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France : le taux de chômage s'est stabilisé à 7,5% au premier trimestre 2024

latribune.fr

Publié le 17 mai 2024 à 06:27 - Mis à jour le 17 mai 2024 à 13:15

6.000 chômeurs supplémentaires ont été comptabilisés au cours du dernier trimestre écoulé, portant leur nombre dans la France entière (hors Mayotte) à 2,3 millions.

6.000 chômeurs supplémentaires ont été comptabilisés au cours du dernier trimestre écoulé, portant leur nombre dans la France entière (hors Mayotte) à 2,3 millions.

Reuters

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Le taux de chômage en France s'est stabilisé à 7,5% de la population active au premier trimestre 2024 par rapport au trimestre précédent, a rapporté vendredi l'Insee.

[Article publié le vendredi 17 mai 2024 à 08h27 et mis à jours à 15h15] On est encore loin des 5% que le gouvernement vise d'ici 2027. Le taux de chômage en France, au sens du Bureau international du Travail (BIT), s'est stabilisé à 7,5% de la population active au premier trimestre 2024, d'après l'Insee. Il demeure néanmoins inférieur de 3 points de pourcentage à son pic de mi-2015. Pour rappel, le taux de chômage avait atteint fin 2022 début 2023 son niveau le plus bas depuis 1982, à 7,1% de la population active.

Ainsi, 6.000 chômeurs supplémentaires ont été comptabilisés au cours du dernier trimestre écoulé, portant leur nombre dans la France entière (hors Mayotte) à 2,3 millions.

« On est toujours dans une période de ralentissement du marché du travail » avec un chômage « à un niveau plutôt bas si on regarde sur une longue période », a déclaré à l'AFP Yves Jauneau, chef de la division synthèse et conjoncture du marché du travail de l'institut. Toutefois « sur un an, la hausse de l'emploi ne permet pas tout à fait de compenser la hausse de la population active qui est très dynamique », ajoute l'expert.

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Recul du chômage des plus de 50 ans

Le chômage augmente chez les jeunes

Dans le détail, au dernier trimestre, le taux de chômage augmente de 0,6 point pour les 15-24 ans, à 18,1%, en hausse de 1,5 point sur un an. Il se replie de 0,2 point pour les 25-49 ans à 6,8%, et est quasi-stable pour les 50 ans et plus à 5,1% (+0,1 point). Le taux de chômage diminue légèrement (-0,1%) pour les femmes à 7,3% et augmente légèrement (+01%) pour les hommes, à 7,7%.

Concernant le taux d'emploi, il a gagné 0,3 point de pourcentage en un trimestre, passant de 68,5% à 68,8%. La hausse est de deux points par rapport au quatrième trimestre 2019, avant la crise sanitaire. L'augmentation concerne toutes les classes d'âge. Elle est modérée pour les 15-24 ans, dont le taux d'emploi passe de 35,1% à 35,3% ainsi que pour les 25-49 ans (82,4% à 82,5%) mais plus forte chez 50-64 ans chez lesquels il passe de 67,2% à 67,7%.

La stabilité sur un an du taux d'emploi des jeunes est due à « l'effet de l'apprentissage qui a beaucoup créé d'emplois », selon Nathalie Chusseau, économiste à l'université de Lille, qui pointe toutefois que « les aides à l'apprentissage risquent de se tarir ». Ces aides représentent en effet une dépense publique très importante, évaluée à près de 20 milliards d'euros pour 2022, selon une étude d'un chercheur de l'OFCE, Bruno Coquet.

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La hausse du taux d'emploi est particulièrement prononcée chez les 55-64 ans, avec un taux d'emploi qui gagne 0,7 point de pourcentage en un seul trimestre, passant de 58,9% à 59,6%, et 4,2 points par rapport au dernier trimestre 2019.

« C'est un résultat qu'on attendait avec la réforme des retraites » entrée en vigueur progressivement depuis septembre 2023, explique Yves Jauneau, qui rappelle que l'Insee s'attend à « une forte hausse du taux d'activité des seniors dans les dix ans à venir ».

Cependant, plus généralement, les créations d'emplois ne suffisent pas à compenser « ceux qui sont détruits », renchérit Nathalie Chusseau pour laquelle « on arrive à une sorte de plateau », notamment à cause d'une « activité économique atone ».

De nouvelles règles d'indemnisation dès le 1er juillet

Par ailleurs, le taux de chômage de longue durée, c'est-à-dire les demandeurs d'emploi en recherche depuis au moins un an, est stable à 1,8% de la population active. Le nombre de ces chômeurs diminue de 23.000 par rapport au dernier trimestre 2023, à 549.000 personnes. Enfin, le halo autour du chômage, constitué des personnes considérées comme inactives par le BIT parce qu'elles souhaitent un emploi mais n'en recherchent pas ou ne sont pas disponibles, diminue légèrement de 16.000 personnes et concerne désormais 1,9 million de personnes.

Le ministère du Travail, pour faire baisse le taux de chômage, a déjà annoncé qu'il fixera lui-même les nouvelles règles d'indemnisation par un « décret de carence » avec une prise d'effet au 1er juillet, faute d'accord trouvé entre les partenaires sociaux sur la vie au travail et l'emploi des seniors.

L'exécutif évoque certaines pistes, notamment sur les conditions d'affiliation à France Travail:  pour bénéficier du chômage, il faudra avoir travaillé neuf mois sur les deux dernières années, et non plus six. De plus, une nouvelle loi Travail, avec des mesures pour faciliter la vie des entreprises, notamment des PME, est par ailleurs toujours attendue à l'automne.

Les intentions d'embauche se maintiennent à un «très haut niveau»

Selon le ministère du Travail, les intentions d'embauche pour 2024 se maintiennent ainsi à un « très haut niveau », même si elle fléchissent par rapport à la phase de rattrapage post-Covid des deux dernières années, selon une enquête annuelle publiée mercredi par France Travail (ex-Pôle Emploi). Un fléchissement corroboré par l'Urssaf, qui relève des déclarations d'embauche en baisse de 0,8% au premier trimestre, notamment pour les CDI (-1,5%). Sur un an, la baisse est de 2,7%, et de 4,1% sur les CDI.

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Parmi les métiers les plus recherchés par les employeurs figurent, sans surprise, les métiers de l'hôtellerie-restauration (serveurs, cuisiniers...), les métiers de l'agriculture ou encore ceux de l'aide à la personne et du soin. Pour 2024, les employeurs anticipent des difficultés de recrutement pour 57,4% de leurs projets (-3,6 points par rapport à 2023).

(Avec AFP)

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