French Tech : le tout nouveau guichet unique déjà sollicité par près de 100 startups industrielles

Rendant visite, mardi 3 mai, à l’écosystème de la French Tech Rennes Saint-Malo, Clara Chappaz a profité d’un temps d’échange avec les startups industrielles de Saint-Malo pour présenter le guichet unique qui leur est destiné dans le cadre du plan France 2030. Depuis janvier, près d’une centaine d’entreprises en ont déjà bénéficié. La nouvelle directrice de la mission French Tech s’est entretenue sur les problématiques rencontrées par des entreprises de la transition comme Gaïago et Okwind, ou du textile comme 3D-Tex.

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Clara Chappaz a présenté le guichet unique dédié aux startups industrielles à sept sociétés basées à Saint-Malo, telles Okwind (autoconsommation et management de l’énergie), Synergiz (réalité mixte pour l’industrie), Aisprid (robots autonomes pour la récolte) ou encore Seederal (tracteur électrique). La directrice de la mission French Tech était accompagnée par Louis Fleurot, directeur des programmes de la mission et Daniel Gergès, directeur du Poool.
Clara Chappaz a présenté le guichet unique dédié aux startups industrielles à sept sociétés basées à Saint-Malo, telles Okwind (autoconsommation et management de l’énergie), Synergiz (réalité mixte pour l’industrie), Aisprid (robots autonomes pour la récolte) ou encore Seederal (tracteur électrique). La directrice de la mission French Tech était accompagnée par Louis Fleurot, directeur des programmes de la mission et Daniel Gergès, directeur du Poool. (Crédits : Le Poool)

L'innovation industrielle et la diversification de la tech française sont les grandes priorités affichées par la mission French Tech, en lien avec le plan France 2030 porté par le gouvernement.

A la tête de la structure depuis novembre dernier, Clara Chappaz a été nommée avec l'objectif de soutenir davantage de startups en région, d'aller chercher plus de diversité sectorielle et de renforcer les jeunes pousse créatrices d'innovation de rupture (deeptech), notamment dans l'industrie et la transition écologique.

Pour mieux se rendre compte des besoins de coup de pouce de ces structures sur le financement ou les enjeux fonciers, la directrice de la mission French Tech a poursuivi son tour de France du côté de la Bretagne.

Transition, robotique, textile... «  il faut accompagner le dynamisme des startups industrielles »

Accompagnée de Louis Fleuret, directeur des programmes de la mission, l'ancienne « chief business officer » de la licorne Vestiaire Collective a rencontré, mardi 3 mai, l'écosystème de la French Tech Rennes Saint-Malo, pilotée par Le Poool (Daniel Gergès).

Après une matinée rennaise auprès des pépites du label French Tech 120 (Klaxoon, Hoppen, Leocare) et de startups de la cyber (AMA, Ariadnext, Anozrway, Glimps et Unseenlabs), sa journée s'est poursuivie à Saint-Malo avec les dirigeants de sept startups industrielles.

« On a besoin de contacts directs pour nourrir la politique publique » avance Clara Chappaz. « De la même manière que les entreprises du numérique s'épanouissent dans le French Tech 120, il faut accompagner le dynamisme des startups industrielles et des acteurs émergents afin de passer à une phase industrielle du label French Tech, dans des domaines comme la transition, la robotique ou le textile et en suivant les spécificités des territoires. »

Près de 100 structures déjà passées par le guichet unique

C'est, pour les startups industrielles, tout l'enjeu de ce nouveau guichet unique  lancé au début de l'année 2022 dans le cadre du plan gouvernemental dédié au financement de l'industrialisation des startups et doté de 2,3 milliards d'euros supplémentaires pour l'accompagnement vers l'industrialisation.

« L'objectif du plan est d'accompagner 100 projets industriels par an portés par des startups et des PME d'ici à 2030 », explique la directrice de la mission French Tech.

Ce guichet est destiné à faciliter l'accès aux dispositifs d'accompagnement de l'État et fluidifier l'information sur les offres de financements publics pour une première usine ou une première ligne de production.

« Près de 100 startups ont déjà sollicité le guichet unique depuis son lancement en janvier », se félicite Clara Chappaz.

Le dispositif a été présenté à sept sociétés industrielles basées à Saint-Malo, telles Okwind spécialiste de l'autoconsommation et du management de l'énergie, Synergiz (réalité mixte pour l'industrie), Aisprid (robots autonomes pour la "récolte de fruits fragiles") ou encore Seederal (tracteur électrique).

Dans la foulée d'une visite de l'usine 3D-Tex, premier atelier de tricotage de pulls sans coutures et zéro déchet entièrement 3D en France, Clara Chappaz s'est entretenue avec leurs dirigeants au siège de la société Gaïgo.

Cette entreprise d'agro-écologie a développé des solutions innovantes pour revitaliser les sols et les agrosystèmes, dont Nutrigeo, le « premier prébiotique des sols ». Elle initie aussi un projet de crédits carbone, labellisé GreenTech Innovation par le ministère de la Transition écologique et visant à rémunérer les agriculteurs engagés dans une démarche de stockage de carbone.

Agriculture, R&D et... labos partagés

« L'entreprise est confrontée à trois enjeux majeurs » a exposé Charles Vaury, associé chez Gaïago pour démarrer la table ronde.

« Le premier enjeu concerne le recrutement, car nous visons 200 embauches en Europe d'ici à 2027. Le deuxième est industriel, afin de produire nos solutions dans des conditions environnementales respectueuses. Le troisième enjeu est lié au financement de la production, de la data et de la R&D. »

Également engagée dans la rémunération des agriculteurs, sous deux à trois ans, via une autoproduction décarbonée d'électricité, Okwind se définit aussi comme un acteur de la transition. L'entreprise milite en faveur de l'agrivoltaïsme et de la création de richesse en milieu rural. Elle vient ainsi d'installer sa technologie de trackers solaires sur le site de conditionnement de la coopérative bretonne Solarenn, cinquième opérateur français de la tomate.

C'est sur ce marché du fruit qu'Aisprid, structure plus récente incubée par Emergys, a lancé son prototype de robot autonome pour la récolte et l'horticulture chez un producteur des Côtes d'Armor.

L'entreprise prévoit d'installer en juillet un premier atelier de production de ce robot de récolte et d'effeuillage de tomates, capable de fonctionner en flotte. « L'objectif est de produire 200 à 300 robots par an et d'ouvrir une usine à trois ans » a expliqué Nicolas Salmon directeur général, qui se dit favorable dans le domaine de la R&D à l'idée de laboratoire partagé.

Pression foncière et recherche de talents

La pression foncière peut en effet représenter un frein important pour les nouveaux industriels.

« Le marché est là, mais l'enjeu pour grandir, c'est le foncier » martèle Basile Riquier, cofondateur de 3D-Tex dont l'objectif est de relocaliser en France une partie de la production textile (pulls et bonnets).

Installée depuis août dernier, la startup prévoit de fabriquer 50.000 pièces pour un chiffre d'affaires d'environ 1,4 million d'euros à fin 2022.

3D-Tex, qui souhaite disposer d'un parc de 30 machines à l'horizon 2024-2025, envisage de déménager à la mi-2023, après l'acquisition d'un terrain et la construction d'un bâtiment en propre, sur la zone de Saint-Malo.

Si cette PME fournit une clientèle nationale (Beaumanoir, Eram, Auchan), la problématique de Synergiz, partenaire en France de Microsoft sur la technologie Hololens pour des clients industriels (aéronautique, automobile, BRTP, énergie), porte plutôt sur le passage à l'échelle internationale et ses fortes difficultés de recrutement.

1.000 jeunes pousses accompagnées d'ici à 2024

Bien ancrées sur le territoire avec, pour plusieurs d'entre elles, un profil en lien avec la spécificité agricole de la région, ces entreprises estiment « alimenter un écosystème ».

Certains dirigeants ont dit regretter que seuls les critères de performance et de valorisation purement financières soient pris en compte pour intégrer certains programmes comme le FT 120. « Pourquoi pas aussi les performances sociales et environnementales », ont-ils fait remarquer à Clara Chappaz.

Via ses différents programmes, la mission French Tech accompagne actuellement 200 startups, avec une forte concentration sur le numérique. Pour sa V3 (version 3), elle entend « massifier » et multiplier ce nombre par cinq: son objectif est d'accompagner en direct 1.000 jeunes entreprises d'ici à la fin 2024, via ses labels French Tech 120, Next 40 ou encore Green 20, tous secteurs confondus (numérique, transition écologique, industrie...).

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