L'économie française peine à sortir de sa torpeur. Dans sa dernière livraison dévoilée ce vendredi 28 mai, l'Insee a révisé ses chiffres de croissance de 0,5 point pour le premier trimestre. Le PIB a ainsi reculé de 0,1 point contre +0,4% prévu initialement et un dernier trimestre 2020 douloureux (-1,5%). Avec deux trimestres de croissance négative, la France est techniquement en récession. « Cette révision à la baisse n'est pas vraiment surprenante. On avait prévu une croissance proche de 0 au premier trimestre » explique Philippe Ledent, économiste chez ING en charge du suivi de la France et de la zone euro interrogé par La Tribune.
Cette révision à la baisse risque d'avoir des conséquences sur la croissance 2021. Si la réouverture de l'économie, l'accélération de la vaccination et la baisse des contaminations ont pu insuffler un vent d'optimisme, l'acquis de croissance cette année s'est fortement détérioré passant de 4,1% à 3,5%. L'objectif du gouvernement d'obtenir une croissance de 5% en 2021 s'éloigne un peu plus. « Le dernier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021 sont des trimestres perdus. L'économie était toujours 5% en dessous de son niveau d'avant-crise. Le début de la reprise est attendu au deuxième trimestre comme les autres pays de la zone euro » ajoute l'économiste. En outre, ces mauvais chiffres fragilisent toujours la possibilité d'une reprise robuste et rapide de la croissance. Le décrochage de la richesse produite est particulièrement important. « On n'attend pas de retour au niveau d'avant-crise avant la deuxième partie de l'année 2022 », indique Philippe Ledent.