Henri de Castries, ex PDG d'Axa, futur ministre des Finances ?

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(Crédits : DR)
L'ex PDG d'Axa, Henri de Castries, affiche publiquement son soutien à François Fillon. Il serait parmi les favoris pour Bercy, en cas de victoire du candidat des Républicains à la présidentielle. Mais déjà, cette perspective fait grincer des dents dans son camp.

Ex PDG d'Axa, Henri de Castries vient de faire son coming out, en déclarant sa flamme -politique- pour François Fillon. "Je pense que c'est l'homme qu'il faut pour redonner de l'espoir à ce pays en lui permettant de retrouver le chemin de la croissance et de retrouver ce que doit être sa position en Europe et dans le monde", a-t-il déclaré au micro de RTL.

Selon lui, "le succès de François Fillon vient du langage de vérité qu'il tient et de la combinaison de calme et de fermeté qu'il manifeste dans ses propos". "Il faut débrider le potentiel de ce pays dans un cadre européen", ajoute l'Inspecteur des Finances qui a aussi décidé de se mettre en congé de la présidence de l'Institut Montaigne, think tank consacré aux politiques publiques.

Programmé pour Bercy

Une prise de distance destinée seulement à contribuer à la réflexion de François Fillon ? A l'évidence, Henri de Castries ne se contentera pas d'un rôle d'observateur. Il veut entrer en politique. Et pas en en tant que simple député. De plus en plus, on le dit programmé pour prendre la tête Bercy. Voire plus. Matignon ? La question lui a été posée sur RTL . "Ça m'étonnerait....je vais vous dire... moi je ne demande rien, je suis là pour l'aider", répond-il.

Bercy collerait sans doute mieux à ses aspirations. Et au souhait de François Fillon de faire entrer dans son futur gouvernement, s'il gagne l'élection présidentielle, plusieurs personnalités de la société civile. Bien évidemment, celui qui a dirigé le deuxième groupe européen d'assurance jusqu'au printemps dernier connaît l'économie. Et, de longue date, il s'intéresse à la chose publique.

Mais une telle nomination fait déjà grincer des dents parmi les élus et hauts fonctionnaires de droite. "Henri de Castries ministre des Finances ?  Politiquement, c'est invendable" tranche un haut fonctionnaire partisan de François Fillon. "Vous vous rendez compte, on va demander aux gens de se serrer c'est la ceinture, et c'est un ancien PDG, richissime, descendant de la grande noblesse, qui va être chargé de le faire ? ça ne peut passer. Mieux vaudrait qu'il soit nommé à la tête de la diplomatie, par exemple".

"Je sais que je vais prendre des coups"

Henri de Castries a déjà anticipé ces réactions. "Je sais que je ne vais prendre que des coups", -dit-il au Figaro, tout en soulignant qu'il n'entend pas "rougir" de sa fortune et de sa prestigieuse lignée.

Déjà, il est accusé d'être l'inspirateur de la réforme de la sécurité sociale affichée puis retirée par François Fillon, consistant à ne plus faire rembourser par la Sécu le petit risque. Une réforme qui coûte cher, électoralement parlant, au candidat des Républicains pour la présidentielle. "Je n'ai pas été l'inspirateur" du volet sur la sécurité sociale du programme de M. Fillon, assure Henri De Castries, mais la France se doit de réfléchir aux "technologies nouvelles dans le domaine de la santé, à l'intérieur du système de sécurité sociale" dit-il.

"Cette polémique a été tirée hors de proportion" affirme-t-il. "Le principe de solidarité est intangible, mais il faut avoir le courage d'aller regarder les faits: est-ce qu'il est normal d'avoir des déserts médicaux comme nous les avons dans ce pays, que les plus défavorisés ne sachent pas comment bénéficier des soins auxquels ils ont droit, que les difficultés d'organisation de l'hôpital soient celles que nous connaissons aujourd'hui?"

"Une vieille cuisine dans une casserole un peu neuve"

Henri de Castries a largement aidé aidé Emmanuel Macron dans sa carrière, alors que ce dernier n'était "que" jeune haut fonctionnaire, mais Inspecteur des Finances, comme lui. Aujourd'hui, l'ancien PDG il affirme avoir "de la sympathie pour la personne" (d'Emmanuel Macron) mais être "très profondément gêné par l'ambiguïté de son positionnement et le caractère très vague de son discours". "En réalité c'est une vieille cuisine qu'on nous ressert dans une casserole un peu neuve". Il estime retrouver dans les soutiens de M. Macron "un certain nombre de familiers de la famille politique" socialiste.

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Commentaires
a écrit le 19/01/2017 à 14:20 :
Ce choix est sociologiquement très cohérent.
a écrit le 19/01/2017 à 10:46 :
Lorsqu'on me disait pendant la primaire de droite qu' Henri de Castries deviendrait ministre de l'économie parce que c'était la condition du soutient du Bilderberg à la candidature de Fillon, j'étais dubitatif... Maintenant ils envoient directement un des leurs au lieu de passer par un homme de paille, plus rien de les arrête Son dernier couplet est pourtant clair: il nous prend pour des c...et va nous privatiser la sécu en nous faisant croire que ça va tout améliorer !
a écrit le 19/01/2017 à 3:50 :
Si seulement cela advenait, ce serait un immense progres. De la, a virer la mafia enarchienne de France, faut pas rever. Bon courage a lui.
a écrit le 19/01/2017 à 2:04 :
Successeur de Claude Bébéar, à la tete d'Axa, discret, efficace, et de surcroit apprécié par tous, à quelque poste que soit. Maintenant, arrive le temps des diabolisations, et dénigrements mensongers.
Réponse de le 19/01/2017 à 14:23 :
Bien sur. pas de sa faute s'il est un représentant de l'oligarchie comme on en a trop vu par le passé.
a écrit le 18/01/2017 à 22:13 :
L'idée de recourir au référendum pour étendre le régime de sécurité sociale d'Alsace Lorraine au reste de la France présentée par M. Mélanchon et reprise depuis par M.Hirsch dans le cadre d'une assurance unique universelle et obligatoire est nettement plus séduisante et réaliste pour notre pays. Elle évitera les désastres sanitaires constatés aux USA causé par un modèle que MM.Fillon et de Castries rêvent d'instaurer en France, alors que notre espérance de vie y est meilleure.
a écrit le 18/01/2017 à 20:49 :
enfin "un" qui a travaillé VRAIMENT et ne s'est pas contenté de sucer la roue du secteur public, qq'un qui a réussi à faire d'AXA le numéro 2 de l'assurance européenne, dans les tout premiers au niveau mondial, une personne modeste malgré son "pedigree", bref une personne compétente qui sait à n'en pas douter lire une courbe haussière ou baissière pas comme le clown sapinard qui chaque jour se rend riducule.
a écrit le 18/01/2017 à 19:41 :
Il ferait bien de lire le livre d agnes Verdier molignier
Ce que DOIT faire le prochain président 👍
a écrit le 18/01/2017 à 19:33 :
Pour lutter contre les déserts médicaux, il n'y a qu'une recette comme dans la police : redéployer les trop plein de praticiens payés d'ailleurs avec des fonds publics dans certaines zones vers celles moins bien pourvues, en commençant avec les promotions des plus jeunes. L'argument des technologies nouvelles n'est que de la poudre de perlin pinpin, tout patient étant un cas différent. En matière de médecine, je me fie davantage à l'avis du Pr Grimaldi qu'à celui de M.de Castries.
a écrit le 18/01/2017 à 19:23 :
N'en déplaise à M. de Castries, les hôpitaux publics sont nettement moins désorganisés que les structures privés. Le récent décès par la grippe de 13 personnes non vaccinées dans la maison de retraite Korian à Lyon en est une illustration. Toute maman prudente préfère accoucher dans un hôpital que dans une clinique, même si le confort de la structure apparaît plus attractif.
a écrit le 18/01/2017 à 19:11 :
Quel scandal que de laisser croire que la pseudo modernisation de la sécurité sociale via son transfert à des assurances privées comblera en 5 ans la carence de médecins et les déserts médicaux. Depuis quand les assureurs, même aidés d'intelligence artificielle, sont aussi médecins?En revanche, c'est sûr que le cours médiocre des actions Axa remontera au grand bénéfice de M.de Castries.Le Général de Gaulle disait que la politique économique de la France ne se dictait pas à la Corbeille. Preuve s'il en est que son auto proclamé fils spirituel, M.Fillon,n'est qu'une imposture.
a écrit le 18/01/2017 à 18:43 :
Après Macron le Bilderbweg au service des banquiers nous voyons poindre le Président de ces Bilderberg (Lobby des assurances). Ces individus n'ont qu'une idée asservir et appauvrir en les abétissant encore plus les citoyens et même entrepreneurs ou PDG de votre SAS vous n'êtes pas é l'abri.

CHERCHEZ des infos sur Internet à propos du Groupe de Bilderberg et vous comprendrez !
a écrit le 18/01/2017 à 18:27 :
Au partisan de F. Fillon qui qualifie d'"invendable politiquement" la nomination de H. de Castries à Bercy sous prétexte qu'il a de l'argent et un blason : si vous préférez un ministre des finances "normal", sans aucune expérience du privé, sans patrimoine, sans compétences, vous auriez-du bien vous entendre avec François Hollande. Mais la France a besoin de résultats. Et moins on aura d'hommes et de femmes politiques au gouvernement, plus la France a de chances d'en obtenir.
Réponse de le 18/01/2017 à 22:21 :
Le recours passé aux hommes du CAC40 pour diriger l'économie du pays nous a donné des résultats contradictoires : très médiocres avec Francis Mer mais excellents avec Thierry Breton. Quel dommage qu'il ne se présente pas aux Présidentielles car c'est vraiment l'homme de la situation et il n'y a hélas pas beaucoup.
a écrit le 18/01/2017 à 18:01 :
Ivan Best pense que Fillon sera l'adversaire de LePen au 2e tour et que donc, selon le système français, les gens l'éliront. La surprise pourrait bien venir d'un outsider, car l'élimination des vieux bourrins (Sarko ou Juppé) montre bien que les Français veulent un changement radical de dirigeants et peut-être même de système :-)
Réponse de le 19/01/2017 à 21:29 :
Les instituts de sondage avaient bien vu le décollage de Fillon même s'ils reconnaissaient eux mêmes que leurs sondages sur les primaires étaient entachés d'une forte marge d'incertitude. Une présidentielle est plus prévisible car les instituts ont parfaitement calibré au fil des années leurs méthodes de quotas et leurs redressements. La seule incertitude restant les le candidat du PS. Si c'est Montebourg ou Hamon, Macron sera très haut et fera peut-être à peu près jeu égal avec Fillon, si c'est Valls ce ne sera pas le cas car il chasse à peu près sur les mêmes terres que Macron.
a écrit le 18/01/2017 à 17:38 :
Chouette le retour de la dîme !
a écrit le 18/01/2017 à 17:04 :
Alain JUPPE (la pêche)se voyait déjà président...

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