L’accès au logement social au cœur des municipales

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(Crédits : Reuters)
CONGRÈS HLM. Échaudés par l'exécutif, les bailleurs sociaux veulent peser sur la loi de finances 2020, mais aussi sur les élections municipales.

La baisse des aides personnalisées au logement (APL) de cinq euros a été votée à l'automne 2017, mais deux ans plus tard, force est de constater qu'elle reste encore en travers de la gorge des professionnels du logement social.

Selon Dominique Hoorens, chef économiste de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui représente 720 bailleurs, le manque à gagner est de... 6 milliards d'euros entre le 1er janvier 2018 et la fin 2020. « C'est six milliards d'économie pour l'État et zéro augmentation de loyer pour les locataires, mais c'est à mettre en regard de nos 20 milliards d'euros de loyers annuels. » Autrement dit, cela représente une perte de 10"% de budget annuel pour les offices HLM.

À la veille de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2020, l'USH veut donc peser sur les décisions politiques du gouvernement avec son 80e congrès sur le thème des « Habitations à loyer modéré, un modèle français ».

« La question est suffisamment à maturité pour être posée », justifie sa directrice générale, Marianne Louis.

« Nous vivons une période compliquée depuis le vote du PLF 2018. Nous n'avons pas le sentiment que le modèle pourrait être remis en cause, mais nous avons connu des propos un peu vifs du président de la République, très injustes envers les acteurs de terrain. »

Car outre la baisse des APL, la majorité nouvellement élue n'a pas tardé à faire voter par le Parlement une réduction du loyer de solidarité, qui touche les ressources des bailleurs, ainsi que la suppression de l'APL accession qui permettait à des locataires de devenir propriétaires. « Ce sont deux sujets que nous porterons auprès des parlementaires », insiste la DG de l'Union sociale pour l'habitat. Sans oublier la contemporanéisation des aides qui entrera en vigueur début 2020. Autrement dit, dans trois mois, ce ne sera plus le revenu net de l'année N-2 qui sera pris en compte, mais celui de l'année en cours.

Un recul inquiétant des mises en chantier

La perspective des élections municipales ne rassure pas non plus les acteurs du secteur. Selon l'USH, les demandes d'agrément des offices devraient être en « légère croissance » en 2019, après deux années de baisse. « C'est un peu décevant, car chaque année avant les élections les agréments ont tendance à anticiper », explique Marianne Louis. Dans le même temps, le nombre d'octrois de permis de construire continue de décliner mois après mois. Le président-fondateur d'Alila, Hervé Legros, qui vient de réaliser avec Elabe un sondage sur l'image et les attentes des locataires en France en matière de logements social et intermédiaire, relève ainsi que « 71% [des sondés] souhaitent que leurs maires continuent de délivrer des permis de construction dans leurs communes. Ils ont raison, il y a urgence ! »

Car si 2 millions de personnes se trouvent aujourd'hui dans l'attente d'un logement social, deux tiers du même panel se disent « surpris » d'apprendre que huit Français sur dix y sont éligibles.

« Cette liste ne fait que s'allonger depuis plus de trente ans, tonne le promoteur Hervé Legros. La seule solution, c'est tout simplement de construire plus : bailleurs, collectivités, acteurs privés, nous avons une responsabilité commune dans ce combat pour le logement pour tous. »

Dès le grand débat national de l'hiver 2019, l'Union sociale pour l'habitat avait pourtant alerté le gouverne- ment sur un recul des mises en chantier. « Préoccupé », son président Jean-Louis Dumont pointait ainsi « une chute du nombre de constructions tant dans le logement social que dans le libre », demandant à l'exécutif d'augmenter les aides budgétaires à la pierre ou de rendre l'accès au foncier plus économique.

Autre point de crispation : le futur revenu universel d'activité (RUA). Les bailleurs sociaux redoutent que l'APL se transforme en « supplément » à côté de la fusion des autres aides.

« Ce n'est pas un revenu complémentaire, mais une aide pour donner corps au droit au logement, s'agace la directrice générale de l'USH. Un bénéficiaire sur deux n'a pas d'autre minima sociaux. »

Arnaud de Broca, délégué général de l'Unafo, qui fédère 135 adhérents du logement accompagné (pensions de famille, foyers de jeunes travailleurs...), partage ses craintes :

« La production s'est tarie, voire a diminué. On ne voit pas le choc d'offre. Et puis qui peut en bénéficier ? Qui considère-t-on comme inactif ? » s'interroge-t-il en référence au mot « activité » du RUA.

En réalité, bien que pensé à « budget constant » par l'exécutif, le revenu universel d'activité ne devrait pas permettre à l'État de faire des économies. Rien que pour citer un exemple, le non-recours au revenu de solidarité active (RSA) lui permet aujourd'hui d'économiser... 6 milliards d'euros par an.

Ce chiffre, les offices HLM le connaissent bien depuis deux ans : c'est leur calcul du manque à gagner depuis l'élection d'Emmanuel Macron, entre la réduction du loyer de solidarité, la suppression de l'APL accession, la contemporanéisation des aides et bien sûr la baisse des APL. Pour cette dernière, il n'y a en outre quasiment pas de non-recours, tant les bailleurs l'évoquent systématiquement auprès de leurs locataires, ne serait-ce que pour se financer...

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L'ATTENTE DE « MAIRES BÂTISSEURS »

Qu'ils vivent en zones rurales ou urbaines,
les administrés accordent une place centrale à la question du logement.

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Commentaires
a écrit le 24/09/2019 à 14:24 :
Bonjour ,ne parler pas de logement sociaux,les bailleurs refuse de m en donne une maison, je suis pas en cdi,et j ai un plan surendettement ,on m en donne pas . Donc il faut sue je demande dans les agences je ne suis pas milliardaire et j ai 160 klm aller retour pour bosser ,le pleins de la voiture est vite partis,donc je peux pas tout payer logique. Merci cflt
a écrit le 24/09/2019 à 10:53 :
8 français sur 10 sont éligibles pour obtenir un logement social. La crises des gilets jaunes et la paupérisation de la population devient vraiment problématique. Nous avons d'un coté les très riches, et de l'autre , une classe moyenne qui ne peut plus boucler la fin du mois.
Réponse de le 24/09/2019 à 14:04 :
Il faut cesser cette division systématique des français entre 80% qui tireraient la langue et 20% de "privilégiés ultra riches". La question du coût inabordable du logement est effectivement très importante; pour autant, ne pas avoir droit aux HLM - ou faire partie des 20% de 'mauvais francais' qui n'ont pas eu droit a la suppression de la taxe d'habitation - ne doit pas être un prétexte facile à la stigmatisation systématique et aveugle. Vous faites partie des 20% des français les mieux rémunérés lorsque vous gagnez plus de 2500 € mensuel pour un célibataire, et 4000€ pour un couple. Certes c'est relativement confortable, il ne s'agit absolument pas de les plaindre, mais il faut cesser de les traiter de privilégiés car ils travaillent beaucoup et la solidarité nationale repose quasi entièrement sur ces ménages, qui paient énormément d'impôts et n'ont aucun droit. Les vrais 'ultra riches', ceux qui profitent du système et savent contourner la fiscalité, représentent moins de 2% de la population. C'est un problème réel. Mais ils sont un prétexte facile pour assommer au delà du raisonnable d'impôts et de cotisations les 18% restants de 'seulement aisés', qui triment pour des taux de prélèvements marginaux sur le travail supérieurs à 70%, ce qui est aberrant. On peut déjà remarquer une tendance (la DGFI s'en est emue): ces bouc-émissaires de la fiscalité française 'lèvent le pied', se mettent à temps partiel, réduisent leur temps de travail pour payer moins d'impôts, de manière parfaitement légale... in fine, ce sont les plus fragiles qui en pâtissent via la réduction des transferts sociaux.
Réponse de le 24/09/2019 à 17:43 :
@gerard

"mais il faut cesser de les traiter de privilégiés car ils travaillent beaucoup"

Genre de phrase qui laisse entendre que les autres en-dessous ne foutent rien.

" et la solidarité nationale repose quasi entièrement sur ces ménages"

Ah bon, les autres à 1500€ ,n'ont pas de cotisations sociales sur leur feuille de paie ?
a écrit le 24/09/2019 à 9:50 :
L histogramme sur la "quantité de logement sociaux" est curieux. La barre des 58% (sans changement) est a peine plus longue que la barre des 24 % (s est dégradée),et celle des des 18 % ( s est amélioré) beaucoup plus petite que celle des 24%.
Du coup le lecteur rapide retient bien la logique que les "bailleurs sociaux" veulent faire passer. "ça va de plus en plus mal"; alors que les chiffres montre un petite régression.
CFQD. Bravo l intox.
a écrit le 24/09/2019 à 9:01 :
Notre système oligarchique gave nos mégas riches et cette aide au logement n'est que la compensation de la bulle spéculative que nos propriétaires de capitaux ont généré imposant des prix de l’immobilier totalement exorbitants et dorénavant toute cette bande de crétins n'y voit visiblement plus rien.

Pensée à court terme = pensée courte, que ce soit en politique ou en économie nous n'avons plus que des neuneux qui nous guident alors qu’incapables de voir plus loin que le bout de leur nez nous aurions besoin de véritables visionnaires et non de cette bande d'attardés cupides !

Alors oui l'aide au logement c'est grotesque mais ne pas laisser faire la loi de l'offre et de la demande c'est suicidaire ! Du coup la part logement dans le budget des ménages est en train d’annihiler le pouvoir d'achat et donc la croissance, bravo les champions, les "experts" !
Réponse de le 24/09/2019 à 10:54 :
Facile de critiquer sans rien proposer de concret.
a écrit le 24/09/2019 à 8:46 :
hahaha
celle la elle est bonne
y a obligation de construire 25% de logements sociaux, que ces messieurs negocient ' a tres bon prix' ( pour pas dire gratuitement ou presque), avant de faire des reventes20 ans plus tard avec des plus values colossales
ils choisissent des niveaux de finitions que ceux qui payent leur acquisition ne peuvent pas s'offrir, faute de budget ( il faut dire que leur appart comporte le prix du logement social quasi gratuit, il faut bien que quelqu'un paye, hein)
et cerise sur le gateau, ils attribuent les logements ' a des gens prioritaires, en laissant croire qu'il s'agit de gens modestes dans leurs propagandes ( genre policier ou infirmiere dans le16eme), mais tout le monde a compris a qui ca sert
et ils osent venir gemir et couiner!
quel culot!
qu'on pose tout sur la table, ils vont vite se taire
a écrit le 24/09/2019 à 6:50 :
Les logements sociaux sont une catastrophe pour l'immobilier en France. Ils participent à la montée des prix de l'immobilier, faussent le marché immobilier en encourageant les familles à avoir plus d'enfants. Cette politique est insoutenable à long terme.
Réponse de le 24/09/2019 à 14:35 :
La baisse de la natalite devrait etre la priorite. Ca reduirai le chomage,les emissions de Co2 et ca reduirai les Probleme de logement et ca pourrait meme reduire les Probleme lies a l immigration (je sais pas politiquement correct mais c est la qu on fait plus de 3 gosses/femme)

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