Immobilier : les prix explosent dans les métropoles

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A Paris, les prix de l'immobilier pourraient atteindre 9.000 euros du m² en moyenne dans les prochains mois...
A Paris, les prix de l'immobilier pourraient atteindre 9.000 euros du m² en moyenne dans les prochains mois... (Crédits : Reuters)
Les prix de l'immobilier sont en forte hausse dans les grandes villes françaises, malgré la conjoncture économique qui reste morose. Preuve de l'attachement des ménages français à l'achat immobilier dans les grandes villes.

Une nouvelle fois, l'attachement des ménages français à l'achat immobilier est démontré : malgré une activité économique qui reste morose (1,1% de croissance en 2016, un taux de chômage de 9,7% en métropole et une perspective d'inflation de 1% pour 2017), les prix de l'immobilier ancien sont en forte hausse dans les grandes villes françaises. « A force d'augmenter, les prix retrouvent leurs plus hauts historiques comme à Paris, voire les dépassent comme à Bordeaux ou Lyon ! », constate le dernier baromètre de Meilleursagents.com. Selon le réseau d'agents immobiliers Guy Hoquet, les prix de l'immobilier sont en hausse de 2,3% en province, mais comme l'indique le réseau, « si les prix augmentent au niveau national, la hausse en province revêt une réalité plus contrastée ».

Des réalités locales différentes

Cette hausse des prix en régions cache en effet « des réalités locales différentes ». Ainsi, des villes très demandées comme Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Montpellier, Toulouse, Lyon ou Reims sont marquées par des fortes hausses, tandis que d'autres comme Dijon, Orléans, Perpignan, Aubenas, Orange ou Tours voient leurs prix de l'immobilier stagner ou baisser légèrement.

Ce décalage découle bien souvent des « différences d'attractivité entre les agglomérations, certaines bénéficiant de nouvelles liaisons de transport, d'un dynamisme économique, d'une image positive, où à l'inverse moins positive en raison de la baisse de l'activité, de l'accessibilité, ou des services publics dans d'autres territoires », note Guy Hoquet.

Plus précisément, si l'on observe donc une accélération sensible de la montée des prix dans la plupart des grandes villes, « c'est particulièrement vrai sur l'arc Atlantique où l'arrivée prochaine de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) semble booster le marché », indique les notaires sur leur site immobilier Immonot. « En revanche, les prix ne décollent pas dans de nombreuses cités provinciales. Souvent mal desservies par les transports publics, elles constituent pourtant une bonne partie du tissu urbain », ajoutent-ils.

Un phénomène de métropolisation fort

Bref, le phénomène de métropolisation en France concentre désormais la demande de logements des ménages sur certaines grandes agglomérations, ce qui fait pression sur les prix. D'autant que les conditions financières sont aujourd'hui favorables, que ce soit par le biais du niveau des taux d'intérêt nominaux des crédits immobiliers très bas (1,32% en moyenne au dernier trimestre 2016), ou grâce aux aides de l'Etat comme le prêt à taux zéro élargi. Clairement la tension sur ces marchés urbains s'accroît.

Comme le constate le réseau Guy Hoquet, « si les acquéreurs sont plus nombreux de 20% au premier trimestre 2017, les biens à vendre sont moins nombreux de 15%. Ainsi, le rapport de force en faveur de l'offre crée, logiquement, une pression sur l'activité et donc sur les prix. » Et d'ajouter qu' « alors que 2016 était déjà une année record avec 850 000 transactions (dans l'ancien ndlr), on peut s'attendre, dans ce contexte, à un pic d'activité en 2017 ».

Il est donc loin le temps où après la forte hausse des prix en 2010, un rattrapage à la baisse avait été engagé sur tout le territoire lors des années 2012, 2013 et 2014. Désormais, la demande très concentrée dans les zones urbaines, et les conditions financières favorables font contrepoids à la stagnation des niveaux de vie des ménages. Preuve, aussi, qu'il en faut peu pour stimuler l'achat immobilier en France, où la propriété immobilière est ancrée dans les esprits.

Risques de déséquilibres

Evidemment, comme toujours, l'exemple le plus criant en matière de tension sur les prix est celui de Paris intramuros : c'est la grande ville occidentale la plus dense au monde, l'offre de logements y est limitée, et la demande quasi infinie... Ainsi, à Paris, « c'est du jamais vu, les prix immobiliers parisiens viennent d'établir un record absolu : 8.743 euros le m² ! » s'extasie Laurent Vimont, le président de Century 21 France. « En douze mois, le prix moyen au m² dans la capitale a progressé de 5,1 % pour atteindre un nouveau sommet, près de 700 euros plus élevé qu'en 2015 », ajoute le réseau. La barre des 9.000 euros du mètre carré pourrait être franchie dans les prochains mois...

A Paris, on est très loin de la réalité des marchés immobiliers des villes moyennes de province. Mais aussi de la réalité du budget de la très grande majorité des ménages français. Clairement, les risques que les déséquilibres économiques, sociaux et territoriaux s'accentuent est fort en cette période de reprise de l'activité immobilière.

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a écrit le 02/04/2017 à 14:41 :
De 2000 à 2012, l’indice des prix immobiliers a progressé de 150% à Paris et 80% pour la France entière.

Sur la même période, le salaire net annuel moyen des français (2 202 € net/mois) a progressé seulement de 30% et l’inflation de 26%.

L’absence totale de corrélation entre l’évolution de l'indice des prix immobiliers et la hausse des salaires ainsi que de l’inflation a provoqué l’émergence d’une bulle immobilière dans notre beau pays.
Pour mieux comprendre, je vous invite à lire : http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/2017/02/la-baisse-des-prix-immobilier-a-horizon-2020-se-confirme.html
a écrit le 31/03/2017 à 7:53 :
Si Macron gagne les Présidentielles, vous allez voir ce que va devenir l'immobilier. Et souvenez-vous que Macron n'était pas très loin lorsqu'il était au gouvernement des chercheurs Géotrouvetout qui veulent faire payer un loyer aux propriétaires.
a écrit le 30/03/2017 à 15:06 :
ARGENTEUIL:
Pour ceux qui se plaignent de ne pas avoir l'argent pour se loger dignement.
Quand on travaille sur Paris,cette ville de 105000 habitants,reliée à Paris StLazare en 15 minutes de train,offre des appartements nouvelle génération à 3000/3500 euros le m2.
De plus son appartenance au Grand Paris,fera se développer son immobilier!! Alors???
Alors ,jouer au snob quand on a pas les moyens,fait geindre,sinon ,passer la Seine et la vie est belle,car la pollution n'est pas dans le Val d'oise et on roule sans pastille taxe Paris
Réponse de le 30/03/2017 à 19:45 :
@Bienvu: ouais, sauf qu'Argenteuil aujourd'hui, c'est plus les pyasages idylliques de Monet, mais quelques 10 000 crimes et délits annuels avec des refuges pour cellules terroristes. Le jardinier d'Argenteuil (Gabin) y fait donc figure d'amateur. Bon, tu vas me dire qu'il est difficile de vivre en sécurité en France actuellement tant le communautarisme est fort :-)
Réponse de le 31/03/2017 à 8:35 :
Le calcul est valable si vous travaillez a cote de la gare St Lazare !

Admettons que vous travaillez par ex a St Mande (ou j etais), ca vous rajoute d apres le site ratp 30 min. donc au final vous avez disons 10 min a pied pour aller a la gare d argenteuil (ben oui vous allez pas dormir dans la gare, en plus je suppose que vote offre a 3500 est loin de la gare)+15 min de train d apres vous +30 min de metro +5 min jusqu au bureau=>10+15+30+5=1 h !

De quoi se plaint on ?
IL est quand meme incroyable que les gens comme vous trouve normal de ne pouvoir habiter a cote de son travail


PS: ayant experimente le train a l epoque ou je vivais en region parisienne, vous oubliez plusieurs chose:
- des trains il y en pas tout le temps. si par malheur vous devez rentrer un peu tard vous vous retrouvez facilement a attendre 30 min sur le quai de la gare (sympa l hiver)
- au contraire aux heures de pointes (ou en cas de greve), c est bondé. 1 heure de trajet tassé comme une sardine c est super :-)
a écrit le 30/03/2017 à 13:39 :
Rien d'étonnant à ce que les prix ne montent pas à Tours, la ville n'est pas particulièrement reconnue pour ses gisements d'emploi et pourtant la mairie délivre à tout va des permis de construire aux promoteurs pour construire n'importe quelle grosse m..., qu'il va bien falloir vendre d'une façon ou d'une autre !!
a écrit le 30/03/2017 à 11:07 :
" l'offre de logements y est limitée, et la demande quasi infinie... "
Comment peut on écrire une bêtise pareil.
Les prix montent UNIQUEMENT parce que les banques et les taux sont ultra accommodants. C'est tout.
La planche à billet mondiale tourne plein pot et vue les dettes de tous les pays les taux sont maintenus très basn ce qui fait gonfler absolument TOUT les actifs sur terre. Il n'y a pas une ville/capitale sur cette foutue planète qui n'est pas en bulle immobilière. Tout ceci aura une fin qui sera assez désagréable.
a écrit le 30/03/2017 à 10:38 :
le fait est, qu'a moins de 10000e trés difficile de trouver un appartement lambda dans un secteur convenable a Paris
a écrit le 30/03/2017 à 9:17 :
tiens, pour une fois un article qui ne presente pas la hausse des prix de l immobilier comme une chose formidable dont on devrait se feliciter. " Mais aussi de la réalité du budget de la très grande majorité des ménages français" -> tout a fait, on a une belle bulle du credit. Et elle va pas tarder a exploser car les taux repartent a la hausse.
Apres, reste a savoir si notre prochain president va continuer a subventionner le parpaing (PTZ, APL, Pinel) ou arreter les frais. De toute facon, l immobilier va avoir tendance a baisser vu que les baby boomers (les gros detenteur d immobilier aujourd hui) vont devenir vendeur net (il va bien falloir payer la maison medicalisee et seul les LR proposaient de taxer les jeunes pour ca (et Fillon est hors course)). Plus de vendeurs et acheteurs ratissés (vu les salaires des jeunes et leur taux de chomage) -> baisse pour revenir a des prix en rapport avec les revenus des acheteurs
a écrit le 30/03/2017 à 8:39 :
Puisqu'on vous dit depuis 100 ans que la bulle immo va exploser, ça vient, on est tout proche. Dans nos campagnes, en effet l'immo ne vaut plus un clou, et le foncier non bati préempté (confisqué) par les Safer.
Réponse de le 30/03/2017 à 12:36 :
Depuis 100 ans ? Non, seulement depuis le début de la décennie. Et la baisse a eu lieu en régions, fortement amortie par la chute des taux concomitante. Les prix en IDF ont egalement été soutenus par cette baisse effrénée des taux.
Sauf à penser que les taux ne remonteront pas, le foncier devra mécaniquement corriger.
Par ailleurs, votre ''depuis 100 ans'' laisse entendre que l'immobilier n'aurait pas connu de baisse dans l'histoire recente...C'est oublier un peu vite les années 90 au cours desquelles l'immobilier s'est effondré jusqu'en 1998 (30 à 50% de baisse du foncier à paris intramuros pour tous ceux qui disent que l'immobilier peut bien chuter en province, mais ô grand jamais à paris, pensez vous !!)
Bref, l'immobilier est surévalué, nous sommes bien dans une bulle dans laquelle les menages sont artificiellement solvabilisés par des taux proches de zero. Lorsque ces derniers remonteront, la correction sera mécanique. Et un environnement de taux si bas n'est pas souhaitable à long terme car il crée des déséquilibres malsains sur le marché (et pas seulemebt le marché immo, loins s'en faut)
Réponse de le 30/03/2017 à 14:12 :
Point de crise dans l'immobilier, la courbe moyenne ne fait qu'augmenter, rien à voir avec les emprunts russes, les Eurotunnels ou bientôt les assurances vies.
Réponse de le 31/03/2017 à 4:36 :
Il y 100 ans, Messieurs A, B, C disposaient chacun d une somme X.

Monsieur A a placé X dans un compte rémunéré il y a 100 ans
Monsieur B a acheté un appartement à Paris pour une somme X
Monsieur C a acheté un panier d actions

aujourd'hui Monsieur B est le plus riche suivit de Monsieur C a quasi égalité.

Leurs enfants ont fait la même chose en 1990
Et bien l enfant de Monsieur B est plus riche que l enfant de Monsieur C qui est plus riche que l enfant de Monsieur A.

On connaît tous des familles qui ont perpétué leur patrimoine par l immobilier ou les parts en entreprises j en connais peu qui l on perpétue par de l argent à la banque

Que la frustration n aveugle pas...
a écrit le 29/03/2017 à 21:54 :
emballement qui n'est pas un bon signe mais bien la constitution d'une bulle immobilière et financière, attention au crach de nombreux économistes envisage un crach pour 2018. La BCE ferait mieux de ne plus prêter à 0% au banque et faire revenir les taux sur 2 %. Quant aux emprunts d'état continuer les prêts à 0% pour les rachats (ou refinancement des emprunts antérieurs) et mettre un taux de 1 % pour les nouveaux emprunts (lié aux déficits budgétaire de l'année en cours) afin de sanctionner les états incapables d'équilibrer leur budget
a écrit le 29/03/2017 à 20:51 :
"France, ou la propriété immobilière est ancrée dans les esprits" : le taux de propriétaires est plutôt faible en France comparé à la moyenne européenne...
"malgré la conjoncture économique qui reste morose" : forte création de jobs en 2016 et l'augmentation des offres d'emploi a accéléré cette semaine semble t-il (Pole Emploi, Apec, Ouestjob...).
Réponse de le 29/03/2017 à 22:03 :
faible taux et durée d'emprunt sont les principales explications. Les banques empruntent à 0% auprès de la BCE et depuis quelque semaine prête à des acquéreurs sans apports sur du long terme (plus de 20 ans, 25 et 30 ans) une hérésie qui va se retourner contre elle et qui aura des conséquences sur l'épargne des particuliers et sur la bourse. L'argent facile entraine à terme la crise financière, trop d'emploi précaire
Réponse de le 30/03/2017 à 9:12 :
c es vrai qu on a moins de proprietaire que l espagne le portugal, litalie. Que des pays qui vont bien ! Par contre la RFA ou la suisse, pays ou la population vit dans la misere en ont nettement moins que nous ...
Rejoignons l albanie, subventionnons encore plus l achat de parpaings !

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