L’Unédic s’attend à un chômage de 7,4% fin 2022, ses comptes se redressent légèrement

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Fin 2022, le taux de chômage atteindrait 7,4%, ce qui représente 61.000 chômeurs de moins en moyenne chaque année.
Fin 2022, le taux de chômage atteindrait 7,4%, ce qui représente 61.000 chômeurs de moins en moyenne chaque année. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
En dépit d'un tassement de la croissance, l'Unédic envisage toujours un retour à l'excédent de l'assurance-chômage pour 2021. L'organe en charge de l'indemnisation s'attend aussi à la poursuite de la baisse du taux de chômage, jusque 7,4% fin 2022, selon ses prévisions publiées mardi soir. L'objectif d'Emmanuel Macron d'un chômage à 7% en 2022 paraît de plus en plus crédible.

Les comptes de l'assurance-chômage se redressent. Selon les dernières prévisions de l'Unedic rendues publiques mardi soir, le déficit devrait passer de -1,3 milliard d'euros en 2019 à -900 millions d'euros en 2020. Pour 2021 et 2022, l'organisme paritaire anticipe même des excédents de 2,3 milliards et de 4,2 milliards d'euros. Au final, la dette passerait de 35 milliards d'euros en 2018 à 31 milliards d'euros en 2024.

Plus de dix ans après la grande récession de 2008 et la crise des dettes souveraines dans la zone euro, la situation financière de l'assurance-chômage retrouve des couleurs dans le contexte d'une amélioration de la conjoncture économique. L'embellie du marché du travail a contribué à remettre dans le vert les caisses de l'organisme gestionnaire.

L'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance-chômage au milieu de l'été, qui prévoit entre autres un durcissement des conditions d'accès aux indemnités pour les chômeurs et une dégressivité au-delà d'un certain revenu, devrait permettre encore d'assainir les comptes. Cette transformation profonde de ce système assurantiel prévoit des économies de l'ordre de 1 à 1,3 milliard d'euros par an, selon le propos de cadrage du document.

> Lire aussi : Assurance-chômage : le gouvernement s'apprête à appliquer sa réforme explosive

Des nouvelles règles pour diminuer les dépenses

De même, les nouvelles dispositions prévues dans les décrets du gouvernement vont avoir des répercussions significatives sur le solde financier. Ainsi, en 2019, les dépenses d'indemnisation ont augmenté de 2,3%, selon les documents communiqués lors du point presse. Mais dès 2020, ces dépenses devraient baisser de l'ordre de 2,2% selon les simulations opérées par le service des études. Ce repli devrait s'accélérer en 2021 (-5,8%) avant de se ralentir l'année suivante (-2,8%).

Les dépenses de l'assurance-chômage dépendent en grande partie de la conjoncture et du nombre de chômeurs indemnisés. Sur ce dernier point, la réforme de l'année dernière prévoit une chute du nombre de demandeurs d'emploi ayant accès à une indemnisation.

Cette baisse serait en partie compensée par une ouverture des droits accordée à certains indépendants et aux démissionnaires. Là encore, les critères prévus dans la réforme risquent de limiter le nombre de bénéficiaires. Les salariés démissionnaires pourraient par exemple prétendre à une allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans le cadre d'une reconversion ou d'une création d'entreprise "sous réserve notamment que le caractère réel et sérieux de leur projet soit attesté par une commission paritaire. Ce nouveau droit ne pourra être ouvert qu'aux personnes ayant été salariées durant les 5 années précédentes de manière continue", expliquait l'Unedic dans un document de novembre dernier. Ainsi, sur la période 2020-2022, les experts anticipent une baisse de 64.000 chômeurs à indemniser en moyenne chaque année.

En outre, la réduction de la durée d'indemnisation maximum pour les seniors de 36 mois à 24 mois, décidée en 2017, devrait permettre de faire des économies significatives. Elles sont évaluées "à 130 millions d'euros en 2020 et 310 millions d'euros en 2021" explique le directeur général de l'Unedic par intérim Pierre Cavard.

Des recettes en hausse

Sur le front des recettes, les perspectives devraient être favorables. Les tableaux de l'Unedic montrent que les recettes devraient passer de 38,3 milliards d'euros en 2018 à 42,2 milliards d'euros en 2022. Pierre Cavard a indiqué que "en 2018, il y a eu une progression très forte des recettes. C'est lié au fait que en 2017, il y a eu une décision d'augmentation de la cotisation employeur de 0,05 point en cours d'année et elle est entrée en année pleine en 2018. Il y a également eu un effet de mensualisation des contributions des entreprises dans le cadre de la déclaration sociale nominative (DSN). Avant, il y avait une très forte saisonnalité trimestrielle des cotisations. 2018 a été une année plus forte au dépend de 2019. C'est un effet de trésorerie avant tout."

Depuis le premier janvier 2019, le financement de l'assurance-chômage a été en partie modifié. En effet, les cotisations salariales (2,4%) du salaire brut ont été supprimées pour laisser la place à un financement par la CSG. Ce basculement annoncé par Emmanuel Macron dans son programme de 2017 constitue une transformation d'ampleur. Elle permet en quelque sorte à l'Etat de reprendre les manettes sur les finances de l'organisation paritaire.

> Lire aussi : Pourquoi Macron veut "nationaliser" l'assurance chômage

Un taux de chômage à 7,4% en 2022

À la fin de l'année 2019, le taux de chômage au sens du BIT s'est établi à 8,1% de la population active. Dans ses dernières projections, le bureau de l'Unedic prévoit que le chômage devrait encore baisser pour atteindre 8% fin 2020, 7,8% fin 2021 et 7,4% fin 2022. Si les créations d'emplois devraient se tasser dans les prochains mois, elles se maintiennent à un niveau relativement élevé en moyenne annuelle (autour de 140.000 par an sur 2020-2022). Il reste que de nombreuses incertitudes pèsent sur la conjoncture actuellement et pourraient plomber la croissance dans les prochaines mois.

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a écrit le 26/02/2020 à 12:25 :
L’Unédic s’attend à un chômage de 7,4% fin 2022,

Ah bon, alors que les économistes avant le virus annonçaient un ralentissement de l'économie mondiale....

Et sachant que l'impact économique du dit virus n'est pas encore chiffré, je trouve étrange d'affirmer cela !

Les recettes en hausse, logique lorsque l'on vient de supprimer 200 000 bénéficiaires, non?

"En 2019, le nombre de demandeurs d'emplois a chuté de 176.000. Or cette même année, le nombre de radiations administratives s'est établi à... 176.600 selon les données de la Dares. "

Du coup, je peux mieux comprendre donc ces chiffres !

Ou c'est peut être la planification des radiations qui le suppose ?!

Sans doute que du coup les gens n'aurons plus d'autres choix que le statut d'autoentrepreneur, du coup je ne vois pas quels sont les éléments surtout actuellement qui permettent de le dire !

Sans doute des calcules de trajectoire, mais je ne vois pas ce qui pourrait permettre de le dire.
Réponse de le 26/02/2020 à 12:58 :
Vous avez raison : en le lisant, je me suis demandé si cet article n'avait pas été retiré de dessous une pile datant de plus d'un mois et édité tel quel sans relecture tellement il fait "pas à jour" !
Réponse de le 26/02/2020 à 13:24 :
"Les recettes en hausse, logique lorsque l'on vient de supprimer 200 000 bénéficiaires, non?"

Effectivement, tu peux rajouter environ 800.000 dès le 1er avril et le changement de mode de calcul des allocations chômages et le tour est joué.
Réponse de le 26/02/2020 à 19:57 :
Je vous confirme! La catastrophe sociale est "en marche".

Comme nous avons une structure qui repose sur un maillage précis, une fois détruit et insécurisé le pays, je comprends par la suite ce que nous avons déjà eu, mais surtout la dangerosité, l'inhumanité sociétale que cela va produire.

Car a force de sabrer la construction minutieuse d'un système pour produire en fait, quoi?! Ce n'est même pas du capitalisme, car il est rare que celui ci fonctionne lorsqu'il dispose de capitaux. Il doit les orienter.

Et tenir compte aussi de ce que la décision importe la responsabilité.
Et comme il semble pour moi produire plutôt la stratégie du chaos, je dois dire que c'est presque extraordinaire.

Jusqu'a présent il y avait disons des impotents politico économique, a présent nous avons une aristocratie de gens qui n'ont que siégé comme dg ou dans des expériences protégées.

Du coup comme il n'y a pas d'émergence possible, tout le cycle de l'économie reproduit le vide.

La aussi une question de recul. Cela fait 20 ans que nous avons les technologies, que nous avons les chercheurs, mais qu'il n'y a pas de vision audible, qui ait du sens dans tout les domaines.

Le problème de ne pas proposer un deal, se voit a partir des retraites, ou la franchement c'est quoi le résultat auxquels nous pouvons nous attendre.

Honnêtement, faire des transformations en asphyxiant une bonne partie de la population est néfaste pour chacun.

Disons que mon analyse porte par comparaison européennes.

Nous avons une élites des plus nuls, pour avoir un ministre du travail DRH, l'espérance n'est plus dans la création et le travail, mais dans la gestion de population puisque créer n'est pas dans les rétributions de cette fonction, hormis les stratégies salariales ou les plans sociaux.

Plans sociaux dont la dite ministre a pu gagné beaucoup, non?!

Alors du coup, les chiffres ne font plus sens si ce n'est faire une comptabilité de mise a l'index de populations.

Et venez pas me faire croire qu'ayant un siège au forum de davos ne parle pas de lui même.

La deshumanisation des personnes et des situations va nous amener a des troubles puissants a venir !

Alors 200 000, 800 000, cela ne semble plus leurs poser des questions.

Et si l'on sait qu'il y aura des retraités , qui eux seront en rupture de situation, puisque plus dans le monde du travail.

Et jouer sur l'intégrité et le silence des gens, pour moi c'est dangereux pour tout le monde.

Alors, que dire de plus, si ce n'est que l'obsolescence des élites vient du fait selon moi qu'il n'y a pas les vertus du système anglo saxon, l'émergence!

La richesse du pays en dispose, mais actuellement le regroupement du capital vers l'état central, ressemble a un régime de fait spécifique !

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