Gilets jaunes : le gouvernement promet aux métropoles un plan d'action sous quinze jours

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De gauche à droite : Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances.
De gauche à droite : Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. (Crédits : C.A.)
Devant les maires des grandes villes qui réclamaient une "réunion d'urgence" après treize semaines de mobilisation des "Gilets jaunes", le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a promis, ce 13 février 2019, un plan d'action "le plus rapidement possible".

A la suite des "préjudices subis par les habitants et les commerçants", les maires des grandes villes et/ou présidents de métropoles se disant "pris en otage par des casseurs" demandaient, dimanche 10 février, une "réunion d'urgence" avec le gouvernement.

Pour les contribuables, l'association France Urbaine a en effet estimé à plus de 30 millions d'euros le montant des pertes depuis le début du mouvement. Son président Jean-Luc Moudenc a donc demandé une prise en charge "totale ou partielle"  de ces coûts (dégradations de biens publics, mobilisation des services de la collectivité et des forces de l'ordre...). Le maire (LR) de Toulouse aimerait aussi que ces "charges supplémentaires" soient "retirées" du périmètre de la contractualisation entre l'Etat et ces collectivités. Mi-2018, le gouvernement avait en effet proposé à 322 communes, départements et régions de limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2%.

"Solidaire" de ses confrères, le président (LR) de l'Association des maires de France (AMF) a justifié ces exigences du fait de la compétence "maintien de l'ordre" de l'Etat. "C'est difficile, c'est exigeant, mais nous les maires, nous sommes responsables de la tranquillité du voisinage", a ainsi déclaré François Baroin.

Du côté de l'économie locale, le maire de Troyes a également confirmé que "tous" les commerces de proximité étaient impactés avec des chiffres d'affaire qui ont chuté de -20% à - 40%.

Plus généralement, ces dépassements viennent des avances de trésorerie aux artisans, de la gratuité des parkings lorsque les transports publics sont fermés, ou des heures supplémentaires de la police municipale.

15 millions d'euros de dépenses à Paris

Contacté par La Tribune, le premier adjoint (PS) aux Finances à la mairie de Paris évalue à 15 millions d'euros les dépenses pour la capitale. Dans le détail, Emmanuel Grégoire estime à 4-5 millions d'euros les dégâts voire les destructions de mobilier urbain, de même à 4-5 millions d'euros les frais de voirie (réfections de chaussées...), sans oublier encore 4-5 millions de dépenses de fonctionnement imprévues (remise en état en urgence de signalisations, heures supplémentaires de fonctionnaires et de prestataires en matière de propreté...).

Après treize samedis marqués par les violences des "Gilets jaunes", le ministre de l'Economie et des Finances a donc reçu ces édiles ce 13 février à Bercy. A l'issue d'une réunion à huis clos avec les secrétaires d'Etat Laurent Nunez (Intérieur) et Agnès Pannier-Runacher (Economie), Bruno Le Maire leur a promis, devant la presse, "un plan d'action global qui tiendra compte de l'impact sur le budget des villes". Une nouvelle réunion se tiendra dans les quinze prochains jours, avant que le plan d'action ne soit transmis au Premier ministre sous trois semaines. Ce dernier le mettra en oeuvre ensuite "le plus rapidement possible".

Les principaux leaders saluent "un tournant" (André Rossinot, président MRSL du Grand Nancy) ou se disent prêts à attendre quelques semaines pour obtenir de "vraies réformes" (François Rebsamen, maire PS de Dijon). En revanche, d'aucuns regrettent "une opération de communication" qui intervient un peu tard, sans annonces "un peu plus charpentées". D'autres encore auraient préféré que le rendez-vous ait lieu directement à Matignon pour gagner du temps.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2019 à 13:26 :
Le gouvernement ferait mieux de désobéir a Bruxelles au lieu de s'en prendre a son propre peuple qui demande juste a vivre dignement et une politique fiscale juste pour les ménages comme pour les entreprises très grandes.
a écrit le 14/02/2019 à 11:59 :
En 2022 votez La pires de crapules mais pas macron
a écrit le 14/02/2019 à 11:24 :
Tant que les manifs des gilets jaunes ne seront que prétexte par des individus de tous bords de semer la chienlit, la casse, les dégradations et les violences, tout plan pour le commerce est inutile. Et tout cela dans trop d'impunité. D'autant plus que le porte-monnaie des consommateurs potentiels est de plus en plus mince.
a écrit le 14/02/2019 à 8:54 :
Le plan d'action... ça aurait d'être sans complaisance envers les casseurs.
Le constat est que les GJ dont incapables d'encadrer une manifestation. Tous les débordements sont alors possibles (dont acte ...).
Les GJ dont donc responsables par le simple fait que leur action permet ces derives. Il est pourrait même être déduit que par ce fait, ils sont complices.
Au fond, ils le sont tous un peu... anarchistes... gauchistes...ex-soixantehuitards... fachos...casseurs...à l'image du sieur Dettinger dont le cerveau est une bouillie ravagée par les coups reçu dans sa carrière de boxeur! Un soi-disant "sport" qui consiste quand même à détruire son adversaire en lui tapant dessus.
Sport légitimité par son inscription aux JO.
Bref, devant autant d'irresponsables et d'irresponsabilité, la manière forte eût du être plus présente.
Dans une manif, surtout non encadrée, il y a des coups à prendre, celui qui n'en n'est pas conscient est donc bien un irresponsable.
Venir ensuite se plaindre d'avoir pris un mauvais coup confirme cette irresponsabilité.

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