Immobilier d’entreprise : grande forme du marché français au premier semestre

Les prix immobiliers en hausse de 3,4% au premier trimestre
Charles Platiau

Les prix immobiliers en hausse de 3,4% au premier trimestre
Charles Platiau
Quelque 12,5 milliards d'euros ont été investis dans le marché français d'actifs immobiliers d'entreprise au premier semestre 2018. C'est un bond de 27% par rapport à la même période de 2017. D'après cette étude publiée le 27 août par l'entreprise de conseil en immobilier d'entreprise Savills, c'est même 2,6 milliards de plus que la moyenne des cinq dernières années à la fin juin, qui s'établit à 9,9 milliards d'euros.
Près de deux ans et demi après le vote sur le Brexit et l'arrivée, depuis, de nouveaux sièges européens de multinationales financières et immobilières, en comparaison de ses voisins européens, la France tire donc son épingle du jeu. Le marché du Royaume-Uni accuse, en effet, une baisse de 9%. C'est plus que l'Allemagne (- 8%), mais moins que l'Italie (- 29%) ou l'Espagne (- 45%).
Signe supplémentaire, la part des Britanniques investissant en France est celle qui a le plus augmenté entre les deux périodes : de + 3% à 10%. Parallèlement, la part des fonds allemands et américains croit, respectivement, de 8% à 14% et de 2% à 8% des totaux investis. Les fonds étrangers passent ainsi de 36% à 42% des sommes investies. La part des fonds français reste donc majoritaire (58%) mais l'instauration de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), en lieu et place de l'ISF, semble avoir impacté l'épargne disponible.
Dans le détail, l'Île-de-France a attiré près des trois-quarts de ces investissements hexagonaux. Ces 73% des actifs immobiliers d'entreprise représentent un montant de 9,162 milliards d'euros. C'est 3,475 milliards de plus qu'au premier semestre 2017 (5,687 milliards d'euros), soit une augmentation de 61%.
Si les commerces (+ 74%) et les services (+ 136%) ont tiré la région francilienne vers les sommets, il faut néanmoins rester prudent. La vente, par le groupe EPI, du 114, avenue des Champs-Élysées au fonds de pension allemand BVK pour un prix de 600 millions d'euros, en est un exemple emblématique, mais cette transaction est comme l'arbre qui cache la forêt.
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En revanche, d'une année sur l'autre, le total semestriel des actifs investis dans les autres régions a décru de 20%, passant de 4,202 à 3,353 milliards d'euros. L'Auvergne-Rhône-Alpes fait la course en tête avec 519 millions d'euros, suivie par la région Paca (434 millions), les Hauts-de-France (225 millions) puis la Nouvelle-Aquitaine (203 millions). Les autres régions se partagent le 1,972 million d'euros restant.
Le profil des acheteurs n'est d'ailleurs pas le même à Paris que dans le reste du pays. Si les fonds d'investissement sont majoritaires en Île-de-France (35%), ils ne représentent que 8% en région.
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Dans les deux cas, en revanche, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) et les organismes de placement collectif en immobilier (OPCI) trustent plus d'un quart du marché : 25% du francilien, 26% du régional.