Zone euro : une croissance finalement en hausse au dernier trimestre 2024
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L'évolution du PIB en fin d'année a particulièrement illustré les écarts considérables au sein de la zone euro.
Ralph Orlowski
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L'évolution du PIB en fin d'année a particulièrement illustré les écarts considérables au sein de la zone euro.
Ralph Orlowski
Les analystes de Bloomberg et de Factset auront eu raison. Ils tablaient sur une croissance de 0,1 % au dernier trimestre 2024 pour la zone euro, mais avaient été démentis par les chiffres d'Eurostat le 30 janvier dernier. En fin de compte, l'agence de statistiques de l'Union européenne est revenue, ce vendredi, sur ses annonces, pour réviser à la hausse la croissance, effectivement bien de 0,1 % au quatrième trimestre 2024. Sur l'ensemble de l'année, la progression de l'économie des 20 pays partageant la monnaie unique demeure inchangée à 0,7 %, confirmant un essoufflement persistant.
La correction statistique est symbolique, et continue tout de même de refléter un ralentissement marqué de l'économie européenne. Après un rebond de 0,4 % au troisième trimestre, la fin d'année a été marquée par un net coup de frein, mettant en évidence la fragilité de la reprise.
L'évolution du PIB en fin d'année a particulièrement illustré les écarts considérables au sein de la zone euro. L'Allemagne, première puissance économique du Vieux Continent, a confirmé une récession de 0,2 % en 2024, sa seconde année consécutive de contraction. L'incertitude politique qui plane, à deux semaines des élections législatives pourrait ne pas contribuer à une relance. La France, de son côté, a subi un recul de 0,1 % de son PIB au quatrième trimestre, notamment sous l'effet d'un contrecoup des Jeux olympiques mais également - comme pour sa voisine - de l'incertitude politique. L'Italie, quant à elle, affiche une croissance nulle pour la seconde période consécutive.
En revanche, l'Espagne continue de tirer son épingle du jeu avec une croissance de 3,2 % sur l'ensemble de l'année, portée par le dynamisme de son secteur touristique et une demande intérieure robuste. Cette performance tranche nettement avec la stagnation qui frappe ses voisins européens.
L'un des rares motifs de satisfaction provient du reflux de l'inflation. En Allemagne, celle-ci est tombée à 2,3 % en janvier, contre 2,6 % en décembre, offrant une bouffée d'air aux ménages et aux décideurs économiques. Cette tendance baissière s'observe également à l'échelle européenne, renforçant les anticipations d'un maintien d'une politique monétaire accommodante par la Banque centrale européenne (BCE).
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Lors de l'annonce initiale des résultats de la croissance en zone euro, la BCE avait d'ailleurs annoncé une cinquième baisse de ses taux depuis juin 2024, ramenant son taux directeur à 2,75 %. L'objectif de la banque centrale est clair : relancer l'investissement et soutenir la consommation. Toutefois, les économistes s'interrogent sur l'efficacité de cette politique dans un contexte où le chômage progresse en Allemagne et où la demande intérieure demeure atone.
Si la zone euro parvient à éviter la récession, elle ne devrait pas échapper à la stagnation. La prévision de croissance de la France pour 2025 a été révisée à la baisse à 0,9 %. L'Insee anticipe également une progression limitée à 0,2 % au premier et au deuxième trimestre.
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Face à ce contexte morose, l'Union européenne mise sur des mesures de soutien à l'investissement et une simplification administrative pour tenter de redonner de l'élan aux entreprises. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment plaidé pour une politique plus « pro business », en particulier dans le secteur industriel.
(Avec AFP)
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