Le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé un déficit plus lourd que prévu en 2024, alertant sur le risque de ne plus pouvoir investir sur le long terme.[Mis à jour le 14/01 à 17h15]
« Si on en reste là, nous ne serons plus en capacité de financer d'importantes opérations d'investissements qui sont prévues pour les 5-10 prochaines années », a alerté ce matin Nicolas Revel, le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) au micro de France Inter. Ce dernier a annoncé un déficit de 460 millions d'euros en 2024 pour le plus grand CHU d'Europe, contre 300 millions d'euros de déficit attendu initialement.
En cause : l'inflation, compensée à un tiers seulement par l'Etat, ainsi que les augmentations de salaire qui pèse pour 900 millions d'euros sur le budget des 38 hôpitaux que compte le groupe. Sur les salaires, l'AP-HP estime à 20% la part manquante de compensation de l'Etat sur le financement. Cette hausse a été initiée en partie par le Ségur de la Santé après la pandémie de Covid-19 qui avait mis en lumière les difficultés des métiers de soin.
Au total, le déficit des hôpitaux français ne fait qu'augmenter. En 2024, il atteignait 2 milliards d'euros, contre 200 millions d'euros en 2020. « L'augmentation des moyens » de la Sécu et « notamment de l'hôpital » est la condition pour éviter la censure, ce qui n'est possible qu'en instaurant de nouvelles recettes, a estimé le député écologiste Hendrik Davi.
Revalorisation de l'Ondam
Le Premier ministre doit donc composer avec cet ultimatum - et celui sur les retraites - afin d'assurer un budget de la Sécu pour 2025. La Fédération Hospitalière de France (FHF) avait demandé au gouvernement une revalorisation de 6% de l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) à destination des hôpitaux en 2025 en octobre dernier. Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), l'Ondam était de 3,1%, corrigé en réalité à 2%, compte tenu de l'augmentation des cotisations, en parallèle, sur les fonctionnaires hospitaliers. En tout, 500 millions d'euros ont été fléchés aux hôpitaux après les examens du budget de la Sécu à l'Assemblée nationale puis au Sénat. Trop peu, s'était désolée la fédération.