Grève de la RATP et de la SNCF : Pécresse veut "une loi de service garanti"

 |   |  506  mots
Le président de la CPME Paris Île-de-France Bernard Cohen-Hadad et la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse.
Le président de la CPME Paris Île-de-France Bernard Cohen-Hadad et la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse. (Crédits : C.A.)
Invitée de la CPME Paris Île-de-France ce 20 décembre, la patronne du conseil régional francilien s'est agacée d'une situation "inaudible" pour les voyageurs. En tant que présidente de l'autorité organisatrice Île-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse promet en outre de "réfléchir beaucoup plus à l'ouverture à la concurrence".

"Il faut une loi de service garanti avec des postes à astreinte. Si on ne les fait pas, c'est un motif de licenciement", martèle Valérie Pécresse. Invitée de la confédération des PME parisiennes et franciliennes (CPME Paris Île-de-France) ce 20 décembre, la présidente de la région laisse éclater sa colère.

"La loi sur le service minimum impose que l'on se déclare gréviste 48 heures avant [et oblige la RATP et la SNCF à informer 24 heures avant, Ndlr]. Dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités, j'ai demandé que ce soit 72 heures avant. Le gouvernement m'a répondu la bouche en cœur qu'il ne voulait pas mettre en colère les syndicats", s'énerve Valérie Pécresse.

La situation "reste inaudible" pour les voyageurs

Aussi, quand le président de la CPME Île-de-France, Bernard Cohen-Hadad, s'insurge contre "une minorité de syndicalistes jusqu'au-boutistes", elle rappelle son exigence d'"un remboursement intégral" des "clients" franciliens"Le mot 'usagers' est bien commode. Quand le service n'est pas fait, ce n'est pas remboursé." estime-t-elle.

A ses yeux, la RATP a fait "un peu mieux" que la SNCF. Si Valérie Pécresse témoigne de son "affection" et de son "admiration" pour sa PDG Catherine Guillouardelle juge néanmoins que la situation reste "inaudible" pour les voyageurs.

"Quand tout le monde se rabat sur la ligne 1 et qu'il y a des lignes fermées, cela ne peut pas exonérer d'un remboursement au prorata des jours de grève, s'agace Valérie Pécresse. "Je mettrai en place une plateforme de remboursement [du pass Navigo, Ndlr]", promet encore la présidente d'Île-de-France Mobilités (IDFM).

"Réfléchir beaucoup plus à l'ouverture à la concurrence"

Dans le contrat qui lie l'autorité organisatrice IDFM et les opérateurs depuis 2016, il est précisé qu'en cas de "perturbations significatives résultant d'un préavis de grève", la RATP doit faire rouler "50% des trains" aux heures de pointe. Il n'est en revanche nullement question de pénalités si cet engagement n'est pas tenu.

C'est pourquoi Valérie Pécresse en appelle à l'Etat, "tutelle politique et économique" de ces monopoles. De même, elle annonce qu'elle va "réfléchir beaucoup plus à l'ouverture à la concurrence". Entre 2023 et 2039, tous les transports publics franciliens seront effectivement ouverts à la concurrence: d'abord les lignes de Transilien, puis le Grand Paris Express, et enfin le métro.

Lire aussi : À quoi ressembleront les transports publics franciliens de demain ?

Valérie Pécresse a, enfin, un avis bien tranché sur la transformation en cours de la gare du Nord"C'est un scandale que cette porte d'entrée de l'Europe du Nord et de Roissy soit livrée aux dealers", s'emporte-t-elle. "Les Verts disent que ça va mettre à mal le commerce local, mais il est injuste que les habitants de Seine-Saint-Denis et du Val-d'Oise n'aient pas de commerce en sortant de leur train."

Lire aussi : Le calendrier politique de l'agrandissement de la gare du Nord s'accélère

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/12/2019 à 8:22 :
En Allemagne, les fonctionnaires au service de la Nation n'ont pas le droit de grève, et le pays et la démocratie s'en portent plutôt bien. Faisons la même chose en France. Rien n'oblige à être fonctionnaire et à vivre dans le cocon de l'état !
a écrit le 21/12/2019 à 8:16 :
Avec l'automatisation des lignes du grand Paris, on va aller dans le bon sens. On sera moins pris en otage par les conducteurs CGT...
l'ouverture à la concurrence changera aussi les choses sur ces lignes.
Mais effectivement, un vrai service minimum devrait être exigé des tenants du service public ! C'est le cas dans beaucoup de pays. Quand on a un monopole et une garantie de l'emploi, on ne peut pas se mettre en grève.
Réponse de le 22/12/2019 à 9:17 :
"pris en otage"...c'est bien vous avez parfaitement anonné la leçon a la mode du moment !
Moi je vous conseille plutôt de prendre .....votre vélo ! .
......
a écrit le 20/12/2019 à 18:46 :
Il faut surtout rembourser les pass navigo et autres abonnements, et arrêter les prélèvements : sinon, ne pas rendre un service payé, c'est du vol. Eh oui, du vol ! Si la RATP et la SNCF ne peuvent pas rendre le service public des transports dont elles sont délégataires, elles doivent être écartées de ce service public, quitte à être liquidées, et ce service public doit être confiée à d'autres entreprises qui, elles, sauront rendre le service pour lequel elles seront payées.
a écrit le 20/12/2019 à 16:00 :
Quand il va falloir "taper" sur ces "mêmes services"
en mode privatisé cela ne sera pas la même histoire! Mais c'est le but!
a écrit le 20/12/2019 à 13:37 :
Mme Pécresse digne représentante de cette droite néolibérale à tendance autoritaire comme Macron qui ne supporte pas la moindre contestation. Ces gens sont en train de devenir les fossoyeurs de la démocratie. Leur credo, on décide, vous la fermez
a écrit le 20/12/2019 à 13:25 :
""C'est un scandale que cette porte d'entrée de l'Europe du Nord et de Roissy soit livrée aux dealers","

D'accord avec elle, je suppose qu'elle parle des liens étroits, mis en perspective par Salviano, entre la finance et le cartel de la drogue non !?

Ah non c'est pas ça, tiens donc...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :