Industrie : Fillon se trompe sur Thatcher sans sourciller

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François Fillon, qualifié au second tour de la primaire de la droite et du centre, n'a pas une vision très claire des mandats de son modèle : Margaret Thatcher.
François Fillon, qualifié au second tour de la primaire de la droite et du centre, n'a pas une vision très claire des mandats de son modèle : Margaret Thatcher. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
[Fact-checking] François Fillon, adepte du modèle thatchérien, assure que la dame de fer n'a pas contribué au déclin de l'industrie outre-Manche. Elle aurait même "inversé la tendance", selon ses dires. Une affirmation fausse.

L'amour rend aveugle, c'est bien connu. La passion de François Fillon pour la dame de fer n'a pas échappé aux médias. Libération a publié un morphing (mélange des portraits) des deux ex-Premier ministres en Une mardi, quand le Canard Enchaîné titre ce mercredi : "Fillon : 'Moi, je vais nettoyer la France au Thatcher !'" Pourtant, le candidat du second tour de la primaire de la droite et du centre n'a pas une vision très claire des mandats de son modèle.

Interrogé sur la politique industrielle de Madame Thatcher, ce mercredi matin sur Europe 1, François Fillon l'a défendue sans sourciller :

"Quand [Margaret Thatcher] est arrivée, la Grande-Bretagne était par terre, on ne travaillait pas, les syndicats étaient tout puissants et l'industrie britannique s'en allait par pans entiers. Madame Thatcher a inversé la tendance, elle a remis l'Angleterre au travail, remis les syndicats à leur place. Aujourd'hui, les gouvernements britanniques profitent du travail qu'a fait madame Thatcher."

À l'origine du grand mouvement de dérégulation financière des années 1980, en duo avec le président américain, Ronald Reagan, Margareth Thatcher a-t-elle aussi réindustrialisé son pays ? La réponse est non.

Le déclin de l'industrie britannique

En 2013, le Guardian a publié 15 graphiques sur les années Thatcher. Selon les données de l'ONS (l'Insee britannique), l'industrie avait effectivement commencé son déclin avant l'arrivée au pouvoir de la dame de fer, mais, loin de s'inverser, cette tendance s'est accentuée sous ses trois mandats. En effet, de 17,6% du PIB lors de son arrivée en 1979, l'industrie ne représentait plus que 15,18% du PIB à son départ en 1990. Sur le long terme, la tendance s'est poursuivie.

Certes, la tertiarisation de l'économie britannique contribue à cet état de fait. C'est justement tout le choix du gouvernement Thatcher. Dès son arrivée au pouvoir, la dame de fer a entamé "un changement de paradigme avec un tournant libéral", explique Catherine Mathieu, économiste à l'OFCE, spécialiste du Royaume-Uni. "Margaret Thatcher a décidé de laisser faire le marché, autrement dit de laisser l'industrie face à la libre concurrence, et s'est concentrée sur le développement des services financiers", poursuit-elle.

Délaissé, le secteur secondaire a poursuivi sa chute. La part des emplois industriels n'a fait que baisser sous Thatcher. Représentant un quart de l'ensemble des emplois au Royaume-Uni en 1979, ils ne pèsent plus que 16% à son départ en 1990. Au total, ce sont près de deux millions d'emplois en moins.

La politique de Thatcher, une des raisons du Brexit

Le secteur secondaire n'est pas le seul à avoir souffert des années Thatcher. Le sort de l'extraction minière est également un symbole de cette période. Alors que la filière était déjà sur le déclin, Margaret Thatcher porte le coup de grâce en annonçant un plan de fermetures de 20 mines en 1984. Les grèves qui s'en suivirent et la brutalité de leur traitement par le gouvernement restent des éléments marqueurs de cette période. Au total, les emplois dans l'industrie minière ont été divisés par cinq entre 1980 et 1990.

La tertiarisation de l'économie ne permet pas de combler ce décrochage de l'industrie et de l'extraction minière, montrant ainsi les limites de la destruction créatrice voulue par la dame de fer. Ses mandats sont d'ailleurs marqués par un pic du chômage à 11,9% en 1984. "Les premières années, elle a plongé le pays dans la récession", anaylse Catherine Mathieu de l'OFCE, rappelant aussi l'impact des chocs pétroliers. "La politique de François Fillon donnerait les mêmes résultats, avec l'augmentation de la TVA promise."

D'une manière générale, les inégalités se sont creusées en Grande-Bretagne dans les années 1980. Un cinquième de la population vit avec un revenu inférieur à 60% du revenu médian lorsqu'elle quitte le 10, Downing Street.

Résultat, un fossé s'est creusé entre les régions. Londres et le Sud-Est du pays bénéficient du développement des services financiers. À l'inverse, les régions des anciennes industries et des mines affichent les plus fabiles revenus par habitant et les plus hauts taux de chômage aujourd'hui. "Des régions traditionnellement travaillistes, qui ont finalement voté pour le Brexit", souligne Catherine Mathieu de l'OFCE. "Ceux qui ont voté pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE, ce sont ceux qui ont le plus perdu du choix de la libéralisation de l'économie britannique."

> Lire aussi : Brexit : la géographie du vote

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a écrit le 25/11/2016 à 0:11 :
Une chose etonnante que l'application de recettes anciennes. Finalement tout se resume à : tous les moyens sont bons pour creer de l'activite...qui automatiquement créera de l'emploi. Ben non. Ca c'etait vrai à l'ere industrielle. L'ere du numérique, pour le meilleur et pour le pire, c'est à terme 80 % des emplois detruits. Assertion de gauchistes notoires des GAFA . ...et certainement pas autant de creations d"emplois. Le melange IA & robotique va nous propulser dans le 21 siecle mais au prix d'une revolution de notre modele social qui reste à inventer rapidement sous peine d'une explosion sociale dramatique. Dans ces conditions l'enjeu est la formation mais pas l'allongement du temps et de la duree du travail mais le partage (au profit de la qualité de vie) car désolé de vous le dire le retour au plein emploi est un mythe. Le but est plutot de maintenir un taux d'emploi suffisant pour assurer cette trànsformation de notre société sans (trop) de casse
a écrit le 24/11/2016 à 20:18 :
J'ai connu l'ère Tatcher, et je voyageais beaucoup à cette époque. Nombre de responsables se demandaient comment les Anglais pourraient s'en sortir avec leur modèle bloqué, leurs syndicats déments d'égalitarisme, leur industrie obsolète, et une économie tournant au ralenti. Tatcher a eu le mérite de remettre le pays au travail, elle ne pouvait évidemment pas rebâtir une industrie sur un socle non compétitif, elle le savait et s'est logiquement tournée vers les services et notamment la City. Le modèle industriel de ces années là ne pourra d'ailleurs plus jamais être rebâti à l'identique, où que ce soit, du fait des modes de production différents, des gains de productivité, et de l’obsolescence rapide, et la relocalisation des productions, si elle se fait, sera éclatée, du fait des imprimantes 3d. Le débat est donc presque - pas encore tout à fait - sans objet. Par ailleurs seule la volonté de rebondir est universelle, les moyens eux ne le sont pas, car ils sont contraints par les modèles de chaque pays.
a écrit le 24/11/2016 à 18:42 :
mme Tatcher a ...fait le ménage ; moralité , on peut epiloguer sur le " bradage " de l'industrie , il faut quand meme constater que le taux de chomage n'y est que de 6 % .
a écrit le 24/11/2016 à 15:56 :
J'ai pas beaucoup d'avis sur la Tatcher, ce que je sais d'expérience, à cette époque les Anglais (les rigolos de top gear en disent autant) leur production c'était de la m___e!, pas fiable fragile mal conçue du travail de goret, ça n'aurait jamais tenu.
Bon ça grogne pour les 48h maxi, soit 40/42 réels, on va dire que pour 10 au lieu de 11 = 1 chômeur!
Ben non, s'il y a dix gus qui tapent dans les heures c'est qu'ils en ont la compétence et que 11ème ne risque pas d'être trouvé.
Mais la richesse impactée créera peut' être un emploi ailleurs qui créera encore d'autres emplois par effet domino sauf s'il s'agit de fonctionnaires bien sur.
Quand à l'industrie il serait bon d'y inclure les métiers de l'informatique 10% du pib, un développeur crée (fabrique) des choses quoique invisibles se revendent très bien.
Donc notre industrie n'est pas de 12,4% mais de 22,4% le même que l'Allemagne et ça ne cessera pas de grimper gràce à nos universités rennes, angers, brest, toulouse, nice sofia etc etc etc. Et nous sommes bons et même dans les meilleurs.
a écrit le 24/11/2016 à 13:08 :
Fillon n'a pas dit que Thatcher avait réindustrialisé l'Angleterre. Ce qu’il a dit c’est qu’elle avait remis l'Angleterre au travail et remis les syndicats à leur place. L’article indique ce qui a été dit et commente pourtant ce qui n’a pas été dit : c’est donc du journalisme d’opinion.

Je suggère à l’auteur de cet article et à ses suiveurs de s’intéresser à la langue française, qui est je crois au moins aussi importante que l’histoire. Non seulement personne ne dit que Thatcher a ré-industrialisé l'Angleterre mais personne, et pas plus Fillon qu’un autre, ne nie que Thatcher a effectivement contribué à détruire l’industrie anglaise, même si elle a en partie hérité de la situation (comme tous les responsables). La différence est que pour Fillon ce n'est pas négatif, car Thatcher a su donner du travail aux Anglais pour empêcher que cette casse ne nuise à leur niveau de vie, en partant du principe que le niveau de vie est plus important que le fait qu'on travaille ou non dans l'industrie.
Réponse de le 24/11/2016 à 15:13 :
Pas tout à fait vrai. Fillon dit aussi que Thatcher a inversé la tendance (à la désindustrialisation) ce qui pour le coup est effectivement faux au vu des chiffres de cet article, et des chiffres tout court. Thatcher n'a concrètement pas redonné de travail aux mineurs (la plupart pour ne pas apparaitre dans les chiffres du chomage ont bénéficié de la pension invalidité, ce qui explique le doublement du nombre de bénéficiaires outre- manche). Pour rappel, le chômage était de 5,5% quand elle est arrivé et il a atteint 12% 3 ans plus tard pour finir aux alentours de 7% et plus si les bénéficiaires supplémentaire des pensions d'invalidité avaient été comptabilisé (+800 000 chômeurs). Le Brexit est une conséquence de la crise de 2008, elle même une conséquence des théories de Milton Friedman, apôtre de "la main aveugle du marché" défendu par Thatcher et ses successeurs jusqu'à aujourd'hui.
a écrit le 24/11/2016 à 11:28 :
Bonne analyse. Le but de Thatcher n' a jamais été de sauver l'industrie (pourvoyeur du vote travailliste) mais de laisser faire le marché. La France de 2016 n'est en rien la GB de 1979 ayant du demander une aide de 4 milliards de dollars au FMI, une économie incapable de se moderniser et une inflation de 15%. Thatcher est arrivé au pouvoir suite au blocage du pays par les syndicats demandant une revalorisation salariale à cause de l'inflation élevée. Quand Thatcher prend le pouvoir en 1979 le chômage est de 5,5%, il grimpera en 1983 à 12% pour redescendre à 6,9% quand elle quitte le pouvoir en 1990. Le doublement du nombre de bénéficiaires de pension d'invalidité ( de 700 000 à 1,5 millions) aidera grandement à la baisse des chiffres du chômage. La hausse du secteur et des emplois tertiaires ne compense qu'en partie la baisse des emplois industriels. Les 2 premières années l'économie sera en recession suite a l'augmentation des taux d'intérêts pour essayer de juguler l'inflation. Par ailleurs contrairement à pas mal d'idées reçues les dépenses d'aide sociale ont eu plutôt tendance a augmenter: +73% pour les dépenses en faveur de l'emploi, +33% pour la sécurité sociale et +34% pour le service national de santé (NHS). A et pour finir Thatcher était très amie avec Pinochet (un peu comme Fillon avec Vladimir)
a écrit le 24/11/2016 à 10:34 :
C'est vraiment dommage que Fillon ne se soit pas un peu informé sur les véritables résultats de son idole, Mme Thatcher, avant de s'y référer. De plus, quand Mme Thatcher est arrivée au pouvoir le Royaume-Uni devait faire face à une forte inflation. Le moins que l'on puisse dire est que ce n'est pas le cas en France actuellement. Enfin, les suppressions massives d'emplois de fonctionnaires qu'il envisage apparaissent comme une manière "bureaucratique" de libéraliser: on réduit massivement sans se demander s'il ne faut pas créer des emplois dans certains secteurs (éducation, police-santé, santé) quitte à les réduire dans d'autres, ce qui aura non seulement un effet sécessionniste, mais également un effet nocif sur l'avenir (comment par ex. tenter de "récupérer" les centaines de milliers de jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme et qui devront donc être supportés par la collectivité toute leur vie, sans "mettre le paquet" sur l'éducation dans les banlieues ?). Par ailleurs, son projet de référendum pour prescrire l'équilibre budgétaire ad aeternam risque de priver les prochains gouvernements de la principale arme anti-récession que l'on connaisse. La supposée "honnêteté" ne remplace pas la compétence. En supposant même que Fillon ne soit pas battu au 2eme tour des présidentielles par Marine Le Pen, l'austérité (= recul des investissements et du PIB) qu'il nous promet risque d'ouvrir une voie royale au Front National pour les présidentielles suivantes. Une catastrophe prévisible !
Réponse de le 24/11/2016 à 12:15 :
En réponse à Valart. Pourquoi le rapport du nombre de fonctionnaires à la population totale en France est 'il plus élevé que dans pratiquement tous les autres pays? est ce normal? même chose pour le nombre de députés et sénateurs, un vrais scandale il faut que cela change et vite sinon comme vous le dite nous aurons l'extrème droite au pouvoir.
Réponse de le 24/11/2016 à 20:39 :
Je préfère un recul du PIB contrôlé, plutôt qu'une mise sous tutelle de l'état comme doit le subir actuellement la Grèce, ce qui arrivera obligatoirement si la France continue à vivre au-dessus de ses moyens. Et la Grèce a l'excuse d'avoir menti sur ses finances, excuse que n'a a priori pas la France.

On sait tous que la dette française est insupportable, la question désormais c'est est-ce qu'on réagit ou pas.
a écrit le 24/11/2016 à 10:30 :
S'il peut être d'une quelconque aide de prendre en exemple des pays ou des personnages qui, par le passé, ont pu rétablir un équilibre économique chez eux (lequel ?), il ne faudrait pas pour autant dissocier tous les équilibres en faisant une impasse totale sur l'équilibre social et sur l'indépendance et la souveraineté.
Or celui que l'on présente comme le bon docteur Fillon est tellement libéral et ensucré de Mme Tatcher que son programme va réveiller des luttes de classes que l'on croyait définitivement enterrées en laissant au bord du chemin un nombre incalculable de nouveaux pauvres supplémentaires ; nombre déjà excessivement élevé dû à des politiques semblables à celle qu'il prépare.

En effet, laisser la possibilité aux entreprises de fixer le volume hebdomadaire du travail à 48h00 jusqu'à l'âge de 65 ans est une monstruosité qui va mettre tous les salariés fragiles sur la touche en ralentissant l'embauche. Ce ne sont ni un ministre ni un président de république qui vont forcer l'embauche d'un énième salarié quand la charge de travail inextensible d'une entreprise peut se répartir sur un nombre moindre encore diminué par l'augmentation des volumes d'heures de ceux qui restent.
Aujourd'hui un carnet de commande de 500 heures de travail hebdomadaire réparti par tête permet de faire travailler environ 14 salariés. Demain ce même carnet permettra le travail d'un peu plus de 10 salariés. Formidable, les patrons vont pouvoir dire merci Fillon.
Pire, ce n'est pas non plus en augmentant considérablement la TVA que se fera une augmentation de la consommation des ménages, bien au contraire. Belle arithmétique docteur Fillon. Je croyais que c'était la pression fiscale qui grippait les mécanismes d'emploi. Le but que vous atteindrez sera exactement l'inverse de celui que vous claironnez et nous aurons à nouveau perdu du temps pour sortir de cette malédiction de libéralisme outrancier.
S'il est clair que des énergies doivent être libérées, ce ne sont pas ces leviers qui répondront à la situation et aux besoins.
a écrit le 24/11/2016 à 9:10 :
Fillon oublie l'essentiel les anglais tout comme les allemands ne sont pas des français avec leurs qualités et leurs défauts. Si nous regardons les programmes la France sera sauvé du chômage de masse grace à la suppression de milliers de postes de fonctionnaires, cela dit, crié haut et fort pour le plus grand plaisir de nombreux français qui ont décidé depuis longtemps que les erreurs de gestion politique ne sont pas dues aux politiques mais au mammouth de la fonction publique et de la fonction territoriale. Cela dit RIEN de précis et pour cause ils ont fait un calcul mathématiques pas une vérité économiques. Nous sommes en campagne électorale donc ils discourent sur de très très grandes lignes, les ordinateurs tournent etc etc. Puis vient la réalité mai 2017 et les ^paroles s'envolent les promesses en politique ne sont que mensonge. Transférer des postes de fonctionnaires vers le privé certainement un exemple les inspecteurs du permis, supprimer la garde d'honneur de l'assemblée pour mettre les hommes sur le terrain mutualiser les "cantines" des ministères certainement, revoir dans la durée le nombre d'académie aujourd'hui 30, transférer vers le privé des poste administratifs de l'éducation nationale OUI, comme certains postes administratif des hôpitaux à transférer vers les mutuelles, imposer aux cliniques privé à prendre part aux urgences.et bien sur revoir entièrement le statut des politiques en commençant par le nombre et ce qui tourne autour le nombre d'huissiers aux assemblées, les avantages billet train et avion, l'obligation de justifier les dépenses de l'indemnité, la retraite à aligner sur dans un premier temps la fonction publique puis le privé, rien ne vaut pour être crédible de commencer par soi même et pas à la marge et dès juin 2017. Je ne suis pas fonctionnaire et d'esprit libéral en économie cette campagne est tout aussi médiocre que les autres car la vérité en gouvernance sera bien loin des promesses. Nous sommes dans le bal des primaires il faut faire plaisir à ses partisans, après il faut aller à la vraie pêche les électeurs en général.
a écrit le 24/11/2016 à 2:00 :
Si tous les votants de la primaires avaient lu son programme sur son site internet je crois bien qu'il aurait fait un score bien plus bas ! Et je pense que dimanche il ne va pas forcément gagner car qui veut d'un programme ultra libéral en France ? On parle quand même d'autoriser les employeurs à imposer les 48 heures par semaine ! Et ça jusqu'à 65 ans sérieux ? On revient à Germinal !
Réponse de le 24/11/2016 à 19:53 :
Germinal ! comme vous y allez, c'est un cris de ralliement ? Pendant que vous y êtes "A moi les fils de la veuve" !
a écrit le 23/11/2016 à 23:22 :
"Aujourd'hui, les GOUVERNEMENTS britanniques profitent du travail qu'a fait madame Thatcher."
Qu'en pensent les sujets de sa Majesté qui eussent sans doute préféré que ce travail leur profite en priorité.
a écrit le 23/11/2016 à 22:14 :
L'évolution économique de la France est bloquée par ses syndicats "ouvriers", c'est une évidence. Le principal acte du thatchérisme fut de remettre les syndicats à leur juste place : la défense de l'emploi et non la défense des privilèges acquis. Quant à diminuer le contrôle et l'intervention de l'état sur l'économie, valeur du passé, on constate que la révolution numérique fait le travail. A l'état de s'adapter en diminuant ses effectifs devenus pléthoriques.
Réponse de le 24/11/2016 à 11:57 :
Non la situation n'est pas la même. L'économie britannique ne s'était pas modernisée et les taux d'inflations étaient de 15%. La productivité des travailleurs français est une des plus élevé au monde (quand celle de la GB est en queue de classement). La politique de Thatcher a créé du chômage (on est passé de 5,5% en 1979 à 12% en 1983 avec une baisse en trompe l'oeil à 6,9% en 1990 ( doublement des bénéficiaires de la pension invalidité oblige). Comment remplacera t-on les 500 000 postes supprimés? Ou est le vivier d'emplois, sûrement pas dans le numérique qui va plus en détruire que d'en créer tout en nivelant les prix toujours plus vers le bas. Aujourd'hui on est a 3,3% de déficit, Fillon nous annonce une hausse au dessus de 4% pour les 2 années qui viennent tout en supprimant 100 000 fonctionnaires par an, des postes qu'il faudra compenser par la création d'autant de postes dans le privé et un peu plus s'il compte réduire le chomage à 8%.
Réponse de le 24/11/2016 à 11:57 :
les syndicats patronaux ne sont pas plus glorieux, ni plus représentatifs. La dernière négo partiaire pour réformer la formation professionnelle est une pure blague. Je ne vous parle pas de l UNEDIC...Ils sont bien complices pour se gaver sur la bête en fait.Le corporatisme et le conservatisme sont 2 valeurs très bien partagés en France, 2 sujets œcuméniques, tant dans le privé que dans le publique.
a écrit le 23/11/2016 à 22:10 :
Madame Thatcher a sauvé l'économie britanique quoi qu'on en dise.

Elle a bien inversé la tendance, la part de l'industrie a certe continué á décliner mais le tertiaire à trés forte valeur ajouté a explosé.

En France l'industrie a décliné encore plus fortement (13% du PIB contre tout de même 16% au Roayume-uni) et un tertiaire moyen de gamme l'a partiellement remplacé.

La pauvreté a régressé au R.U. mais comme il y a une explosion du nombre de riches et de super riches, le taux de pauvreté (calculé en tenant compte de la moyenne des revenu de toute la population) a progréssé. Exemple simple dans un immeuble de 10 logements viennent s'installer 5 familles riches, le résultat statistique de cette arrivé est les 5 autres familles qui n'ont pas changé de logement et qui n'était pas riche se retrouve classer dans la catégorie pauvre.
Réponse de le 24/11/2016 à 9:30 :
Non, c'est en tenant compte du revenu MÉDIAN et non moyen que l'on calcule le taux de pauvreté. Et ça change tout, car dans ces conditions rajouter 1000 super-riches au RU ne change rien au revenu médian, et donc au niveau en dessous duquel on est considéré comme pauvre. C'est bien le déclassement d'une partie de la population qui l'a plongée dans la pauvreté, pas une gymnastique arithmétique.
Réponse de le 24/11/2016 à 10:44 :
@Alou
Que l'on prenne en compte le revenu moyen ou median cela ne change pas grand chose.
Quand on a une économie qui connait une forte croissance, comme ce fût le cas au R.U., le revenu médian progresse fortement et ceux qui n'en profitent pas et sont au bas de l'échelle peuvent tomber dans la pauvreté statistiquement parlent sans que leur niveau de vie ait baissé.
a écrit le 23/11/2016 à 19:51 :
Fillon a toujours l' air complètement, schtarbé, perdu, paumé, à côté de ses pompes .. On est bien avec ça demain ..
a écrit le 23/11/2016 à 19:35 :
La fermeture des mines de charbon, comme en France, tient au fait objectif qu'elles n'étaient plus rentables. La tertiarisation de l'économie est une réalité partagée par toute l'Europe. En outre, la banque s'est fortement développée, réduisant mécaniquement la part relative de l'industrie. Pour le reste, si vous neutralisez ces effets, oui Mme THATCHER a bien relancé l'industrie britannique qui, sinon, aurait largement disparu : notamment toute l'industrie automobile, qui a perdu des marques anglaises et gagné des marques étrangères qui alimentent notamment l'Union Européenne (souvenez des articles dans La Tribune sur le risque pour Renault, mais pas seulement, en cas de Brexit...). Mais quand on ne veut pas voir, on ne voit pas. Vilain Monsieur FILLON, va !
a écrit le 23/11/2016 à 19:30 :
n'importequoi

fact checking faut oublier, effet lamentable aux us
le monde les decodeurs le lab fait marrer tout le monde sur twitter

ensuite la city c'est 10%(?) du pib , cela s'appelle l'industrie financiere. certes il va y a avoir des fermetures mais c'est de ll'industrie
Sinon vous pouvez me donner la difference entre un entrepot amzn et une usine foxconn dans pas longtemps, et une salle de marchés?

une des verites non évoquées par votre directeur et actionnaires , dans cet article est que tatcher avait le brent
Réponse de le 24/11/2016 à 8:22 :
Vous ignorez ce qu'est l'industrie apparemment. Un bon dictionnaire vous le dira:
Ensemble des activités économiques qui produisent des biens matériels par la transformation et la mise en œuvre de matières premières
La finance est une activité économique et non une industrie.
a écrit le 23/11/2016 à 18:57 :
On verra bien, mais je pense que Fillon s'est fait hara kiri en s'affiliant à Thatcher...Pour ceux qui ont connu ces années, moi un tout petit peu, je suis curieux de savoir ce qui vous est resté comme image d'elle et de ces années?
Pour moi c'est son image ultra snob, sa dureté, le I want my money back, les images des mouvements de mineurs (je crois) ultra violemment réprimés, les attentats IRA, pas vraiment à voir avec elle mais les hooligans et les punks. Et au delà des images les années 80, de l'argent roi. Par ailleurs, je crois à peu près équitablement réparti dans le spectre politique le rejet de ce que l'on appelle le néolibéralisme des années Thatcher/Reagan, qui datent le déclin et l'enchainement des crises.
Et vous?
a écrit le 23/11/2016 à 18:23 :
Merci pour cet article et bien entendu que Thatcher a bel et bien précipité la fin de l'industrie anglaise faisant table rase au nom de la finance.

Il est quand même inquiétant qu'un candidat à l'élection présidentielle mente ouvertement de la sorte, ce n'est plus de l'aveuglement là c'est du conditionnement.
a écrit le 23/11/2016 à 17:43 :
Juppé trouve que faire référence comme le fait Fillon à Madame Tatcher , c'est revenir trop loin en arrière en 1979 exactement. Dans ces conditions, pourquoi
Juppé parle t-il de de Gaulle comme un exemple à suivre. Si mes souvenirs sont exactes, de Gaulle, c'est 1965/1970.
Réponse de le 23/11/2016 à 19:06 :
en gros vous trouverez dans quasiment tous les partis des gens se réclamant de De Gaulle...C'est à la mode, à mon avis c'est pour se réclamer à la fois d'un volontarisme (un yes we can, old school) et de la grandeur mythifiée de la France éternelle. Un truc intemporel en somme et mainstream.

Par contre se réclamer de Thatcher ça veut dire bien autre chose...beaucoup plus douloureux si vous voulez mon avis. En creux on voit Churchill, donc encore plus vieux, c'est du sang et des larmes, voir encore beaucoup plus vieux retour à Dickens et l'Angleterre Victorienne du XIXème! Ca va lui coller comme un sparadrap, jusqu'en mai si il passe le cut dimanche.
a écrit le 23/11/2016 à 17:36 :
Le modèle de Thatcher redonne le pouvoir à une nouvelle aristocratie, celle des riches. La filiation ne repose plus sur le lien du sang, mais sur celle du compte en banque. La monarchie a été simplement remplacée par une autres pour aboutir aux même conséquences.
a écrit le 23/11/2016 à 17:08 :
Le mensonge est dans l'ADN du neolibéralisme. C'est le seul moyen de faire passer des énormités telles que:

- "licencier 500 000 personnes créera mécaniquement 4 500 000 emplois".
Ben non, cela créera seulement 500 000 chômeurs de plus.

- "Travailler plus incitera les patrons à embaucher".
ben non, si 10 personnes font le travail de 11, la onzième finira à la casse.

-"En terminer avec les 35h permettra d'augmenter les salaires"
Ben non, ça permettra seulement de faire disparaitre les majorations pour heures sup et les incitations à embaucher des employés supplémentaires pour faire face à la charge de travail.

etc etc...
Réponse de le 23/11/2016 à 20:13 :
Vous appliquez des recettes de communiste

Travailler plus crée plus de richesse donc plus de travail
Supprimer les 35 heures Er surtout libérer le travail diminué les risques d embaucher et donc favorise l embauche
Vous êtes sur une autre planète
Réponse de le 23/11/2016 à 20:53 :
Et aussi : Faciliter les licenciements permet d'embaucher plus. Ben non, ca permet juste de licencier plus facilement....
Réponse de le 24/11/2016 à 7:51 :
Ah ouai on part de loin en France... vous décrivez le communisme!
Si on pait 10 personnes peuvent faire le travaille de 11, c'est qu'il faut qu'une personne fasse autre chose! Sinon on a 10% de richesse non créée. La 11e personne devrait travailler à une tâche plus utile. Ainsi en augmentant la richesse créée on augmente aussi la demande et à grande échelle on crée plus d'emplois et de croissance.
Le but n'est pas juste d'avoir un travaille mais un travaille rémunéré à sa juste valeur (en général du fait de l'offre et la demande sur les compétences). Non il ne faut pas maintenir des emplois s'ils ne génèrent pas assez de richesse pour la Société, sinon c'est un puit sans fond. En contrepartie il faut orienter les gens et les former sur des emplois dont nous avons et aurons besoin.
a écrit le 23/11/2016 à 16:55 :
En 1976, la GB a demandé le plus gros prêt au FMI de l'histoire du FMI (à l'époque). En gros, la GB en 1976, c'était la Grèce de 2010.
Alors vous pouvez taper sur Thatcher, prendre comme référence les chiffres des années 1970 pour montrer que Thatcher était une méchante, mais c'est totalement manquer de pertinence historique.
Si la part de l'industrie britannique a tant chuté, c'est que Thatcher a liquidé les canards boiteux qui plombaient le pays, en ruine. Certains peuvent considérer qu'elle a été trop loin, etc... mais reste que la situation anglaise était très largement dramatique en 1979. Faire un article sur Thatcher sans mettre en perspective cette décennie 70 qui fut une tragédie économique pour les anglais, c'est comme parler de l'évolution économique entre 1940 et 1950 sans évoquer la seconde guerre mondiale.
Réponse de le 23/11/2016 à 19:11 :
c'est juste. Ca ne vaut pas comparaison, mais qui se rappelle des plans sociaux en rafale, du niveau des déficits et de la pression bruxelloise en 2012? Personne, juste que Hollande est un gros nul. Alors Mme Thatcher et la situation à son arrivée...
a écrit le 23/11/2016 à 16:53 :
Un grand merci a La Tribune de rétablir la vérité et d'ouvrir les yeux aux électeurs de cet individu dangereux pour la société française.

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