JO 2024 : la Seine ne sera pas baignable début juillet, prévient le préfet de région
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La Seine doit accueillir la cérémonie d'ouverture des JO le 26 juillet puis différentes épreuves (Photo d'illustration).
© LTD / Shutterstock
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La Seine doit accueillir la cérémonie d'ouverture des JO le 26 juillet puis différentes épreuves (Photo d'illustration).
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Un mois jour pour jour avant le début des Jeux olympiques, l'état de la Seine questionne toujours. Elle « ne sera pas baignable dans quelques jours », a averti ce mercredi le préfet d'Ile-de-France, Marc Guillaume au micro de France info. Et plus tard ? Impossible de répondre à cette interrogation. Et pourtant, ces eaux doivent accueillir la cérémonie d'ouverture le 26 juillet, puis les épreuves de triathlon (30 et 31 juillet, 5 août), de natation-marathon (8 et 9 août) et de paratriathlon (1er et 2 septembre).
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La faute au « débit que nous avons, ce matin encore plus de 480 m3/seconde », contre de 100 m3/seconde d'ordinaire. Ce débit important a d'ailleurs entraîné le report d'une répétition de la cérémonie d'ouverture, initialement prévue lundi - il était alors monté jusqu'à 650 m3/seconde. Quelque 90 bateaux auraient dû répéter le défilé. Mais il n'aurait pas été possible, dans ces conditions, d'en « tirer les enseignements pertinents » ont jugé les organisateurs. Car un fort débit « augmente mathématiquement la vitesse des bateaux » qui mettraient en ce moment « 15 minutes de moins » sur le parcours, comme l'a indiqué la préfecture de région la semaine dernière.
Patience donc et, surtout, pas d'affolement, pour le moment. « Il est difficile de savoir maintenant ce qu'il va se passer au mois de juillet », a tempéré la microbiologiste Françoise Lucas la semaine dernière. Elle n'a ainsi pas exclu une « dynamique rapide » qui fasse redescendre le débit à temps pour la grande messe sportive.
Le fort débit enregistré dans la Seine est engendré par les précipitations d'une fin de printemps pluvieuse. « Nous n'avons pas des conditions météorologiques, depuis six mois, qui sont très classiques », a rappelé Marc Guillaume. Le haut fonctionnaire a souligné que le Plan baignade mené depuis près d'une décennie par l'État et les collectivités franciliennes, avec 1,4 milliard d'euros d'investissement pour rendre la Seine et la Marne baignables, « ne suffit pas si la météo est une météo d'automne ou d'hiver ».
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Mais, outre le débit, c'est un autre problème qu'entraînent les fortes pluies : la pollution de la Seine. Le bulletin de la qualité de l'eau du fleuve, publié vendredi dernier par les autorités locales, l'a d'ailleurs confirmé : les eaux restaient impropres à la baignade. Selon les graphiques mis en ligne, le niveau de concentration en bactérie fécale E.Coli (pour « Escherichia coli », qui peut provoquer des troubles variés allant d'une diarrhée bénigne à des formes plus graves) était supérieur à 1.000 unités formant colonie (UFC)/100 ml, le seuil retenu par les fédérations internationales de triathlon et de natation pour autoriser la tenue d'épreuves, quasiment tous les jours du 10 au 16 juin. Ces prélèvements « ne correspondent pas aux standards que nous aurons cet été », a toutefois affirmé Marc Guillaume la semaine dernière, se disant « confiant sur la tenue des épreuves fin juillet début août dans la Seine ».
Pour que les prélèvements soient dans les clous, les autorités comptent notamment sur les ouvrages de rétention d'eau récemment inaugurés. Ils sont censés empêcher qu'en cas de précipitations intenses, de l'eau non traitée - mélange de pluie et d'eaux usées - soit rejetée dans le fleuve. Le bassin de rétention d'Austerlitz a ainsi fonctionné pour la première fois la semaine dernière lors d'un gros orage, recevant 40.000 m3 d'eau sur une capacité de 50.000, selon la mairie.
Plus globalement, la préfecture a indiqué la semaine dernière que « la qualité de l'eau reste dégradée » pour plusieurs raisons : « pluies, débit élevé, faible ensoleillement, températures en-dessous des normes de saison ». Ce qui forme un « contexte hydrologique et météorologique défavorable ». Le suspense demeure ainsi sur la tenue des épreuves olympiques. Et le plan B, qui consiste à reporter de quelques jours les épreuves mais pas à changer de lieu, s'affiche comme une alternative pouvant vite montrer des limites.
Le préfet de région entend en tout cas se baigner dans la Seine, pour montrer l'exemple, « le jour où on pourra », a-t-il indiqué ce mercredi. Un plongeon également prévu dans le planning de la maire de Paris, Anne Hidalgo, la semaine du 15 juillet « ou la semaine d'après », celle de la cérémonie d'ouverture. Pour rappel, elle l'avait initialement prévu le 23 juin, mais l'a reporté en raison du mauvais temps et des élections législatives anticipées qui se tiendront les 30 juin et 7 juillet prochains. Dans un entretien à Ouest-France ce mercredi, elle s'est dite « très confiante » sur l'arrivée d'une météo favorable à temps pour les JO.
Pour rappel, les Parisiens avaient l'habitude de se baigner dans la Seine jusqu'au XXe siècle. Cette pratique a été définitivement interdite par un arrêté préfectoral de 1923 en raison des dangers causés par la navigation fluviale et la pollution, comme l'explique la Ville de Paris sur son site internet. Un peu plus de 100 ans plus tard, ils devraient pouvoir y plonger de nouveau. En effet, à partir de l'été 2025, plus d'une vingtaine de sites de baignade doivent ouvrir pour le grand public dans la capitale et sa banlieue. Si tout va bien.
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(Avec AFP)
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