LA TRIBUNE DIMANCHE - Le taux de chômage est resté stable au premier trimestre 2024, à 7,5 %, au sens du Bureau international du travail, malgré 6 000 chômeurs supplémentaires enregistrés sur la période. C'est une bonne nouvelle ?
JEAN-LUC TAVERNIER - Dans le contexte, oui, cette stabilité est le signe d'une forte résilience de notre économie malgré le ralentissement de l'activité au second semestre 2023. Le marché du travail résiste alors que la croissance est faible. La remontée du chômage depuis l'an dernier est limitée. Surtout, les taux d'activité et d'emploi sont à des niveaux record depuis le Covid. Aujourd'hui, la proportion des personnes en emploi parmi celles en âge de travailler [15-64 ans] atteint 68,8 % en France. Et le taux d'activité - qui prend en compte à la fois ceux qui travaillent et ceux qui sont en recherche d'emploi - est à 74,5 %. Du jamais-vu depuis que l'Insee produit ces statistiques [1975], et sans doute même avant. Cela s'explique par l'apprentissage - les alternants sont comptés comme des employés -, mais aussi par la plus grande présence des seniors sur le marché du travail.