L'économie française fait du surplace au dernier trimestre (Banque de France)

La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de seulement 0,1% au cours du dernier trimestre de l'année 2022, conformément aux précédentes prévisions de la Banque de France. La crise énergétique continue de frapper tous les secteurs de l'économie tricolore.
Grégoire Normand
Dans l'industrie, 70% des dirigeants sont affectés par la crise énergétique.
Dans l'industrie, 70% des dirigeants sont affectés par la crise énergétique. (Crédits : Reuters)

L'économie française s'enfonce vers un hiver douloureux. Neuf mois après l'éclatement de la guerre en Ukraine, la crise énergétique frappe toujours la plupart des grandes puissances de la zone euro. Les possibles coupures d'électricité au mois de janvier assombrissent grandement les perspectives pour le début de l'année 2023. Et la situation n'est pas prête de s'arranger.

Même si les missions de maintenance sur le parc nucléaire tricolore avancent, les grands travaux de carénage doivent s'étaler sur plusieurs années rendant indisponible une grande partie des réacteurs. « Les opérations de maintenance dans les centrales nucléaires, du côté de l'offre, et la réduction de la consommation suivant les plans de sobriété, du côté de la demande, contribuent à la baisse de production », expliquent les économistes de la Banque de France dans leur dernière note.

Dans ce contexte troublé, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait faire du surplace (0,1%) au dernier trimestre de 2022 par rapport au troisième trimestre (0,2%), selon la dernière enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France dévoilée ce jeudi 8 décembre.

Sur l'ensemble de l'année, l'institution bancaire table toujours sur un chiffre de 2,6% mais il correspond en grande partie à l'acquis de 2021. L'année dernière, la croissance avait fortement rebondi (7%) après le plongeon abyssal de 2020 (-8%). Le gouvernement continue d'assurer que « l'économie française résiste » mais de plus en plus d'économistes estiment que les prévisions de croissance intégrées au budget 2023 (1%) sont de moins en moins crédibles. En effet, l'inflation est loin de redescendre même si quelques signes laissent présager un ralentissement.

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L'énergie plombe l'activité dans tous les secteurs

La crise de l'énergie affecte la plupart des secteurs de l'économie tricolore. La part des entreprises pénalisées est ainsi passée de 52% à 55% entre octobre et novembre. Dans l'industrie, ce taux atteint 70% en novembre contre 66% en octobre. De plus en plus de sites industriels ont annoncé une baisse de cadences ces derniers mois et d'autres devraient suivre dans les semaines à venir. D'après l'enquête menée par la banque centrale, l'industrie aéronautique et l'automobile sont en première ligne face à cette hausse de l'inflation énergétique. En effet, près de 40% des dirigeants interrogés dans ces secteurs déclarent subir un impact « significatif ».

Dernièrement plusieurs grands groupes dans l'agroalimentaire (William Saurin par exemple) ont décidé de réduire drastiquement la voilure. Dans le bâtiment, deux tiers des entreprises se disent concernées par la crise énergétique, en légère hausse par rapport à octobre (63%). Enfin, les services sont loin d'être épargnés par l'envolée des prix de l'énergie (47% en novembre contre 44% en octobre). Concernant leurs résultats, près d'une entreprise sur cinq (18%) estime que la crise énergétique aura un impact important sur leurs marges dans les trois prochains mois.

Les difficultés d'approvisionnement et de recrutement s'apaisent

Du côté des difficultés d'approvisionnement, la part des entreprises exprimant des difficultés est en net recul dans l'industrie et le bâtiment pour atteindre leur plus bas niveau depuis le printemps 2021. Cette embellie peut notamment s'expliquer par la levée des mesures de restriction sanitaires partout sur la planète, y compris en Chine où les autorités ont récemment annoncé la fin de la politique du zéro Covid.

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Sur le front des recrutements, les difficultés s'apaisent également dans la plupart des secteurs mais demeurent à un niveau bien plus élevé qu'au printemps 2021. Le rythme des créations d'emploi (+0,4%) demeure toujours supérieur à celui de l'activité (0,2%) au troisième trimestre selon de récents chiffres de l'Insee. Et le taux de chômage oscille toujours autour de 7,5% de la population active. En dépit de ces signes d'amélioration, les prochains mois risquent d'être particulièrement moroses sur le front économique.

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Grégoire Normand

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Commentaires 14
à écrit le 11/12/2022 à 17:08
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Dans le pays où l'on travaille le moins et moins longtemps et où les vacances sont les plus longues tout le monde trouve que travailler est pénible, comment voulez vous que ce pays avance !

à écrit le 10/12/2022 à 17:27
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Le socialisme conduit la France droit dans le mur depuis 40 ans. Emmanuel Macron ne fait que finir le travail de destruction de la France de ses prédécesseurs. Expatriez-vous si vous le pouvez, il existe plein d'endroits sur la planète où nous pouv...

à écrit le 10/12/2022 à 10:12
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C'est déjà bien que l'économie fasse du surplace. Avec la politique de Macron et ces gouvernements elle aurait déjà dû reculer, elle le fera en début 2023 imposé par: - la réforme des retraite - l'inflation imposé par la mauvaise gestion covi...

à écrit le 09/12/2022 à 19:39
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Avec la réforme des retraites qui se profile tous à vos bas de laine …et c est pas le secteur public avec ses 3% réel et non 5 ou 6 comme declare. - ne concernera que 2,7% des fonctionnaires - et 5»millions de salariés - qui prendra la relève !!qu...

à écrit le 09/12/2022 à 10:47
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La France ne patine plus depuis longtemps, elle fonce droit dans le mur des réalités et des lamentations: Récession profonde et stagflation seront les maîtres mots (maux) à l'avenir. Nos gouvernements successifs peuvent être fiers, après avoir détrui...

à écrit le 09/12/2022 à 9:51
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Quel scoop ! ça fait 40 ans que l'économie patine en France. Ce qui n'a rien d'étonnant, avec trop d'impôts. Pour trop d'assistés, trop de gros retraités partis à 60 ans et moins, et trop de métiers simples mais essentiels, de l'ouvrier à l'infirmiè...

à écrit le 09/12/2022 à 9:39
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La ,ca patine,mais apres les fetes ca derape?......

à écrit le 09/12/2022 à 8:18
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C'est le great reset expliqué sur le site internet de Davos lui même, pour une fois qu'ils assument leur main mise sur le monde il serait bon de les encourager en les lisant au moins non ? Certes leurs serviteurs, les zéros, doivent être un peu génés...

le 10/12/2022 à 18:25
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@Citoyen blasé. mo aussi je skie à Davos et le Great reset est mon hôtel préféré... Mais les serveurs que vous appelez des "zéros" ne le sont pas. Même si c'est vrai qu'ils sont quelques fois un peu gêné aux entournures. Mais bon les prestations rest...

à écrit le 09/12/2022 à 6:20
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Un petit 0.1 grâce à la dette. Sur le plan eco politique discours comme a l'accoutumée pompeux mais sans épaisseur

à écrit le 09/12/2022 à 3:36
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Pour notre pays c'est bien, cela reste positif, on aurait pu attendre moins avec les sanctions que les dirigeants de l'Europe ont pris. J'étais plutôt pessimiste, je voyais l'effondrement de certains pays d'Europe.

à écrit le 08/12/2022 à 22:25
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Très bien comme ça la réforme des retraite passera pas ou ça petera avec le cumul des sujets y compris la flambée du covid qui se profile … tous en arrêt maladie et chute de la consommation !! Peut été qu’ aunsi ce gouvernement comprendra la démocra...

à écrit le 08/12/2022 à 22:24
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Très bien comme ça la réforme des retraite passera pas ou ça petera avec le cumul des sujets y compris la flambée du covid qui se profile … tous en arrêt maladie et chintz de la consommation !!

à écrit le 08/12/2022 à 20:35
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"La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de seulement 0,1% au cours du dernier trimestre de l'année 2022" : C'est la croissance qui augmente de 0.1%, ou le PIB ? Il faudrait savoir. Si la croissance augmente, alors tout vas bi...

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