Inscrire la défense de l'environnement dans la Constitution ? Macron valide un référendum

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Emmanuel Macron a précisé que cette consultation porterait sur une réforme constitutionnelle en un article pour introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique dans l'article 1.
Emmanuel Macron a précisé que cette consultation porterait sur "une réforme constitutionnelle en un article" pour "introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique" dans l'article 1. (Crédits : POOL)
Emmanuel Macron en a fait l'annonce lundi en conclusion de 3h30 d'échanges nourris avec 132 membres de la CCC. S'il se concrétisait, le référendum serait le premier à se tenir en France depuis 2005. Très sévère dans ses premières réactions, l'opposition a critiqué un "coup de com" politique.

Emmanuel Macron a ouvert la voie lundi à la tenue d'un référendum sur l'introduction de la défense de l'environnement dans la Constitution, au cours d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qui l'ont exhorté à prendre des "décisions fortes" contre le réchauffement climatique.

L'organisation de ce référendum d'ici la fin du quinquennat en 2022 reste cependant incertaine puisqu'elle ne pourra intervenir qu'après un vote de l'Assemblée nationale et du Sénat, ce dernier étant contrôlé par la droite.

Emmanuel Macron en a fait l'annonce en conclusion de 3h30 d'échanges nourris avec 132 membres de la CCC, qui l'ont soumis à une salve de questions concrètes et parfois techniques, ainsi qu'à des interpellations critiques sur son bilan écologique.

"Vous avez l'occasion de rentrer dans l'Histoire en prenant des décisions fortes. Alors, osez, monsieur le président!", lui a lancé Christine, venue d'un "petit village des Alpes".

"Ce que nous vous demandons, c'est d'être cohérent", a exhorté Agnès en l'interrogeant sur la 5G. Plus polémique, Paul a déploré sa politique écologique "peu ambitieuse" et s'est interrogé: "Êtes-vous climatocynique ou climatosceptique?".

> Lire aussi : Le plan de relance doit être plus compatible avec la neutralité carbone, recommande le Haut conseil pour le climat

"Coup de com"

S'il se concrétisait, le référendum serait le premier à se tenir en France depuis 2005, qui avait porté sur la Constitution européenne et vu la victoire du "non".

Emmanuel Macron a précisé que cette consultation porterait sur "une réforme constitutionnelle en un article" pour "introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique" dans l'article 1.

Elle "doit d'abord passer par l'Assemblée nationale puis le Sénat et être votée en des termes identiques. Ce jour-là, elle sera soumise à référendum", a-t-il expliqué.

De ce fait, la consultation des Français est jugée "fort peu certaine" par Benjamin Morel, maître de conférences en Droit public à l'université Paris II Panthéon-Assas, en soulignant le "peu de temps restant dans le calendrier parlementaire".

"Et encore faudrait-il que le groupe LR au Sénat trouve opportun d'accorder un plébiscite sur un sujet a priori consensuel à son principal adversaire politique à un an d'une présidentielle", a-t-il ajouté dans un tweet.

Très sévère dans ses premières réactions, l'opposition a critiqué un "coup de com" politique dont l'issue est jugée incertaine. "Cela ne changera rien: la charte de l'environnement a déjà une valeur constitutionnelle", a raillé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau qui accuse Emmanuel Macron de vouloir "masquer son mauvais bilan écologique".

Adoptée en 2004, la charte de l'environnement est, depuis le 1er mars 2005, citée dans le premier alinéa du préambule de la Constitution.

"Un référendum pour ou contre la pluie, après tout ce que nous venons de subir. Quel cinéma", a fustigé le N.2 du Rassemblement national, Jordan Bardella.

Plus clément, l'ex député marcheur Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a estimé que, "même si cela ne cache en rien le manque d'ambition sur le reste, la réforme de l'article 1er de la Constit est utile". "Mais ira-t-elle au bout ?", s'est-il interrogé.

Du côté des ONG, Greenpeace a regretté une annonce "essentiellement symbolique" de la part d'un président qui "a brillé par une intervention creuse, sans nouvelles annonces".

Grégoire Fraty, co-président de l'association les 150 qui regroupe l'essentiel des participants à la CCC, a cependant salué un référendum qui "va faire du bien". "On en avait besoin. Si les Français disent massivement oui, peut-être que ça aura un effet d'entraînement pour les politiques", a-t-il ajouté.

"Acceptables par les Français"

Avant d'évoquer le référendum, Emmanuel Macron n'a pas fait d'annonces importantes, mais a défendu pied à pied sa politique en assurant qu'"aucun gouvernement n'a fait autant pour l'écologie".

Il a affirmé qu'une "cinquantaine" des 149 propositions faites au printemps par la CCC avaient déjà "été mises en œuvre ou sont en cours de l'être", en particulier dans la loi climat attendue en janvier. Certaines mesures emblématiques sont encore dans la balance, comme la rénovation énergétique des bâtiments ou une limitation de la publicité.

Il a validé la création de chèques alimentaires pour les plus défavorisés, à utiliser pour l'achat d'alimentation bio ou dans les Amap (coopératives de produits agricoles de proximité), mesure qui n'avait pas été tranchée.

> Lire aussi : Pour sortir de la crise, Terra Nova propose un "chèque vert" pour les plus modestes

Face à l'insistance des "citoyens", Emmanuel Macron a insisté sur le fait que "les choix pris pour l'écologie" devaient "être acceptables pour les Français", rappelant que la Convention citoyenne était "justement née parce que la taxe carbone n'avait pas été acceptée par nos concitoyens", débouchant sur la crise des "gilets jaunes".

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Commentaires
a écrit le 17/12/2020 à 22:35 :
N'oubliez pas la question êtes vous pour ou contre la réouverture des "commerces inutiles"
a écrit le 16/12/2020 à 10:33 :
C'est gentil de penser a un référendum pendant une pandémie et avant une élection présidentielle! On sent la sciences infuse de nos dirigeants!
a écrit le 16/12/2020 à 9:33 :
remember 2005 ........
a écrit le 16/12/2020 à 9:11 :
ce n'est pas moins de les moins de 1 pour cent de la planète qui
avec des restriction absurde que le monde sera sauvé
deja depuis un demi siècle la france a détruit son industrie
pour une idéologie socialiste idiote
et on continue a détruire le pays ou plutôt a vendre ce qu'il reste
regarder la vaccin il faut que se soit un francais qui s'expatrie pour pouvoir continue sa recherche car la france apres 20
ans de recherche a abandonne oui c'est aussi cela l'autodestrutrion
et interdit a ses labo de continué
a écrit le 16/12/2020 à 8:55 :
non car cette convention citoyenne est une escroquerie
sans aucune légitimité
par contre il existe de cahiers de doléance que m macron
a pris grand soins d'enterrer
car eux ne reflète pas sa pensée et demande pourtant un partage de la démocratie plus equitable
et surtout remette en cause le pouvoir disproportionné de certain haut fonctionnaire
qui se considére indispensable
et forme une caste depuis la revolution
a écrit le 16/12/2020 à 7:25 :
C'est beaucoup plus qu'un coup de com comme on veut nous le faire croire. Déjà que Le "principe de précaution" à géométrie variable est appliqué avec zèle pour la pandémie, mais pas pour le vaccin... Le réchauffement climatique a été ignoré depuis sa mise en évidence dans les années 60, et tout d'un coup en s'en inquiète alors qu'il est aujourd'hui inéluctable. Une fois mis dans la constitution, le devoirs de défense de l'environnement donnera les pleins pouvoir à l'état pour imposer des mesures autoritaires comme par exemple l'obligation d'isolation des logements (de moins en moins utile puisqu'il fait moins froid...). L'immigration européenne est aussi une source d'augmentation de la pollution par une plus grande consommation d'énergie, d'eau et la production de déchet : aucun principe de précaution ni protection de l'environnement n'est appliqué dans cette situation.
Réponse de le 16/12/2020 à 14:36 :
D'autant plus que faire une modification de la constitution alors que la France est affaibli parait dangereux. Le débat démocratique va être réduit à peau de chagrin. C'est ce qu'avait fait l'Allemagne en 1933, mais on ne tire aucune leçon du passé. On répète au XXIème siècle ce qui c'est déjà produit au XXème. Les mêmes méthodes, les même arguments avec les même conséquences. A croire que ce sont les même personnes qui dirigent le monde depuis au moins un siècle.
a écrit le 15/12/2020 à 23:03 :
sTOp à la dictature mondiale et à la surveillance numérique et et l’atération de l’ADN humain... par la suite des événements à venir.
Stop à la destruction des humains et ce plan prévu jusqu’en 2025 par les leaders mondiaux.
a écrit le 15/12/2020 à 21:46 :
Mais si j'ai bonne mémoire Chirac avait bien fait inscrire le droit de l'environnement dans la Constitution. Que va apporter de nouveau ce referendum? Peut-être souhaite-t-il que les Français l'en retirent ? Car ce ne seront pas ses grands amis les chasseurs qui vont voter pour...
a écrit le 15/12/2020 à 19:27 :
Curieux Macron qui s'est déjà piégé lui même avec cette convention pour le climat qui n'est absolument pas représentative de la société française réitère avec un régférendum pour essayer de piéger les partis molitiques en les mettant devant leur contradiction face à l'écologie. La logique veut que cela se transforme en référendum pour ou contre Macron. après le parlement corrigera comme en 2007! Donc un vote inutile! A quand un vrai bilan de la cours des comptes sur les mesures écolo leur coût et leur impact sur le climat,!
a écrit le 15/12/2020 à 18:45 :
Depuis quand 150 bipèdes qui ne sont pas élus ont ils plus de voix que les élus? A quoi servent les élections. Quelque soit ce projet puisqu'on ne me respecte pas comme électeur je vote contre.
a écrit le 15/12/2020 à 16:45 :
Un type qui autorise les néocotinoide tueurs d'abeilles pour les gros bettraviers et qui nous parle de biodiversité .Quel enfumage.On touche le fond avec ce gouvernement.
Réponse de le 15/12/2020 à 17:27 :
C'est aussi le type qui voulait les interdire, les en même temps ont un prix. C'est aussi et encore le type qui a décrété que le glyphosate était dangereux mais qui tolérait plutôt bien la glif4 A sa décharge et je pèse mes mots, il est vrai que l'expertise mondiale sur l'impact de la glif4 sur la population laisse a désirer.
a écrit le 15/12/2020 à 15:59 :
Il veut faire comme de Gaule, partir sur un échec, car il sait très bien que les gens ne voteront pas pour l'écologie, mais contre macron. Cette sacrée Veme, du grand Charles au petit charlot elle nous en aura fait voir
Vanité, tout n'est que vanité
a écrit le 15/12/2020 à 15:48 :
et pourquoi pas un référendum sur la suppression du poste de président de la république qui depuis plusieurs quinquennats a largement démontré qu'il est plus nuisible qu'utile.
Un premier ministre avec 5 ou 6 ministres qui bossent vraiment, cela suffira amplement.
a écrit le 15/12/2020 à 15:15 :
La France a ce don extraordinaire de se tirer une balle dans le pied. La seule raison du réchauffement climatique dans le monde est la sur population, mais pour le politiquement correct on ne dit rien sur ce sujet. Nous sommes en matière d'environnement un pays très vertueux par rapport à nos voisins, et nous allons nous rajouter des boulets. Mr Macron aura eu tout au long de son mandat ce don formidable d'évacuer les sujets brulants et de diriger nos pensées pour distraire le bon peuple.
a écrit le 15/12/2020 à 14:20 :
En voilà une "décision forte" contre le réchauffement climatique! Les gaz à effet de serre en tremblent déjà....
MACRON, l'homme soi-disant du monde d'après, en fait caricature de la France dans ce qu'elle a de plus détestable: un pays bavard et inconséquent...
a écrit le 15/12/2020 à 14:05 :
beaucoup trop de vent pour faire tourner les éoliennes de la politique
a écrit le 15/12/2020 à 13:48 :
La question ne peut être si on est pour ou contre le climat, -qui est contre?-, la question est de reconnaitre qu'une opération de com. ne peut constituer la base de la Politique, qui doit être décisionnelle, pratique et basée sur une forte expertise! Evidemment, ce sont de bêtises, issues d'esprits malades (existe-t-il un communicatiovirus?), indécentes dans des temps où la troisième vague sera économique et sociale!
a écrit le 15/12/2020 à 11:50 :
Si on veut l'avis des Français, pourquoi pas un référendum concernant l'immigration,un autre concernant la sécurité, la santé. ...Les sujets ne manquent pas.
Le but est aussi de ne plus subir de décision électoraliste ou de complaisance,de débats sociétaux ......bref,demandez plus souvent l'avis du peuple,comme en Suisse,par exemple.
Réponse de le 15/12/2020 à 12:14 :
Un sujet au hasard le voile par exemple et pendant ce temps on privatise EDF..
a écrit le 15/12/2020 à 11:20 :
S'il veut faire un referendum qu'il le fasse pour supprimer le senat et diviser par deux les deputes puisqu'ils ne servent plus à rien c'est la rue qui gouverne avec les comites theodule
a écrit le 15/12/2020 à 11:13 :
Etant donné l'immense crise économique que la covid 19 provoque, de nombreux citoyens Français vont se retrouver dans une situation extrêmement précaire.
Le retour à une situation économique stable et équilibrée demandera plusieurs années.
En conséquence est-ce bien la priorité d'un référendum sur le climat : NON
Les Français souhaitent vivement régler en priorité les problèmes économiques et leur pouvoir d'achat, les problèmes de sécurité, les problèmes de santé afin de retrouver un système sanitaire digne de ce nom.
Les citoyens Français commencent à être fatigués des dictats idéologiques des écologistes et des manœuvres politiciennes.
Réponse de le 15/12/2020 à 14:14 :
Excellent j'aurai pas dit mieux.

Il devient lassant cet agité !
a écrit le 15/12/2020 à 10:50 :
Il faut bien que Macron s'occupe de distraire les français. On va parler de ce referendum
pendant des mois , et pendant ce temps là, on ne parlera pas économie, chômage et gestion calamiteuse du gouvernement dans cette crise Covid.
Macron, il prépare 2022
Réponse de le 15/12/2020 à 11:14 :
Tous les jours on ne parle que des problèmes économiques. Et en ce qui concerne la gestion du covid le ministre allemand de l’économie a félicité la France sur la gestion de cette 2me vague.
a écrit le 15/12/2020 à 10:20 :
L'environnement est déjà protégé par la charte de l'environnement du 1er mars 2005, qui a valeur constitutionnelle. Ce n'ieme tripatouillage de la constitution n'apporte rien en terme de protection écologique, et ne pas le voter n'enlève rien.

Les français pourront donc détourner le vote sans crainte et transformer le plébiscite macronien en claque.
a écrit le 15/12/2020 à 9:59 :
"S'il se concrétisait, le référendum serait le premier à se tenir en France depuis 2005"

Rappellons donc les faits: Mai 2005, le peuple français vote à 55% par référendum son refus du traité constitutionnel européen imposant directement une dictature financière aux peuples européens.

Le traité de lisbonne voté le 13 décembre 2007 reprend toutes les clausses du traité constitutionnels en les empirant bien entendu forcément est validé lui par nos politiciens français en masse et ce fait ce traité constitutionnel dont les français ne voulaient pas leur sera quand même imposé.

Oui il me tarde vraiment ce nouveau référendum... Je n'irais pas vu qu'ils feront de toutes façons ce qu'ils voudront ne s'en cachant même plus.

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