Le Sénat dominé par l'opposition de droite, poursuit ce vendredi, après l'Assemblée nationale, l'examen en première lecture du dernier projet de budget du quinquennat Macron, un exercice prévu sur trois semaines, mais qui devrait s'achever mardi 23 novembre, avec le rejet attendu de la partie "recettes". Les oppositions pointent la montagne d'amendements de dernière minute du gouvernement et la méthode globale de l'exécutif pour faire adopter "un texte à trous".Le budget 2022 promet d'âpres batailles parlementaires. Deux mois après sa présentation à Bercy, le dernier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron (PLF 2022) actuellement en débat au Parlement provoque l'ire des oppositions. A droite, Véronique Louwagie (LR) a fustigé une "flambée des dépenses électoralistes", "totalement irresponsable". A gauche, la socialiste Christine Pires Beaune a pointé un "record" de "149 amendements du gouvernement pour compléter les trous" d'un budget aux allures de "parcours de golf".
A cinq mois de l'élection présidentielle, la méthode du gouvernement est sous le feu des critiques. Au Sénat, la droite a récemment retoqué l'indemnité inflation annoncé par le Premier ministre Jean Castex il y a plusieurs semaines dans le cadre de l'examen du dernier projet de loi de finances rectificatif pour 2021 (PLFR 2021). De son côté, le porte-parole de l'Elysée Gabriel Attal a pourtant assuré que sur "l'indemnité inflation", le gouvernement aura "le dernier mot". Dans ce bras de fer, la majorité parlementaire peine à se faire entendre.
Un plan d'investissement France 2030 et des chèques par décret
L'annonce en grande pompe à l'Elysée du plan d'investissement de 34 milliards d'euros au début du mois d'octobre par le chef de l'Etat a hérissé les élus de l'opposition dans les rangs de l'Assemblée nationale et du Sénat. La méthode par voie d'amendement a été particulièrement critiquée par une bonne partie des parlementaires. Pour rappel, les ministres en charge de l'Economie et du budget, Bruno Le Maire et Olivier Dussopt n'avaient pas présenté les détails du plan d'investissement en septembre ni à la presse, ni au haut conseil des finances publiques (HCFP) alors que sa présentation était prévue initialement pendant "la première quinzaine de septembre" comme l'ont rappelé plusieurs sources à La Tribune.
A l'époque, les magistrats financiers de la Cour des comptes n'avaient pas pu rendre d'avis "pleinement éclairé" jugeant le texte "incomplet". Depuis, l'exécutif a revu sa copie et a apporté des précisions sur sa feuille de route mais la multiplication des chèques pour lutter contre la hausse du coût de la vie continue d'exaspérer, surtout dans un contexte de campagne électorale. Entre la présentation du projet de budget et la fin de son examen en première lecture à l'Assemblée nationale, 11,8 milliards de dépenses supplémentaires ont été ajoutées, pour porter la prévision de déficit à 5% du PIB en 2022.