconcentration et la différenciation, en cours d'élaboration par la ministre, le maire (PS) de Metz et référent Transition écologique chez France Urbaine, Dominique Gros a, lui, demandé "la reconnaissance juridique d'autorité organisatrice de l'énergie" pour les métropoles. Ces dernières négociant actuellement des conventions avec les distributeurs d'électricité (Enedis) et de gaz (GRDF).
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Quoiqu'il en soit, le président (UDI) du Grand Nancy, André Rossinot, a d'ores et déjà promis de remettre ces sujets sur la table lors de la prochaine campagne présidentielle: "le prochain mandat doit être celui de la clarté définitive entre l'Etat et les collectivités. Il faudra aller très fort et entrer dans la démocratie moderne et l'autonomie républicaine."
César Armand