"J'espère bien vous revoir ici l'année prochaine" a clamé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. La présentation aux journalistes du projet de loi de finances 2022 (PLF 2022) avait un parfum de campagne électorale ce mercredi matin dans l'enceinte de Bercy. Bruno Le Maire, qui est l'un des rares ministres de l'Economie a avoir tenu tout un mandat sous la Vème République, prépare déjà le terrain pour la campagne présidentielle. A sept mois du scrutin pour l'Elysée, la pression sur les comptables de Bercy est forte pour mettre en oeuvre la politique économique de l'exécutif après deux années chamboulées par la pandémie.
Sans surprise, les ministres Bruno Le Maire et Olivier Dussopt ont particulièrement insisté sur les baisses d'impôt et les investissements à venir tout en faisant l'impasse sur les sommes engagées sur le futur plan d'investissement qui doit dessiner la France de 2030 et la garantie jeune. Ces impasses sur le coût de ce mesures critiquées par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) pourraient venir alimenter les oppositions dans les prochains jours.
Cette période de transition, de la fin du "quoi qu'il en coûte" à la reprise, va être particulièrement cruciale pour l'exécutif sur le plan économique. En effet, même si la plupart des indicateurs macroéconomiques sont au vert, cette crise sanitaire pourrait encore réserver de mauvaises surprises comme elle le fait depuis 20 mois. Après avoir présenté ce budget en conseil des ministres, le texte sera discuté au Sénat et à l'Assemblée nationale avant la présentation du budget de la sécurité sociale (projet de loi de finances de la sécurité sociale/PLFSS 2022) prévue le 24 septembre prochain.