Hausse du pouvoir d'achat : Macron devra convaincre l'opinion
Fanny Guinochet
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Reuters/Eric Gaillard
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La présentation du budget est l'occasion pour le gouvernement de défendre son bilan. Notamment en matière de pouvoir d'achat, premier sujet de préoccupation des Français dans les sondages. Alors que Xavier Bertrand déroule ses mesures pour augmenter le pouvoir de vivre des Français notamment via une prime pour l'emploi, Emmanuel Macron veut montrer que, malgré la crise, les Français n'ont pas vu leur revenu diminuer. Mieux, il a augmenté.
Dans le rapport économique social et financier de la Direction générale du Trésor, publié ce lundi en annexe au PLF 2022, l'exécutif affirme que leurs revenus, après prise en compte de l'inflation, ont progressé de 8% entre 2017 et 2022, soit « deux fois plus vite que sous les deux quinquennats précédents ». Sur ces 8 % de hausse, environ 5,5% seraient liés au dynamisme des salaires et des créations d'emplois, tandis que 2,5% viendraient directement des mesures sociales et fiscales prises durant le quinquennat. Et selon le gouvernement, toutes les couches de population ont gagné en niveau de vie : surtout les 10 % les plus modestes qui enregistrent une hausse de 4 % quand les 10 % les plus riches, eux, ont connu une progression de 2 %. Pour les autres, les gains oscillent entre 1,8 et 2,6%.
Souvent accusé d'être le « président des riches », Emmanuel Macron tient à montrer que sa politique a été orientée vers les plus démunis, grâce notamment à la redistribution : revalorisation du minimum vieillesse, hausse de la prime d'activité, augmentation de la prime adulte handicapée, coup de pouce via le chèque énergie etc... « Le problème, c'est qu'une suppression de 5 euros des APL laisse plus de traces que la suppression de la taxe d'habitation », assure toutefois un député macroniste. Sous entendu, les coupes faites par un gouvernement marquent plus que les gains apportés.
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L'équation est d'autant plus complexe que le pouvoir d'achat, c'est comme la météo. Le réel n'est pas celui forcément ressenti. Aujourd'hui, les Français constatent avec effroi, les hausses de prix quand ils vont à la pompe, mais aussi chaque mois sur leur facture d'électricité ou de gaz, ou encore lorsqu'ils doivent payer leurs courses sur les marchés. Cet été, du fait des aléas climatiques, les prix des fruits et légumes frais ont beaucoup progressé ( +4% en août). En septembre, selon l'Insee, les prix de l'alimentation ont pris 1%. Celui du tabac près de 5 %. Ces achats du quotidien pèsent beaucoup plus dans les esprits que les achats importants - on ne s'achète pas tous les jours une voiture ou un équipement informatique. De fait, ils alimentent le sentiment de difficulté à boucler les fins de mois.
Fanny Guinochet
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