ÉLYSÉE 2022. Le candidat de la France Insoumise qui espère rassembler derrière l'étiquette Union populaire, fait la course en tête à gauche, mais reste loin de ses presque 20% de 2017. Pour que sa troisième fois soit la bonne, Jean-Luc Mélenchon qui tient son premier meeting dimanche à la Défense, veut mobiliser l'électorat populaire sans effrayer les entreprises. Dans ce quatrième rendez-vous de la Grande Tribune de la Présidentielle, il défend ses convictions et son projet déclinés en près de 700 propositions. Quel président de la République serait-il pour l'économie ? Au menu, hausse des...
... laires, mais aussi investissements massifs dans une planification écologique et les industries de demain, comme le spatial et la mer : « il faut donner de la visibilité à l'entrepreneuriat privé et à l'Etat », affirme celui qui veut aussi rétablir l'ISF et une forte progressivité fiscale pour financer des services publics de qualité et restaurer l'enseignement professionnel pour résoudre les pénuries de main d’œuvre. Entretien à retrouver en vidéo et en long format.
VIDEO - La Grande Tribune de la Présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon
LA TRIBUNE - Nous assistons à un retour fulgurant de la crise Covid. Allons-nous vivre dans la pandémie permanente ? La vaccination va-t-elle devenir annuelle, comme pour la grippe ?
JEAN-LUC MÉLENCHON - C'est ma thèse depuis le départ quand je disais qu'il y aurait une deuxième vague. Les virologues le disaient dès le début : les pandémies de cette nature fonctionnent par vagues. Je souhaitais que l'on tire les leçons de la première. Cela me valait des commentaires sarcastiques de la part de ceux qui ne prennent pas en compte le temps long des cycles de la nature et des êtres humains.
L'état de pandémie deviendra réellement permanent si ses causes ne sont pas réglées. Ce virus émerge et dégénère en pandémie dans un contexte social particulier. Pas de Covid sans élevage intensif qui favorise le passage des virus des animaux aux hommes. Ni sans départ forcé des animaux sauvages de leur habitat naturel détruit par un modèle particulier de culture.
Le phénomène sanitaire a une racine écologique et un point de départ social. Or, depuis le début de la pandémie, aucune décision n'a été prise sur les fermetures d'élevages intensifs. Au contraire, cela continue. On en a eu récemment une nouvelle démonstration. Des cas de grippe aviaire ont été détectés en France, dans un élevage de 160.000 poules. Peut-on encore appeler cela un élevage ? Les « fermes-usines » sont une des causes essentielles des pandémies. Si le modèle capitaliste de l'agriculture ne change pas, la pandémie sera permanente.
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Propos recueillis par Marc Endeweld et Philippe Mabille