Grève à la SNCF : un manque à gagner de déjà 400 millions

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(Crédits : GONZALO FUENTES)
La grève contre la réforme des retraites qui perturbe fortement le trafic ferroviaire depuis le 5 décembre a déjà occasionné un manque à gagner de 400 millions d'euros à la SNCF, a déclaré son patron Jean-Pierre Farandou dans un entretien au journal Le Monde.

"Le conflit n'est pas terminé, et il est encore trop tôt pour faire le bilan complet", mais "au bout de vingt jours, on est à 400 millions d'euros de chiffre d'affaires qui n'aura pas été réalisé dans la période", a indiqué M. Farandou.

"Les comptes 2019 seront fortement impactés", d'autant plus "qu'on n'est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques", a-t-il prévenu.

La SNCF avait réalisé en 2018 un chiffre d'affaires de 33,3 milliards d'euros, estimant l'impact de la longue grève du printemps contre la réforme ferroviaire à près de 900 millions.

"Lors de mon premier mois aux commandes de la SNCF, avant la grève, j'ai pu constater que le dialogue social était un peu abîmé", a raconté M. Farandou, qui a succédé le 1er novembre à Guillaume Pepy.

"J'ai repris contact avec toutes les organisations syndicales", a-t-il relevé.

"Ensuite est arrivée la grève",  qui n'a pas empêché de "continuer à dialoguer" avec les syndicats, a-t-il poursuivi. Le gouvernement lui a demandé "de mettre au point", avec eux "les modes de transition et les modes de calcul pour les cheminots concernés par la réforme de leur retraite".

"Quand le mouvement s'est installé aussi longtemps et aussi fortement, il peut être difficile de l'arrêter", a commenté Jean-Pierre Farandou à propos du refus de la CFDT Cheminots de répondre à son appel à la trêve pour les fêtes.

S'il n'y a rien à négocier en matière de régimes spéciaux, "il nous reste à faire de la pédagogie sur les mesures d'accompagnement proposées", a remarqué le dirigeant, en évoquant le projet d'établir une transition concernant l'âge et le calcul du montant de la retraite pour les 40% de cheminots concernés par la réforme, en fonction de leur naissance avant une certaine date.

Cette transition prévoit que l'âge de départ, pour eux de 52 ans (roulants) et de 57 ans (sédentaires), "sera remonté très progressivement en tenant compte de la durée passée au statut". Des éléments "perçus positivement par l'Unsa", deuxième syndicat à la SNCF, a relevé M. Farandou.

Le trafic du week-end prochain "sera amélioré par rapport à celui du week-end passé. Nous avons eu des reprises de travail ces jours derniers, et on assiste à une décrue lente mais régulière des taux de grévistes", a-t-il noté, avec "bon espoir" d'une nouvelle amélioration "début janvier".

Selon lui, la SNCF a "préféré supprimer le service" Junior & Cie, d'acheminement des enfants non-accompagnés, "par précaution".

"Il était hors de question de se retrouver avec des jeunes en difficultés de correspondance, d'autant que nous manquions parfois de personnel pour les accueillir en gares intermédiaires", a-t-il justifié.

"Puis, face à l'embarras des familles, et surtout grâce à des reprises individuelles de travail de conducteurs, nous avons décidé, en quelques jours, de monter ce service de TGV spéciaux", s'est-il réjoui.

La SNCF a finalement transporté dimanche un millier d'enfants, sur les 5.000 qui devaient initialement voyager.

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Commentaires
a écrit le 26/12/2019 à 11:52 :
Peu de chose par rapport à la perte de PIB de la France. Nos gouvernants n'ont jamais su négocier avec nos syndicats sur les grandes choix d'évolution des conditions de travail. Dans aucun pays européen les syndicats ne sont conduits à bloquer le pays pour faire valoir leur point de vue. Cela se fait directement dans les conseils d'administration. Pourtant la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, organisme qui doit devenir universel, a un conseil d'administration paritaire. Pourquoi faire appel à la rue? En mémoire des gaulois réfractaires, sans doute?
a écrit le 26/12/2019 à 11:47 :
On est le 26 janvier, j'ai raté quelque chose, ou le président a tout simplement refusé de souhaiter aux français un bon Noêl ?

Si le poste ne lui plaît pas, il peut toujours dégager de l'Elysée. On trouvera bien quelqu'un pour le remplacer, et qui sera moins méprisant et plus président.
a écrit le 26/12/2019 à 11:33 :
Dans un sens je suis content, face au refus de la SNCF d'automatiser ses trains elle est à la merci des grèves (quid des dockers), et pire va être à la merci de compagnies étrangères qui auraient été incapables de suivre notre avance.
Il est loin le génial Raoul Dautry héros inconnu de la guerre de 14/18 qui par son intelligence, ses réactions dans la gestion des trains et des voies avait "niqué" l'avance allemande. (ca avait bien intrigué les nazis 20 ans plus tard et changé leur stratégie)
Pour nous ça aurait changé quoi? Au lieu de trains toutes les 4h, 1 par heure même le dimanche, le cheminots bien au chaud à la maintenance à un métier intéressant sans corvées de week-ends, des vacances comme tout un chacun. Tu refuses le progrès? le progrès saura bien s'occupper de toi.-
a écrit le 26/12/2019 à 11:32 :
Pourquoi ne pas piocher dans la cagnotte de la CGT ? Ces olibrius se plaignent quand l'emploi diminue, mais n'hésitent pas à détruire leur outil de travail. Hysterie luddite !
a écrit le 26/12/2019 à 11:20 :
Quelle est la rentabiité de la SNCF?
Disons qu'elle est de 5%.. le manque à gagner réel serait donc de 20 millions, sauf que les grévistes ne sont pas payés.
Allez....la SNCF aurait perdu une dizaine de millions, ce qui est relativement négligeable.

Juste une question. Pourquoi est ce que ce serait à Mr Farandou de discuter d'une réforme de l'ensemble du dispositif de retraite français qui touche l'intégralité des français du public comme du privé ?

Quelle est sa légitimité politique à en discuter avec les cheminots? et quelles sortes de garanties ont les syndicats que les "accords" qu'ils auraient pu passer avec leur direction à ce sujet, d'être entérinés sans être défigurés par Philippe et les parlementaires?
a écrit le 26/12/2019 à 10:38 :
J'ai demandé à mon banquier de bloquer les prélèvements de mon abonnement Navigo. Hors de question de continuer à payer pour un service inexistant
a écrit le 26/12/2019 à 9:43 :
que la sncf presente la facture a la CGT puisque celle ci se vante d'avoir une cagnotte de greve de pres de 2 milliards ce n'est pas encore aux particuliers par le biais des impots de regler le deficite le peu de jusqu'au boutistes em;;;;;;;e tout le monde au moment des fetes
Réponse de le 26/12/2019 à 16:59 :
La cagnotte en ligne de soutien aux grévistes de la CGT, actuellement mobilisés contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, a franchi la barre du million d'euros.Le Dauphiné
a écrit le 26/12/2019 à 8:46 :
Les fonctionnaires de la RATP multiplient les congés de maladie ce qui leur permet de faire grève gratis et de reporter sur les usagers le coût des grèves. Ces gens là me direz vous sont courageux dans la défense de leurs privilèges.
a écrit le 25/12/2019 à 19:07 :
Notre president vat jeter l'éponge en présentant les voeux
Nous allons vers un duel fn/lr
Les républicains ont une figure montante jeune avec une pépinière de ministrable dans sa circonscription
Il sera un grand président
Réponse de le 25/12/2019 à 23:05 :
C'est quoi un grand président ? Un président grand par la taille ? Un président qui pour satisfaire tout le monde ne change rien et continue à faire vivre la France à crédit en laissant les dettes aux au suivant grand président? Et si un grand président était celui qui sacrifierait sa carrière en faisant coûte que coûte les réformes nécessaires !
a écrit le 25/12/2019 à 18:15 :
ho ho, quelle année mes aieux ! Placée sous le signe de l'argent ! Et des millions par ci et des milliard par là, en veut tu, en voilà, et la bourse elle aussi ! Et je te perds, et je te gagne, et on s'enflamme pour tout. Pour être crédible et il nous faudrait imaginer un nouvel horoscope pour les années à venir : l'année de l'argent, l'année de l'or, l'année du plein emploi, l'année des milliards etc.....
Réponse de le 26/12/2019 à 10:01 :
2020 ,année du Rat
a écrit le 25/12/2019 à 13:23 :
Ds le entreprises, un arrêt de travail en pleine période de grève est tjr suspect et impose obligatoirement un contrôle médical qui se traduit ds le cas litigieux, par une dde de reprise par le médecin de contrôle ou une absence irrégulière si l'agt contrôlé n'était pas à son domicile.
Mais là n'est pas l'important.
La SNCF ne peut disparaître comme BR au RU tt simplement parce ds ce pays ça a été un fiasco.
Du reste, les gds bretons réfléchissent à une reprise partielle par l'État. Et puis on a qd même la réussite de la libéralisation des télécoms ds les années 2000 avec un opérateur historique qui est resté gestionnaire du réseau filaire historique et est devenu depuis, un leader International inconteste et reconnu.
Il n'y a pas de raison que la SNCF ne suive pas une voie similaire gagnante.
De plus, la SNCF a un leadership reconnu dans la technologie à gde vitesse qui est appelée à se développer avec l'interconnexion des réseaux européens ce qui n'était pas du tt le cas de France Telecom au moment de sa privatisation et de la libéralisation du marché. Son activité traditionnelle subissait une forte mutation défavorable avec le déclin du minitel face à internet et la stagnation de son marché historique ds le fixe associé à une informatisation forcenée des technologies télécoms, tandis que l'activité nvelle du mobile explosait. Ce qui a conduit à cette période dramatique de suppression à la hache du sureffectif à la fin des années 2000.
a écrit le 25/12/2019 à 12:50 :
la responsabilite est totale du 1er ministre
qui ne sais pas ficeler un dossier complet
une reforme doit pense j'usqua la derniere virgule y compris recette de depense
ce qui est loing d'etre le cas
et pour tous sans exeption senateur compris meme amis
a lui de payer le manque a gagner de la France
et en plus il refuse tout dialogue
il doit etre ejecte la France ne doit pas avoir ce genre de parasite pour gouverner
a écrit le 25/12/2019 à 12:07 :
La faillite de la SNCF apparaîtra encore plus au grand jour, son découpage en plusieurs opérateurs est d'autant plus évident.
a écrit le 25/12/2019 à 11:31 :
Peut-être les patrons (ceux qui ont les plus grands salaires) commence à réaliser que sans les employés ils ne sont rien.... Ce n'est pas seulement valable à la SNCF.
Réponse de le 26/12/2019 à 17:31 :
Vous vous croyez une lumière, mais vous vous trompez. Beaucoup de patrons ont compris qu'il vaut mieux investir ailleurs. Le nombre de chômeurs est bien là pour le prouver. Et avec votre état d'esprit, vous les pousserez à vous remplacer très bientôt par des robots. Rira jaune qui rira le dernier.
a écrit le 25/12/2019 à 11:00 :
un manque à gagner de déjà 400 millions en quelques jours de grèves seulement? ça ne se voyait jamais sur les salaires pourtant
a écrit le 25/12/2019 à 8:51 :
Casser l'outil de travail, créer des nuisances, fracturer l'opinion, ou dévoyer l'assurance maladie (l'explosion des "congés" maladie), ne peut servir la cause affichée: la défense du modèle social. La SNCF sera balayée par les concurrents, les usagers garderont rancœur contre les nantis du rail, la solidarité s'estompera, et ceux qui financent ne voudront plus le faire. Cette réforme des retraites a aussi un objectif de long terme: remettre les français au travail, ceux qui estiment que le travail n'aurait que pour but l'élévation des âmes, et surtout pas la satisfaction des besoins vitaux. Et la solidarité et les couvertures sociales reçues imposent une éthique que l'on ne perçoit pas dans ce "conflit", qui n'est qu'égoïsme.
Réponse de le 25/12/2019 à 12:39 :
"manque le L"
a écrit le 25/12/2019 à 3:46 :
Difficile de comprendre la surdite de l'executif ? On sait comment ca va finir.
Micron incapable de gerer.
Comme de Gaulle a Baden, mais a Bregencon.
Pauvre francais vous etes mal barres.
a écrit le 24/12/2019 à 19:04 :
De toutes les façons la SNCF vit sous perfusion de l'Etat par les subventions sinon elle aurait des fonds propres négatifs depuis longtemps, alors le gugusse qui a remplacé l'ignoble prédécesseur, prépare simplement sa prochaine demande d’augmentation de la subvention, pour filer des augmentations de salaires aux grévistes. Dors bien petit Français..
a écrit le 24/12/2019 à 16:18 :
FAUX !
Le patron de la SNCF a parlé d'un CHIFFRE D'AFFAIRES non réalisé, pas d'un "manque à gagner" comme le prétend cet article.
La différence est de taille. Cette baisse de chiffre d'affaires ne correspond pas à perte de bénéfices, il faut en retirer tous les frais liés à l'utilisation des trains qui n'ont pas circulé (avec les salaires dedans, on peut l'espérer). Ensuite, une partie de ce chiffre d'affaires est simplement reportée. Les voyageurs ont reporté le déplacement.

Une fois de plus le "niveau" des infos AFP est tendancieux et consternant. La Tribune, journal économique, ne peut-elle au moins un peu les éditer ?
a écrit le 24/12/2019 à 15:38 :
Il va falloir aussi rembourser et arrêter de prélever l'argent des abonnements, notamment celui des Pass Navigo en Ile-de-France...Parce que poursuivre les prélèvements aujourd'hui, c'est simplement du vol...
a écrit le 24/12/2019 à 14:11 :
Vous aimez les articles à trolls.
Réponse de le 24/12/2019 à 15:30 :
Alors je commence:

"Suppression de l'ISF, un manque à gagner de ..."

"Supression des cotisations retraites au delà de 120k€ annuels, un manque à gagner de ..."

"Maintien des régimes spéciaux des Sénateurs, députés et Présidents de la République, une manque à gagner de...."

"Brexit, la contribution du Royaumes Unis à compenser, un surcout de ..."

j'en ai encore plein :)
Réponse de le 24/12/2019 à 16:22 :
Et ?

Trolls de droite, trolls de gauche, trolls néolibéraux, trolls fachos même combat, la lutte contre la vérité et pour la pensée binaire, on n'en sortira jamais.
Réponse de le 25/12/2019 à 17:52 :
En attendant ,le train est un service public de base et indispensable quel qu'en soit le cout.Il faut mieux gèrer certes,mais le train ne sera jamais rentable a la campagne ,et pourtant il est indispensable!
Réponse de le 25/12/2019 à 18:50 :
@ multipseudos:

"mais le train ne sera jamais rentable a la campagne ,et pourtant il est indispensable! "

S'il n'est pas rentable à la campagne c'est parce que les 3/4 des voies ferrées ont été démontées, cette décision stupide toujours en cours, du seul fait de certains lobbys autant stupides nous coute énormément cher alors qu'avec une économie saine dans ce domaine nous pourrions tester dès à présent des trains autonomes avec des investissements abondants venant de tout ceux qui ont directement investi dans la voiture autonome, des milliards calant actuellement alors que l'étape ferroviaire pour progresser est indispensable.

Nos dirigeants sont des incompétents.

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