LA TRIBUNE - En cette journée internationale des droits des femmes, en quoi votre proposition de loi pour l'égalité économique, fiscale et successorale, entre les femmes et les hommes, s'impose comme une nécessité ?
MARIE-PIERRE RIXAIN - Il m'a semblé qu'un certain nombre d'évolutions était souhaitable. La réalité, c'est que les historiens, tout comme les sociologues et les ethnologues, ont montré que l'argent des femmes ne va pas de soi. Longtemps, le travail des femmes faisait l'objet d'un don, et non pas forcément d'une rémunération. Lorsqu'il a commencé à faire l'objet d'une rémunération, c'était parfois une rémunération à la tâche, et non pas à la journée, à la semaine ou au mois, comme cela pouvait déjà l'être pour les hommes. Aujourd'hui encore, le revenu des femmes est encore considéré comme un revenu d'appoint, un revenu secondaire, voire un revenu qui est soumis à questionnement et à négociation à l'intérieur du couple. Il faut que les femmes soient aujourd'hui considérées comme des sujets économiques autonomes.
Dans cette optique, vous proposez que le taux d'imposition soit individualisé par défaut au sein du couple. Elisabeth Borne a fait savoir qu'elle reprend cette mesure pour une application dans le courant de l'année 2025. Concrètement, quel serait le gain pour les femmes ?