François Bayrou face à l'ombre de la censure
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Le PS, a déploré « l'absence de garanties concernant la suspension » de la réforme des retraites estimant que François Bayrou était sous pression de sa droite.
LTD/Eliot Blondet/Abaca
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Le PS, a déploré « l'absence de garanties concernant la suspension » de la réforme des retraites estimant que François Bayrou était sous pression de sa droite.
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C'est à 15 heures, devant les députés, que François Bayrou jouera l'avenir de son gouvernement lors de sa déclaration de politique générale. Chaque mot sera analysé avec soin. D'après des informations de RTL, le Premier ministre aurait écarté la piste de la « suspension » de la réforme.
Il n'y aura « ni suspension ni abrogation » de la réforme des retraites mais une renégociation pendant trois mois environ, soit avant un nouveau changement de classe d'âge pour le départ à la retraite, a dit François Bayrou lors d'une réunion à Matignon ce mardi matin, ont confié plusieurs participants à l'AFP.
« Le date butoir pour obtenir un changement (de classe d'âge) c'était septembre, donc il faut que les partenaires sociaux aient terminé leurs travaux avant », soit « avant l'été » pour rendre « effectives » leurs conclusions, et dans ce cas « la suspension n'est plus nécessaire », a détaillé l'un des participants.
Ironie du sort, Élisabeth Borne, ex-cheffe du gouvernement et instigatrice de cette réforme, lira simultanément devant le Sénat le même texte, où pourraient donc figurer des concessions à une loi adoptée au forceps grâce à l'article 49.3.
Les socialistes exigent que la suspension de la réforme soit effective dès le début des négociations, prévues pour durer six mois, et non conditionnée à leur succès. Techniquement, cela permettrait aux personnes nées en 1963 de partir à la retraite à 62 ans et 6 mois (avec 42 ans et un trimestre de cotisation), au lieu de 62 ans et 9 mois (42,5 ans), comme prévu.
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Et ils se montrent confiants. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a, en effet, indiqué, ce mardi matin que son parti avait fait une proposition de compromis dans la nuit au Premier ministre, estimant « un accord possible » dans « quelques heures ». « Je pense que nous pouvons conclure », a encore assuré le député socialiste sur RMC-BFMTV, à propos de cette « proposition » qu'il se refuse à « dévoiler », faite « au téléphone » après une réunion non conclusive dans la soirée de lundi à Matignon.
Du côté de la majorité présidentielle, l'hypothèse d'une suspension de la réforme divise, tandis que la droite menace de quitter le gouvernement. Certains, comme Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée, se montrent ouverts : « Je ne suis pas opposée par principe à une suspension temporaire pour rediscuter. » D'autres, en revanche, dénoncent son coût, estimé à 3 milliards d'euros pour 2024. Bruno Retailleau, ministre LR de l'Intérieur, a prévenu : « Mettre en péril les finances de la France pour satisfaire la gauche serait irresponsable. »
Le Rassemblement national parie que François Bayrou maintiendra le départ à 64 ans, selon la députée Laure Lavalette, qui estime que les Français « devront attendre Marine Le Pen en 2027 pour abroger cette réforme ». À gauche, les écologistes, après des échanges infructueux avec plusieurs ministres, restent sur leurs positions. « Ils s'agitent, mais cela reste maigre », a résumé Marine Tondelier, leur cheffe de file.
Une motion de censure, déposée par La France insoumise, va suivre son discours de politique générale et sera discutée jeudi.
Elle n'aboutira pas sans le soutien du Rassemblement national qui offrira ainsi un sursis au gouvernement. Mais l'incapacité de François Bayrou à rallier les socialistes remet en cause la pérennité de son équipe, déjà menacée par le vote du budget en cours de négociation.
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De son côté, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a expliqué mardi à l'AFP « ne pas comprendre l'euphorie des socialistes », jugeant que « l'état actuel des discussions ne (donnait) pas de raison d'envisager autre chose que la censure ». Sur « la proposition » de compromis mise sur la table par le Parti socialiste, dont la teneur n'a pas encore été révélée, Marine Tondelier estime qu'elle n'est « pas très claire », et affirme qu'elle sera « très attentive à ce que les partenaires sociaux diront, et notamment la CGT ». Mais « l'état actuel des discussions ne nous donne pas de raison d'envisager autre chose » que la censure, ajoute-t-elle.
(Avec AFP)
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