Assurance-chômage : quelles sont les nouvelles règles d'indemnisation ?

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(Crédits : Reuters)
Dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage, de nouvelles modalités d'accès aux droits d'indemnités entrent en vigueur à compter du vendredi 1er novembre.

La réforme des règles de l'assurance-chômage, d'une ampleur inégalée, commencera à entrer en vigueur ce vendredi 1er novembre. Durcissement des règles, nouveaux droits pour les démissionnaires et les indépendants : voici les points clés de la réforme de l'assurance-chômage.

  •  Six mois de travail requis pour ouvrir des droits

L'accès à l'allocation se durcit. Pour ouvrir des droits à indemnisation, il faudra avoir travaillé au moins six mois ("130 jours ou 910 heures") sur les 24 derniers mois ("la période de référence"). Aujourd'hui, cette condition est de quatre mois sur les 28 derniers (sauf pour les plus de 53 ans où la période de référence restera de 36 mois). En conséquence, la durée minimale d'indemnisation passe aussi de quatre à six mois. La durée maximale reste de deux ans pour les moins de 53 ans, deux ans et demi pour les 53-55 ans, trois ans pour les plus de 55 ans.

Le seuil permettant un rechargement des droits, lorsqu'on travaille pendant sa période de chômage, est fortement durci. Jusqu'à présent, si un demandeur d'emploi travaillait au minimum un mois (ou 150 heures), il voyait sa durée d'indemnisation prolongée d'autant. Dorénavant, il lui faudra aussi au moins six mois pour en bénéficier. Créés en 2014, les rechargements représentent aujourd'hui un quart des ouvertures de droit. Ce sont notamment des jeunes qui multiplient les contrats courts (CDD ou mission d'intérim de moins d'un mois), souvent avec le même employeur qui les réembauche.

Selon l'Unédic, la mesure conduira à diminuer de 30.000 le nombre mensuel d'ouvertures de droit. Toutes les ouvertures de droit associées à une date de fin de contrat antérieure au 1er novembre, principalement des rechargements, resteront cependant sur la réglementation ancienne. L'une des conséquences du durcissement du rechargement pourrait être une hausse du nombre de bénéficiaires de l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) versée par l'Etat aux chômeurs en fin de droit, selon les syndicats, qui notent une enveloppe à cet effet en hausse dans le budget 2020.

  • Dégressivité pour les hauts revenus au bout de six mois

 Les salariés qui avaient un revenu du travail supérieur à 4.500 euros brut par mois - soit environ 3.500 euros net - verront leur indemnisation réduite de 30% à partir du 7e mois, avec un plancher à 2.261 euros net. Les premiers touchés, qui seront des allocataires ayant perdu leur emploi après le 1er novembre, le seront concrètement à partir de juin 2020. Les salariés âgés de 57 ans ou plus ne seront pas concernés par la mesure.

Le plafond de l'indemnisation maximale restera de 6.615 euros net. Selon l'Unédic, les demandeurs d'emploi ayant perdu une rémunération supérieure à 4.500 euros représentent environ 4% des allocataires indemnisés. À partir de fin 2020, la dégressivité concernerait chaque mois de 1.000 à 2.000 nouvelles personnes.

  • Des droits pour les démissionnaires et indépendants

 Promesse de campagne du candidat Macron, l'indemnisation sera ouverte aux démissionnaires ayant travaillé dans la même entreprise au cours des cinq dernières années et ayant un projet de reconversion professionnelle ou de création/reprise d'entreprise. Avant de poser sa démission, le salarié devra demander un conseil en évolution professionnelle (CEP) et ensuite adresser à une commission paritaire (syndicats/patronat) une demande d'attestation "du caractère réel et sérieux" de son projet. Celle-ci examinera notamment "la pertinence de la formation identifiée" et ses perspectives d'emploi ou, pour une entreprise, les "besoins de financement" et les "moyens techniques et humains" envisagés.

Une fois l'attestation obtenue, le salarié aura six mois pour déposer une demande d'allocation à Pôle emploi, qui sera chargé de contrôler la mise en œuvre réelle du projet. Les indépendants bénéficieront eux d'une allocation forfaitaire (800 euros par mois pendant six mois) en cas de liquidation judiciaire. L'activité professionnelle devra avoir généré un revenu minimum de 10.000 euros par an sur les deux dernières années avant la liquidation.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2019 à 15:17 :
Bonjour
Ayant droit a 6 mois d'allocation. Si je retrouve du travail pour moins de 6 mois, mes anciens droits restant sont ils maintenue ou faut il que je retrouve au moins pour 6 mois. Merci
a écrit le 31/10/2019 à 22:49 :
chaque fois qu'il a des réformes dans ce pays , c' est toujours pour faire reculer les droits du peuple une partie des syndicats de salariées seulement , le même syndicat qui d' ailleurs avait inventé la dégressivité des année 90 vivement 2022
a écrit le 29/10/2019 à 12:55 :
ou comment faire baisser les stats du chomage en durcissant les conditions.
Réponse de le 29/10/2019 à 13:42 :
Non
Car si c’était le cas : cette mesure concernerait tout le monde de 18- 62 ans .... et ce n’est pas le cas... un public précis est «  visé » par cette mesure qui exclue et fragilise un public déjà fragile .
a écrit le 29/10/2019 à 12:43 :
Bonjour ,

Ces mesures ne sont pas cohérentes avec le contexte du monde du travail actuel :
1) augmentation des CDD
2) contrats courts
3) rejet des seniors à cause de l’âge
4) rejet des jeunes par manque d’expérience
5) plafonnement des indemnités prudhommales
6) carte blanche pour les employeurs
Pour divers abus envers les salariés
7) pas de réglementation des employeurs pour «  les inviter » à lutter contre le chômage, pour que les employeurs revoient à la baisse leur exigence par rapport aux nombres de chômeurs et le marché du travail ( l’employeur veut un âge médium , sans contrainte, polyvalent ,qui demande pas un gros salaire , qui a des diplômes au minimum bac + 2 et minimum 2 ans d’expériences)

Avec ce «  contexte » comment voulez vous améliorez le pouvoir d’achat ?
Ce sont plus des «  blocages sociétal «  pour filtrer et faire de la discrimination sociale .

Moi aux prochaines élections je vote celui qui défends les «  droits des salariés «  ni la gauche ( qui a détruit avec la loi du travail ) ni le Lrem ( qui continu la destruction) ni le LR ex UMP ( qui a tué le pouvoir d’achat avec les lois fiscales de 2004-2007...)

Cordialement,
Réponse de le 30/10/2019 à 8:54 :
Ce n'est pas fait pour fragiliser encore plus un public déjà fragilisé. C'est fait pour lutter contre l'abus de CDD par un public qui les recherche pour vivre au frais de la princesse. Je suis gérant de restaurant et je peux vous assurer que nombres de salariés VEULENT des contrats courts pour bosser un minimum et pouvoir voyager ou flâner ensuite au frais de l'UNEDIC. Il s'agit donc aussi parfois de CHOIX délibérés cher monsieur.
Cordialement
a écrit le 29/10/2019 à 12:36 :
Ce n'est pas parce que l'on ne VEUT pas travailler mais parce que l'on ne PEUT pas travailler. "Y' a pas de travail disent les entreprises": ce sont les pauvres qui payent le prix de la précarité du marché de l'emploi.
Le coup de pouce indemnitaire de PE permettait de survivre; le supprimer c'est nous tuer, pas nous aider.

Ce n'est pas une formation bidon en Programmation Neuro Linguistique ou un bilan de dévalorisation chez les copains de PE qui vous permettra de trouver un emploi durable.
Réponse de le 29/10/2019 à 15:46 :
Votre commentaire est très pessimiste et dans tous les cas les français au global veulent que tout s'améliore sans rien changer. Portugal, Espagne, Irelande, autant de pays qui ont pris des mesures drastiques pour être aujourd'hui en bonne santé (ou du moins nettement meilleur qu'elle ne l'était).

Du travail il y en a... Sinon le site de pôle emploi serait vide ! Si il n'y en a pas dans votre secteur, pléthore de formation existe et ne parlez pas de Programmation je ne sais quoi mais il existe de VRAIES formation, le seul problème y est l'accès autrement dit savoir que ces informations existent.
Ma soeur en a fait une, une amie en reconversion également donc sachez monsieur que si vous le souhaitez il y en a.
a écrit le 29/10/2019 à 12:07 :
Réforme détestable sur le fond comme sur la forme.

Les cadres sup qui sont encore au chômage au bout de 6 mois se comptent sur les doigts de la main et en général ils ont des réserves financières qui vont leur éviter de terminer SDF en quelques semaines.

les nouveaux "droits" pour les démissionnaires sont tellement encadrés qu'il ne bénéficieront à personne.

Le gros des coupes de budget va donc taper fort sur ceux qui se lèvent tôt pour aller chercher du travail et ne trouvent que des CDD merdiques.

Et la pénalisation financière des entreprises qui abusent des CDD et des contrats précaires?
Pénicaud l'a fait remettre à 2021... quel courage!
a écrit le 29/10/2019 à 10:51 :
Bougez pas je devine... Moins de pouvoir d'achat et de respect envers le travailleur non ?

Oui je sais facile... Faut dire aussi que le travail c'est tellement sale, les gens le pratiquant le sont aussi forcément !

La Rente En Marche.

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