Guyane : des affrontements éclatent en marge à la visite de Macron

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Dans l'après-midi, un rassemblement d'un millier de personnes avait lieu dans le calme.
Dans l'après-midi, un rassemblement d'un millier de personnes avait lieu dans le calme. (Crédits : Reuters)
Le premier jour de la visite du président ne s'est pas fait en tout quiétude puisque des affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants ont eu lieu à Cayenne. Dans l'après-midi, un rassemblement d'un millier de personnes s'était pourtant déroulé dans le calme.

Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants du collectif Pou Lagwiyann Dékolé ont éclaté jeudi soir à Cayenne et plusieurs personnes ont été interpellées au premier jour de la visite du président Emmanuel Macron sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.

En début de nuit, l'air du centre-ville empestait les gaz lacrymogènes destinés à disperser un rassemblement devant la préfecture de Guyane.

Tensions devant la préfecture #Guyane Les forces de l'ordre font usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants #MacronenGuyane pic.twitter.com/3u9hln22Kd

— Guyane 1ère (@guyane1ere) 26 octobre 2017

Les gendarmes mobiles se déployaient dans la ville, notamment aux abords du commissariat, près de la célèbre place des Palmistes, où des jeunes venus de quartiers défavorisés, souvent encagoulés, ont lancé des cocktails Molotov et des projectiles.

Des poubelles ont notamment pris feu et la rue devant le commissariat était jonchée de bris de verre, a constaté l'AFP.

Un hélicoptère tournait également au dessus du centre-ville.

Macron a rencontré les élus

L'après-midi, une marche à l'appel du collectif Pou Lagwiyann Dékolé (Pour que la Guyane décolle) avait pourtant rassemblé dans le calme plus d'un millier de personnes, en chant et en famille, pour réclamer le respect des accords signés avec l'ancien gouvernement à l'issue du mouvement social de mars-avril.

> Lire aussi : Guyane : un accord de fin de conflit à 3,2 milliards d'euros

Réclamant un rendez-vous avec le chef de l'Etat, les manifestants se sont ensuite rassemblés devant la préfecture où ils ont écarté une première série de barrières pour se rapprocher du bâtiment.

L'Elysée a finalement proposé un rendez-vous vendredi matin mais les manifestants ont refusé, réclamant de voir Emmanuel Macron dans la soirée. Ce dernier avait une réunion de travail avec les élus de Guyane avant un dîner républicain à la résidence préfectorale.

🔴Alerte les maires de #Guyane sont sortis d'une réunion et apprennent ce qui se passe à #Cayene #MacronenGuyane pic.twitter.com/7D9SCkc1Gf

— Johan Licidé Manus (@JohanManus) 27 octobre 2017

 C'est ensuite que les événements ont dégénéré.

"On ne peut pas discuter, on ne peut trouver de solution"

"Ils ont créé eux-mêmes le désordre public, c'est ça la réponse de l'Etat", a dénoncé un enseignant depuis 19 ans en Guyane. "Il aurait pourtant suffi d'une discussion autour d'une table", a-t-il ajouté.

"Maintenant on sait à qui on a à faire", a déclaré Davy Rimane, membre du collectif. M. Macron "n'a aucun respect pour nous", a-t-il déploré, assurant que désormais "tout" pouvait arriver.

"Ça sert à rien tout ça, on n'obtiendra pas plus de l'Etat", a regretté Mika Mancé, ancien leader charismatique du mouvement Pou Lagwiyann Dékolé, et porte-parole des "Grands frères", une émanation des 500 frères, très actifs lors du mouvement de mars-avril dernier.

"Au moins les choses sont claires, il n'y a plus rien à attendre, on ne peut pas discuter, on ne peut trouver de solution, on fera sans", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron est arrivé à la mi-journée en Guyane, dans un climat déjà tendu. Il s'est rendu directement à Maripasoula, dans le sud-ouest guyanais, pour rencontrer la population de cette commune la plus vaste de France, très défavorisée, où il a averti qu'il n'était pas venu en "Père Noël", ni pour "faire des promesses". Il a longuement écouté les habitants, porteurs de grandes attentes pour le désenclavement de leur commune.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 27/10/2017 à 15:28 :
Les Guyanais sont ils des Golden Boys en puissance ?

Une partie de la solution se trouve dans l’exploitation des ressources naturelles, avec :
- d’un côté le tourisme, dans la préservation de la biodiversité et des écosystèmes. Qu’en est-il de la mise en application de la loi 2016-1087 sur la biodiversité et du Parc Amazonien de Guyane ?
- de l’autre l’exploitation minière.
Côté minier il n’y a pas trop de soucis à se faire, les Guyanais sont assis sur une Montagne d'Or et les études et dossiers sont nombreux. Je crois que le dernier en date est le Tome 8 - Exploration et exploitation minière en Guyane. Quel que soit l’exploitant, la Columbus Gold, la Nordgold, (ou Newmont Mining, Auplata,…) le potentiel serait de 12 milliards de dollars. (https://www.lesechos.fr/04/06/2015/LesEchos/21951-051-ECH_pour-tout-l-or-de-la-guyane.htm).
Si le potentiel est si important et la rentabilité garantie, on peut se demander pourquoi ce ne sont pas des groupes Français qui profitent de cette manne ? L'adage dit que ce sont surtout « les vendeurs de pelles et de pioches qui s’enrichissent », dommage il semblerait que ce soit une chenille de l’Illinois qui soit la plus performante.

Quoi qu’il en soit, la difficulté va être de trouver un équilibre entre la ruée vers l’or et la préservation des réserves biologiques intégrales.

Obligation de réussite, car on ne va tout de même pas se mettre à vendre les territoires.
a écrit le 27/10/2017 à 10:21 :
Très choquant que les élus n'acceptent pas de recevoir le chef de l'Etat même si l'Etat est en retard sur ses promesses.
Il n'y a rien d'hostile dans la visite du chef de l'Etat.
Réponse de le 27/10/2017 à 14:02 :
"Il n'y a rien d'hostile dans la visite du chef de l'Etat. "

Enfin un président des riches qui va voir un des département français les plus pauvres, ils ont de quoi sérieusement douter.

C'est de croire les promesses du serviteur de l'oligarchie qui serait déroutant.

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