L'industrie, un remède aux maux de la société

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(Crédits : DR)
Pour Jean-Louis Jarry, ambassadeur de la French Fab pour la région Centre-Val-de-Loire, la robotisation est porteuse de compétitivité accrue et donc d'emplois. Mieux, l'industrie agit en faveur de la mixité sociale.

« L'industrie, c'est formidable ! », s'exclame Jean-Louis Jarry, président de Vlad, une société basée à Parçay-Meslay, près de Tours, et spécialisée dans les batteries toutes technologies, y compris le Lithium-Ion, pour les secteurs de la santé (75% de son activité) et de l'industrie. Formidable à plus d'un titre, mais particulièrement parce que la fabrication, qui requiert à la fois des chercheurs pour l'innovation, des ingénieurs, des techniciens et des opérateurs sur les machines, induit, comme peu de secteurs savent le faire, une véritable mixité sociale. Ainsi, les 60 collaborateurs de l'entreprise productrice de batteries « viennent de milieux différents, mais travaillent tous ensemble, précise l'entrepreneur. Et nous cultivons la solidarité entre métiers - depuis le concepteur jusqu'à l'expéditeur des colis ».

Une solidarité qui se conjugue également sous la forme d'actions que mène la société en faveur de l'association A Chacun son Everest !. Elle accompagne des enfants atteints de cancer ou de leucémie et des femmes en rémission d'un cancer du sein pour les aider à retrouver confiance et joie de vivre. « Nous avons décidé de donner à cette association 1% du montant de la vente des batteries produites, explique le président de Vlad. Un compteur est installé dans l'atelier, et tous les salariés peuvent voir le chiffre qui s'affiche et augmente tous les jours ».

Sens et satisfaction

Pour Jean-Louis Jarry, fabriquer quelque chose de ses mains est gratifiant et porteur de sens. Mieux, dans le cas des dispositifs proposés par la société Vlad, créée en 1985 et que l'entrepreneur a reprise en 2016 avec Vincent Piton, son associé, après une première carrière dans l'informatique, cela peut même sauver des vies. En effet, les batteries fabriquées par la société, qui affiche un chiffre d'affaires de 16,5 millions d'euros, sont notamment utilisées dans les blocs opératoires, pour des instruments portables, ou en back-up, au cas où l'électricité viendrait à manquer. Un sens et une gratification qu'il souhaite projeter auprès du grand public et des jeunes en particulier. Pas étonnant que Jean-Louis Jarry ait rejoint très tôt la French Fab... « Nous étions dans l'accélérateur de Bpifrance, dit-il pour expliquer son ralliement, et je suis proche d'un autre accéléré, Erwan Coatanéa, le président de Sodistra et l'un des fers de lance de la French Fab. Mais je ne pensais pas que le mouvement allait prendre une telle ampleur ! ». Il s'en réjouit. Mais si la French Fab a bien le vent en poupe, il lui reste encore beaucoup à faire...

Ouvrir les portes aux jeunes

« Il nous faut vraiment ouvrir nos portes aux jeunes, pour qu'ils voient ce qui se passe dans l'industrie », poursuit Jean-Louis Jarry. Le 2 avril, à Tours, l'une des étapes du tour de France de la French Fab, a été l'occasion de faire précisément cela, lors des journées de l'industrie, que l'ambassadeur a largement épaulées. Opérations porte-ouverte, visites d'ateliers, échanges avec les jeunes : tout a été fait pour leur faire « découvrir les trésors que recèle l'industrie et la multiplicité de ses métiers », dit-il, pour enchaîner : « Si l'on se contente d'aller dans les écoles et de parler de chaudronniers, les jeunes ne comprennent même pas de quoi il s'agit ! ». Cela lui rappelle d'ailleurs les propos du secrétaire d'état auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, qui racontait, lors de l'événement French Fab dans la région Centre-Val-de-Loire, qu'un jeune, devenu justement chaudronnier, participe désormais au lancement de satellites chez Airbus... Fabriquer quelque chose de ses mains et participer à une grande aventure : voilà, pour Jean-Louis Jarry, ce que signifie l'industrie.

Cercle vertueux

Cela ne veut pas dire que les robots n'ont pas leur place dans les usines. Bien au contraire. « Le prix d'un robot est le même à Tours ou à Singapour », pointe l'entrepreneur. En permettant aux salariés d'être plus productifs, les robots gomment les différences de coût de main d'oeuvre et rendent les entreprises plus compétitives. Davantage de compétitivité veut dire davantage de succès, et donc, davantage de création d'emplois. Un cercle vertueux, en somme, et qui permet d'offrir des postes pour fabriquer, à l'avenir, des batteries connectées pour des vélos chez Vlad, ou d'autres produits innovants dans d'autres usines. Des emplois de qualité en particulier pour des jeunes en manque de vocation, et ce, quelle que soit leur origine sociale. D'ailleurs, Jean-Louis Jarry ne manque pas de souligner qu'il a débuté sa carrière sans aucun diplôme. « Et ils sont nombreux les patrons de PME industrielles qui n'ont pas de diplôme ! », s'exclame-t-il. L'industrie est donc également un levier pour la mobilité sociale.

Autant dire que pour Jean-Louis Jarry, l'industrie a toutes les qualités. « A condition de boxer dans sa catégorie », prévient-il. Pays d'ingénieurs d'excellent niveau, la France doit se consacrer au haut de gamme et à l'innovation - « et laisser les productions de masse à d'autres », dit-il. Pour l'entrepreneur dont le mot d'ordre est « rêver », rien n'est impossible, pas plus pour un jeune sans diplôme que pour un autre. Tous peuvent devenir patron d'une entreprise industrielle ! Tous les jours, avec la French Fab, Jean-Louis Jarry fait en sorte que ce rêve devienne une réalité.

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Commentaires
a écrit le 24/04/2019 à 11:35 :
L'industrie c'est le travail à savoir l'opposé de la rente mais les intérêts financiers des uns et des autres ont aliéné le travail au profit de la rente, on part de vraiment très loin les gars car avant même d'essayer d’intéresser à l'industrie c'est d’intéresser au travail qui est la première et indispensable étape.

Sinon entièrement d'accord avec votre conclusion, il est indispensable de laisser le boulot aliénant aux déjà aliénés.

"Réaction contre la culture des machines. — La machine, produit elle-même de la plus haute capacité intellectuelle, ne met en mouvement, chez les personnes qui la desservent, que les forces inférieures et irréfléchies. Il est vrai que son action déchaîne une somme de forces énorme qui autrement demeurerait endormie ; mais elle n’incite pas à s’élever, à faire mieux, à devenir artiste. Elle rend actif et uniforme, mais ceci produit à la longue un effet contraire : un ennui désespéré s’empare de l’âme qui apprend à aspirer, par la machine, à une oisiveté mouvementée." Nietzsche

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