L'immobilier public à la rescousse de la réforme de l'Etat
César Armand

François Bayrou est Premier ministre depuis le 13 décembre dernier.
Abdul Saboor
César Armand

François Bayrou est Premier ministre depuis le 13 décembre dernier.
Abdul Saboor
[article publié le 14.01.2025 à 15h56, mis à jour le 14.01.2025 à 17h29]
C'est l'annonce inattendue de la déclaration de politique générale de François Bayrou : un fonds spécial « entièrement dédié » à la réforme de l'État. Celui-ci sera financé « en réalisant une partie des actifs en particulier immobiliers qui appartiennent à la puissance publique », a fait savoir le Premier ministre sous quelques applaudissements.
Objectif ? Investir dans le déploiement de l'intelligence artificielle dans les services publics. « Ces sommes ne pourront pas être utilisées pour des dépenses courantes, pour abonder tel ou tel budget, elles resteront donc uniquement consacrées à ces efforts de réorganisation », a ajouté le locataire de Matignon. « Cette manière de rendre actif un patrimoine aujourd'hui inactif nous permettra peut-être un jour d'initier un scénario de réduction de notre endettement », a poursuivi le Premier ministre.
Reste que l'idée n'est pas nouvelle. Dès sa nomination au ministère des Comptes publics, en juillet 2023, Thomas Cazenave affichait cette ambition de céder des mètres carrés publics. En avril 2024, il revendiquait ainsi la vente, en 2023, de 645 biens pour une valeur de 280 millions d'euros, soit une hausse des recettes de 37% par rapport à 2022.
« D'ici à 2032, la superficie par agent passera de 24 mètres carrés à 16 mètres carrés, ce qui est un standard », expliquait encore Thomas Cazenave. L'ancien ministre du Budget comptait également quitter des locaux en location. « Ce qui permettra d'économiser à terme 1 milliard d'euros annuels en dépenses d'entretien et en loyers », enchaînait-il.
Thomas Cazenave estimait également à 5 milliards d'euros la valeur des cessions d'actifs sur un patrimoine total de 190.000 bâtiments, soit 100 millions de m². Redevenu député de Gironde à la suite de la dissolution, il a déposé un amendement dans le budget 2025 visant à créer une foncière, mais celui-ci a été emporté par la censure.
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Son collègue François Jolivet a, lui, été rapporteur, en décembre 2024, d'une mission d'évaluation sur la politique immobilière de l'Etat. « Il est temps de faire mieux avec nos bâtiments publics, pour les femmes et les hommes qui y travaillent, pour nos comptes publics », a aussitôt réagi, sur X, le député (Horizons) de l'Indre.
César Armand