L'activité économique ralentit fortement en France
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Pour le Dr Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la HCOB, ces données « ne laissent guère entrevoir la fin de la récession en France. »
Reuters
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Pour le Dr Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la HCOB, ces données « ne laissent guère entrevoir la fin de la récession en France. »
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Voilà une mauvaise nouvelle pour le gouvernement : l'activité du secteur privé n'est pas au beau fixe. En effet, elle a connu en février son plus fort recul depuis septembre 2023. L'indice composite de l'activité globale s'est replié à 44,5 contre 47,6 en janvier, un plus bas de 17 mois, selon l'indice PMI Flash HCOB, publié ce vendredi par l'agence de notation S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB). Or, un indice inférieur à 50 signale une contraction de l'activité.
Pour le Dr Tariq Kamal Chaudhry, économiste à la HCOB, ces données « ne laissent guère entrevoir la fin de la récession en France », alors que le PIB a reculé de 0,1 point au quatrième trimestre, par rapport au troisième, selon l'Insee.
Pour autant, dans son avis du 29 janvier 2025, le Haut conseil des finances publiques estimait que la prévision de croissance du PIB français du gouvernement pour 2025 (+0,9 %) était atteignable bien qu'un peu optimiste au vu des indicateurs conjoncturels les plus récents. Le consensus des économistes table, lui, plutôt sur 0,7 % de croissance cette année.
En février, l'affaiblissement accru de l'activité dans les services « a plus qu'éclipsé le ralentissement de la baisse de la production dans le secteur manufacturier », observent S&P Global et la HCOB. En effet, l'indice PMI Flash des services s'est replié à 44,5, contre 48,2 en janvier, un plus bas de 17 mois, tandis que celui de la production manufacturière s'est redressé à 44,6 après 44,3, un plus haut de sept mois. L'indice composite de l'industrie manufacturière s'est, lui, redressé à 45,5 après 45 en janvier, un plus haut de neuf mois.
Les entreprises interrogées évoquent « une détérioration de la demande de biens manufacturés et de services », avec un volume global des nouvelles affaires affichant « un de ses plus forts taux de contraction depuis presque cinq ans ». Cela a contraint les entreprises à n'augmenter que très légèrement leurs tarifs, alors même que les prix des achats ont enregistré leur plus forte hausse depuis six mois. Les données mettent aussi en évidence « la plus forte baisse d'effectifs dans le secteur privé français depuis août 2020 ».
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« L'accélération de la contraction pourrait paraître inattendue, compte tenu d'un relatif apaisement des incertitudes politiques observé dernièrement, François Bayrou ayant survécu à nouvelle motion de censure et étant parvenu à faire approuver le budget 2025 en déclenchant l'article 49.3 de la Constitution », observe le Dr Tariq Kamal Chaudhry. Mais, selon lui, « loin d'assurer une stabilité à long terme », l'adoption du budget est seulement considérée comme « un succès provisoire, dont les répercussions sur l'économie sont inexistantes, le Premier ministre ne disposant pas de majorité au Parlement et pouvant être renversé par l'opposition à tout moment ».
Ce vendredi également, l'Insee a constaté au contraire une légère amélioration du climat des affaires français en février. L'institut de la Statistique relève cependant que le climat de l'emploi « se dégrade franchement », retrouvant son plus bas niveau depuis mars 2015 (hors période Covid).
À l'inverse de la France, l'activité économique du secteur privé dans la zone euro a poursuivi sa « très légère croissance » en février, à 50,2, selon S&P Global. « L'activité économique de la zone euro est presque à l'arrêt. La récession s'est certes quelque peu atténuée dans le secteur manufacturier, mais la très faible croissance du secteur des services permet tout juste à la région de se maintenir en zone d'expansion », a commenté Cyrus de la Rubia, économiste pour la Hamburg Commercial Bank (HCOB), partenaire de S&P Global.
« L'instabilité politique en France et la menace de droits de douane aux États-Unis engendrent un fort climat d'incertitude », a-t-il souligné, estimant que les données de février « ne permettent guère d'espérer une reprise prochaine de la croissance » au sein des 20 pays partageant la monnaie unique européenne.
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La très faible croissance globale au sein de la zone euro « masque de fortes disparités entre pays », note S&P Global, dans son communiqué. Alors que la situation n'est pas glorieuse en France, l'activité a augmenté pour le deuxième mois consécutif en Allemagne, à son rythme le plus élevé depuis neuf mois. « En dehors des deux principales économies de la région, l'activité globale a enregistré une forte expansion », relève S&P Global.
(Avec AFP)
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