Journal de campagne : Bayrou demande une enquête, Juppé se paie Le Maire...

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François Bayrou demande une enquête sur certains écrits de Patrick Buisson concernant Nicolas Sarkozy.
François Bayrou demande une enquête sur certains écrits de Patrick Buisson concernant Nicolas Sarkozy. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
La Tribune publie son "journal de campagne" quotidien, reprenant les principales déclarations des candidats (et de leurs soutiens) à la présidentielle de 2017. Aujourd'hui : Bayrou, Kosciusko-Morizet, Mélenchon, Juppé, Le Maire.

Bayrou demande une enquête sur certains passages du livre de Buisson

François Bayrou veut savoir. Selon Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, l'ancien chef de l'Etat aurait en effet favorisé des émeutes à Paris pendant les manifestations anti-CPE en 2006. Des propos qui interrogent le leader du Modem. « Il y a une chose extrêmement lourde dans le livre de monsieur Buisson, c'est l'affirmation selon laquelle Nicolas Sarkozy a fait exprès de favoriser les incidents si graves qui avaient eu lieu », a déclaré François Bayrou au micro d'Europe 1. « Si c'est vrai, c'est une forfaiture », a-t-il ajouté, fustigeant une attitude destinée à « effrayer les populations et servir des desseins électoraux ». « J'imagine qu'on a tous les moyens de savoir si c'est vrai. Il faut qu'il y ait une enquête. », a-t-il conclu. Concrètement, selon Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, savait que des jeunes s'apprêtaient à jouer les casseurs. « Nous avions pris la décision de laisser les bandes de blacks et de beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match », a écrit l'ancien conseiller aujourd'hui très proche de l'extrême droite.

NKM ne veut pas d'une primaire qui va sur le terrain de l'extrême droite

Alors que le livre Patrick Buisson s'est donc invité dans le débat de la primaire de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizet appelle à un recentrage du débat. Dans une interview au "Monde", elle explique que « la primaire ne doit pas être celle de la droite et de l'extrême droite. Elle est censée être celle de la droite et du centre (...) Si on veut que le vainqueur rassemble le plus largement possible pour la présidentielle, il faut que la campagne soit un grand moment de mobilisation et de débat entre toutes les sensibilités des électeurs de la droite et du centre ».

Et d'ajouter qu' « à l'inverse, je refuse une campagne qui se résumerait à arbitrer entre les idées de l'extrême droite et de la droite extrême, avec les électeurs du FN en juge de paix. Or, ce risque existe quand on voit le caractère exclusif de certains débats... Mais si on ne parle que de l'identité, une partie des électeurs se détournera de la primaire, et nous ne traiterons pas la question majeure du chômage (...) On doit parler de tout ce qui fait la vie quotidienne des Français ».

Juppé s'attaque à la politique budgétaire de Hollande...

Le favori de la primaire de la droite Alain Juppé a estimé mercredi que François Hollande « reniait » ses engagements budgétaires et qu'il termine son quinquennat « dans la perpétuation du poison des déficits et de la dette ». Il a rappelé son propre objectif de « retour à l'équilibre du déficit structurel » s'il était élu. Dans un texte publié mercredi sur son site, alors que Bercy s'employait à défendre le « sérieux » du budget présenté, le maire de Bordeaux a jugé « que le quinquennat actuel se terminera comme il a commencé, dans le reniement continu de nos engagements, et dans la perpétuation du poison des déficits et de la dette ».  Et l'ancien ministre du Budget de répéter qu'il demandera en arrivant un audit auprès de la Cour des comptes pour connaître « le niveau réel de déficit », niveau qu'il évalue, lui, plutôt aux environs de 3,5% du PIB que de 2,7%, comme le prévoit le gouvernement. « Ce sera donc le point de départ pour le retour à l'équilibre que je veux opérer au cours du quinquennat », a-t-il dit. Et de « récuser toute fuite en avant qui consisterait à combattre le déficit en aggravant le déficit, et l'endettement en empruntant encore davantage ».

... et s'en prend à Bruno Le Maire

Le maire de Bordeaux goûte par ailleurs peu le « renouveau » proposé par l'un de ses concurrents à la primaire de droite Bruno Le Maire. Dans un documentaire qui sera diffusé lundi 3 octobre sur France 3, l'ancien Premier ministre critique le député de l'Eure. « Le Maire, il n'est pas moderne, contrairement à ce qu'il essaye de faire croire », dit-il dans ce reportage que "l'Opinion" a pu regarder. « C'est une façon assez classique et superficielle de voir les choses », a ajouté Alain Juppé au sujet de Bruno Le Maire. « On dit que je suis froid. Je crois qu'il l'est vraiment, lui. Une espèce d'ambition froide », a aussi lancé Alain Juppé. Et concernant l'expérience : « Lui en a un peu moins quand même. Cela se sent d'ailleurs souvent dans ses prises de position. » Voilà Bruno Le Maire habillé pour l'hiver.

Tensions entre Mélenchon et les communistes

Candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon fait débat au sein de la gauche de la gauche. Il a par exemple récemment proposé un « débat solide » avec Nicolas Sarkozy « sur l'identité nationale », en réponse aux propos sur « nos ancêtres les Gaulois » lancé par l'ancien président de la République. Mais, au sens d'Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français (PCF), débattre avec Nicolas Sarkozy sur ce sujet serait une erreur. « Si nous sommes les filles et les fils de ce qui émancipe et libère, un débat sur l'identité avec l'homme du ministère de l'Immigration, de l'intégration, et de l'identité nationale, celui du discours de Dakar, et plus récemment, celui des « gauloiseries » et du travailler plus... pour gagner moins, est une erreur. Cela créditerait une opération qui tend à rendre centrale la question de l'identité dans le débat politique français », a indiqué le conseiller municipal de Pau sur son blog hébergé par Mediapart. Et d'ajouter que « la surenchère identitaire d'une partie de la droite est un danger pour notre démocratie ».

(Avec AFP)

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a écrit le 29/09/2016 à 20:36 :
Les polémiques ne manqueront pas au sujet du livre de M. Buisson. Qu'il s'agisse des protagonistes ou même de tous ceux qui souhaiteront s'exprimer sur les informations livrées. Une certitude demeure, incontournable de vérité. Ces hommes hommes de pouvoir qui ont aussi bien figurés sous des gouvernements différents ( gauche et droite réunis) démontrent parfaitement le peu de valeur qu'ils ont. Et dire qu'ils ont été conseillés ou même ministre en exercice. Cela pose la question du jugement que portaient les présidents en exercice durant le temps où ces éminences grises ou autres faisait partie de leur entourage. Dit moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es.
a écrit le 29/09/2016 à 17:25 :
"Si c'est vrai, c'est une forfaiture "

Bayrou tombé du nid. Nous avons vu lors des manifestations contre la Loi du travail des policiers déguisés en casseurs, des casseurs allant se réfugier derrière des policiers, même si peut-être que Sarkozy a insisté un peu plus, comme on le voit sous un gouvernement socialiste actuellement, la police anti émeute a comme priorité de casser les manifestations d'une façon ou d'une autre. Les médias ont parlé de quoi ? Des casseurs et autres violence, voilà la raison principale.

D'accord avec Juppé, je crois bien que Le Maire, et Wauquiez d'ailleurs sont bien plus "froids" que lui, sans sentiments donc, tout y est simulé.

"Mélenchon fait débat au sein de la gauche de la gauche"

Pour les médias la gauche de la gauche c'est le centre gauche en fait. D'accord avec Dartigolles, faire un débat sur l'identité nationale c'est faire le jeu des nationalistes mais désolé vieux il serait temps de vous rendre compte que Mélenchon n'est là que pour finir de torpiller le PC, déjà bien auto-détruit sous tant d'inertie, parce que les socialistes savaient pertinemment qu'ils appliqueraient une politique de droite espérant rendre le front de gauche le moins salutaire possible. Bien joué mais sale mentalité quand même hein...

Seul le NPA semble incarner l'esprit de gauche, enfin le parti socialiste de Jaurès quoi au moins... On ne peut pas se dire de gauche tout en validant ce capitalisme aux multiples et exponentiels dérapages.
Réponse de le 29/09/2016 à 22:29 :
Il y a la gauche caviar , alors je ne vois pas pourquoi la droite saucisson n'aurait pas le droit de revendiquer ...

Désolé mais le NPA ne m'attire absolument pas ...un extrême de plus a 2 ou 3% pour uniquement voir les mécontents du système ( a 5 % c'est plutôt grave ...).

La prochaine élection qui va venir ( depuis le temps que j'apprécie tes posts ) n'est absolument pas favorable aux démocrates de tout bord ...

Au second tour nous nous verrons contraint de voter ( il faut y penser ) contre le FN pour une personne qui ne nous représente pas !

T as envie de voter Juppe ?
J'ai voté Chirac 1 fois ...
Alors pour cette élection , je n'ai qu'un seul mot d'ordre : " voter pour moi ".


a écrit le 29/09/2016 à 16:14 :
Que d'erreurs de français (ou de logique) de la part de nos politiques.
"Retour à l'équilibre du déficit structurel" nous dit Juppé ? Se rend-il compte que ça ne veut rien dire ? Mettre à l'équilibre un déficit, c'est comme mettre à l'équilibre un surpoids, ça ne signifie rien ! On met à l'équilibre une balance, pas un déficit.

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