Logement social : le monde HLM se positionne dans le Grand débat national

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
Une semaine après avoir demandé un "pacte productif" avec les associations d'élus et la fédération française du bâtiment (FFB), l'Union sociale pour l'habitat a dévoilé ce 1er mars 2019 une série de mesures visant à faire des HLM "une chance pour la France".

Appliquer un taux de TVA à 5,5%, augmenter les aides budgétaires à la pierre, revoir le taux de commissionnement bancaire sur le livret A, alléger les normes générant des surcoûts, rendre l'accès au foncier plus économique, soutenir et simplifier le prêt social location-accession, mettre un terme à la surtransposition des textes européens... L'Union sociale pour l'habitat (USH), qui représente 720 organismes HLM, a émis ce vendredi 1er mars 12 propositions dans le cadre du Grand débat national.

Lire aussi : Grand débat : élus et professionnels du logement tirent la sonnette d'alarme

L'USH demande également de mobiliser, en partenariat avec la Banque des territoires (BDT) et au niveau européen, des prêts à taux fixes et garantis pour accroître la rénovation thermique.

« La Banque européenne d'investissement finance déjà des opérations, mais si des organismes sont structurés pour accéder aux fonds européens, pour d'autres, c'est plus compliqué »explique à La Tribune sa directrice générale Marianne Louis.

Les offices HLM Oise Habitat, OPAC Amiens, Reims Habitat et OPAL Aisne se sont déjà regroupés et ont obtenu 107 millions d'euros du plan Juncker pour 1.000 logements et 4.000 réhabilitations, mais « ils n'auraient pas pu y prétendre seuls », insiste la DG. C'est pourquoi elle souhaiterait que les directions régionales de BDT, qui ont une expertise en ingénierie, "accompagnent" les organismes dans cette quête.

Par ailleurs, un an et demi après l'adoption du budget 2018 qui a supprimé l'APL accession, l'Union sociale pour l'habitat espère encore que le gouvernement la rétablira un jour. « Nous avions dit que c'était une erreur monumentale et un frein à la mobilité », se souvient Marianne Louis. « L'APL accession permettait en effet à des locataires d'accéder au neuf. »

Quid de la suppression de la taxe sur les salaires des gardiens ?

Le projet de loi de finances 2019 a pour sa part créé le dispositif "Denormandie dans l'ancien" qui permet à tout contribuable de bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu s'il se lance dans des travaux de réhabilitation dans l'une des 222 communes du plan "Action Cœur de ville" avant de louer ce logement.

« C'est une mesure potentiellement intéressante », déclare la directrice de l'USH, « mais si nous voulons une vraie politique globale, nous devons mettre en cohérence tous les acteurs ».

Selon Marianne Louis, les centres-villes et les centres-bourgs ont « besoin d'une intervention coordonnée. Cela ne passera pas que par les opérateurs privés, il faudra aussi des bailleurs publics. »

Enfin, l'Union sociale pour l'habitat plaide pour la suppression de la taxe sur les salaires pour les gardiens et tout le personnel en charge de l'accompagnement des locataires. « Les élus locaux ne veulent pas que l'on réduise leur nombre », assure la DG. « Ces salariés assurent la sérénité et le bon fonctionnement des immeubles. Leur rôle est extrêmement fort dans la cohésion des territoires », souligne Marianne Louis. Outre leur intérêt pour le maillage local, ces employés représentent en moyenne 50% des effectifs de proximité des offices HLM.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2019 à 19:53 :
allez, apres melenchon et les syndicats, encore un crabe de gauche ( un cancer donc) qui veut se mettre dans le millefeuille pour capter les profits.......
ils feraient mieux de balayer devant leur porte sociale et de regarder qui a des pbs au lieu de vouloir s'auto attribuer en toute morale tout ce bon pognon paye par personne que macron compte deverser malgre le deficit
Réponse de le 03/03/2019 à 13:02 :
Capter les profits? Mais qui captent les profits dans l'immobilier? L'immobilier est le placement préféré des classes moyennes et aisées (sans compter bien sûr les fonds d'investissements), qui repose en grande partie sur des aides publiques (Défisc, APL...). Je prends le seul exemple des APL: c'est un puits sans fond, qui coûte 16 milliards d'€ par an à l'Etat, qui aggrave le problème au lieu de le résoudre en solvabilisant artificiellement des ménages modestes, nourrissant ainsi la hausse continue des prix de l'immobilier. Or, on sait que l'essentiel de ces aides au logement finissent in fine dans la poche des propriétaires bailleurs en hausse de loyer. Lorsque l'Etat a voulu stopper cette gabegie en baissant les APL de 5€ par mois, le tollé fût monumental, et finalement les seuls qui ont été contraints de baisser les loyers de 5€, furent... les bailleurs sociaux, ceux là même qui proposent déjà les loyers les plus bas. Quand on se dit que l'ANRU 1 c'était 10 Milliards d'€, ça fait réfléchir sur les 16, par an, des APL. Les bailleurs sociaux apportent une réponse bien plus économique/durable au problème du mal logement pour les plus modestes, que le privé gavé d'aides publiques. Par contre ils ont un héritage (patrimonial) particulièrement lourd à supporter... Et on peut constater ceci sans être un cancer de gauche...
a écrit le 02/03/2019 à 10:20 :
Non ce qui serait une véritable chance pour la france c'est de se retrouver avec des dirigeants véritablement libéraux qui laisseraient faire le marché de l'immobilier qui naturellement s'effondrerait car tenu artificiellement par les financiers actuellement alors que les maisons à vendre s'entassent, permettant ainsi de mettre sur le marché une multitude de maisons à louer mais à des prix corrects et des maisons à vendre à des prix corrects ne pouvant que relancer puissamment la croissance.

Au finale cette socialisation des logements n'a été qu'un cache sexe pour les pratiques anti marchands des financiers.

La Loi de l'offre et de la demande on y va quand réellement ?
a écrit le 02/03/2019 à 7:36 :
Les HLM sont des machines à exclusion, des ghettos qui dénature la beauté de nos villes. Quelle honte pour la France (et ses architectes) encore une fois.

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