Harcèlement sexuel au travail : le gouvernement consent à une norme spécifique aux femmes

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Dans cette optique, l'OIT a adressé un questionnaire à l'ensemble des Etats pour leur demander leur avis sur la portée et le contenu de la future norme.
Dans cette optique, l'OIT a adressé un questionnaire à l'ensemble des Etats pour leur demander leur avis sur la portée et le contenu de la future norme. (Crédits : DR)
La CGT salue la décision du gouvernement de suivre la norme proposée par l'organisation internationale du travail (OIT) concernant les violences au travail. Celle-ci définit une approche spécifique pour les femmes qui sont, 20 % à avoir été confrontées à une situation de harcèlement sexuel dans leur vie professionnelle.

Le gouvernement accepte désormais que la future norme de l'organisation internationale du travail (OIT) sur les violences au travail ait une approche spécifique aux femmes, selon un document dont l'AFP a obtenu copie mardi, un revirement applaudi par la CGT.

L'OIT prévoit de mettre sur la table une norme sur "les violences contre les femmes et les hommes dans le monde du travail", lors de sa prochaine conférence internationale, en juin 2018.

Dans cette optique, l'OIT a adressé un questionnaire à l'ensemble des Etats pour leur demander leur avis sur la portée et le contenu de la future norme.

Or, dans ses réponses, la France avait d'abord refusé toute approche spécifique des violences fondées sur le genre, estimant "inopportun de mettre en exergue certains types de discrimination par rapport à d'autres".

Cette approche avait été condamnée par des féministes et les numéros uns de la CGT, FO, CFDT et CFTC. Ces derniers ont adressé fin novembre une lettre ouverte à Edouard Philippe, pour que son administration revienne sur cette position.

La CGT félicite le changement de position

Dans une nouvelle version de réponses, transférée début décembre aux organisations syndicales, patronales et agricoles, la Délégation aux affaires européennes et internationales (DAEI) met désormais en avant le fait que dès le préambule de la norme "il est important de mentionner 'les violences de genre' ou 'violences sexistes et sexuelles'".

Lire aussi : Harcèlement sexuel au travail : la nécessité d'agir

La DAEI souligne qu'une femme sur cinq dit avoir été confrontée à une situation de harcèlement sexuel au travail, en se basant sur une étude Ifop réalisée en 2014. Elle souligne également que les recours devant la justice sont "très peu fréquents". Elle précise que les femmes sont souvent victimes de discriminations "multiples qui se renforcent l'une l'autre", donnant l'exemple des femmes handicapées, qui sont discriminées dans l'accès à l'emploi et dans leur carrière "parce qu'elles sont femmes, parce qu'elles sont handicapées mais aussi connaissent des inégalités et discriminations spécifiques combinant genre et handicap".

"Il semble donc important de rendre visible la dimension sexuée des violences afin de pouvoir développer des politiques de prévention et de sanction ciblées et appropriées", explique l'administration française.

La CGT s'est félicitée mardi "de ce changement de position". Dans un communiqué, elle demande au gouvernement de mettre en place en France dès maintenant "les mesures qu'il soutient au niveau international" et de prévoir dans le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, prévu pour 2018, un volet sur les violences au travail.

(avec AFP)

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a écrit le 05/12/2017 à 17:38 :
une norme specifique aux femmes, c'est de la discrimination face aux hommes, ce qui est inconstitutionnel......... il faut donc que ce soit attaque et severement puni !
evidemment on peut toujours expliquer que la femme est plus egale que l'homme, mais ca tient rarement comme argument...
a écrit le 05/12/2017 à 16:09 :
Autre violence aux femmes :

Aujourd'hui :
Le congé maternité en France est un des plus courts d’Europe – 16 semaines contre 18 semaines recommandées par l’Organisation Internationale du Travail -. La loi prévoit seulement le droit pour les femmes enceintes de demander un aménagement de poste. La protection des femmes enceintes est donc très souvent améliorée par les conventions collectives de branche.
Par exemple, la convention collective SYNTEC prévoit 20 minutes d’allègement horaire par jour pour les femmes enceintes.
La convention collective des banques prévoit 45 jours de congé maternité supplémentaires, pris à charge à 100% par l’employeur. Pour les congés maternité, c’est 100% du salaire net (les primes ne sont pas prises en compte), dans la limite du plafond de la sécurité sociale. Cette disposition est améliorée par la majorité des conventions collectives.
Par exemple, la convention collective des ingénieurs et cadres de la métallurgie prévoit le maintien à 100% du salaire en cas d’arrêt maladie ou maternité, sans jours de carence.

Loi travail :

Ces protections sont renvoyées à l’accord d’entreprise et risquent de disparaitre, notamment dans les plus petites, dans lesquelles les femmes sont pourtant majoritaires.
Seul sera garanti le minimum légal, c’est-à-dire 50% du salaire après 3 jours de carence et 100% du salaire net pour les arrêts maternité. Le reste dépendra des accords d’entreprise.
a écrit le 05/12/2017 à 12:52 :
Une violence est une violence, qu'elle soit physique, psychique ou sociale et qu'elle s'exerce sur un homme, une femme, un enfant ou un hamster.

Il suffit de considérer comme aggravante la qualification de "sexuelle". Ça ne réclame qu'une ligne au corpus légal et réglementaire existant. Pas besoin d'en faire dix huit nouvelles lois.

Et puis cela évite de faire des femmes des victimes particulières, ce qui serait une forme de discrimination sexuelle.
Réponse de le 05/12/2017 à 15:48 :
Tout à fait.

Il faudra m'expliquer en quoi une violence sexuelle envers un homme est moins grave qu'une violence sexuelle envers une femme.

De même pour des violences physiques, du harcèlement, des discriminations...

Omettre, ou minorer un type de violence sur une partie de la population aurait plus tendance, à mon avis, à l'ignorer ou à feindre son existence.

On parle souvent des femmes mortes de violences conjugales (1 tous les 3 jours), mais quasiment pas hommes morts de violences conjugales (1 tous les 11 jours, ce qui n'est pas rien).

De même pour les hommes violés.

Imaginez la difficulté pour une femme violée d'aller porter plainte pour ce crime, alors que l'on sait que ça existe (mal formulé), alors porter plainte, en tant qu'homme pour un viol, alors que c'est très peu "médiatisé" (mal formulé également)...

Ignorer ces viols revient à dire que ça n'existe pas. Comment un homme victime de violences sexuelles pourrait porter plainte pour ça, alors que ça n'existe pas => aucun homme n'est violé puisque c'est tu.

Borny

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