La Banque de France table sur une croissance de 0,1% du PIB au 2e trimestre
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La Banque de France indique ce mercredi tabler sur une progression de 0,1% du PIB au 2e trimestre.
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La Banque de France indique ce mercredi tabler sur une progression de 0,1% du PIB au 2e trimestre.
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La croissance résiste en France. La Banque de France indique ce mercredi tabler sur une progression de 0,1% du PIB au 2e trimestre. Après avoir progressé de 0,2% au 1er trimestre, le PIB croîtrait ainsi deux fois moins vite entre avril et juin, soutenu par un « rebond modéré » de l'activité en juin, écrit la banque centrale dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture.
Jusqu'ici, la Banque de France tablait sur une croissance trimestrielle comprise entre 0 et 0,1% et une progression annuelle de 0,8% du PIB - ce dernier chiffre n'étant pas remis en cause dans l'enquête publiée mercredi.
Menée auprès de 8.500 entrepreneurs entre le 26 juin et le 3 juillet, l'étude de la Banque de France fait surtout ressortir l'incertitude des chefs d'entreprise face au contexte politique, marqué par les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet. Pour rappel, ces dernières ont vu le Nouveau Front populaire (NFP, gauche) émerger en tête du second tour et le Rassemblement national (extrême droite) nettement augmenter son contingent de députés, sans qu'aucune majorité claire ne se détache dans la nouvelle Assemblée nationale.
L'indicateur d'incertitude de la Banque de France, basé sur la récurrence de certains mots-clés dans les réponses des entrepreneurs, « atteint ses plus hauts niveaux depuis 2022, voire depuis 2021 dans le cas des services », souligne la banque centrale. « Il progresse dans tous les secteurs, et particulièrement dans les services (notamment le travail temporaire, l'hébergement-restauration, le transport, la publicité) où il était initialement le plus bas », détaille-t-elle.
Cette montée en flèche de l'incertitude chez les entrepreneurs ne se reflète toutefois pas encore clairement dans l'activité du 2e trimestre, explique le chef économiste de la Banque de France, Olivier Garnier. Elle pourrait se matérialiser davantage au 3e trimestre, même si les Jeux olympiques et paralympiques devraient à l'inverse soutenir l'activité. Par ailleurs, l'indicateur d'incertitude reste néanmoins en dessous du niveau atteint en 2020 lors des deux premiers confinements liés à la pandémie de Covid-19.
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Si Olivier Garnier anticipe un « effet positif » des Jeux olympiques (26 juillet-11 août) et paralympiques (28 août-8 septembre) sur l'activité, il ne se risque pas à avancer de chiffres, préférant commenter les évolutions de l'activité constatées au 2e trimestre. Entre avril et juin, l'industrie et le bâtiment ont ainsi bénéficié d'un « effet de rattrapage » consécutif au ralentissement de l'activité au mois de mai, lié aux jours de congé et aux ponts.
Dans les services en revanche, nuance la Banque de France, l'activité a progressé en juin « à un rythme ralenti pour le deuxième mois consécutif, et moins élevé que ce qui avait été anticipé par les chefs d'entreprise le mois dernier ». Pour Olivier Garnier, cette performance légèrement inférieure aux attentes « peut être liée à la météo » maussade du mois de juin, de nature à limiter la consommation de services touristiques (transport, hébergement, restauration...) ou de loisirs.
Pour le mois de juillet, les chefs d'entreprise sondés par la Banque de France anticipent une progression de l'activité dans l'industrie et une croissance toujours ralentie dans les services. Dans le bâtiment, l'activité se contracterait dans le gros œuvre tandis qu'elle continuerait à progresser dans le second œuvre (travaux d'aménagement, rénovation...).
Les estimations de la Banque de France interviennent un jour après ceux de l'INSEE. D'après cette dernière, l'économie française devrait croître de 1,1% en 2024 comme l'année précédente et bénéficier d'un effet JO, mais l'impact de l'incertitude politique post-législatives reste indéterminé, a indiqué mardi l'Insee, de quoi alimenter les inquiétudes sur des finances publiques très dégradées.
Retombées positives des Jeux olympiques, accélération de la consommation sur fond de baisse d'inflation, contribution du commerce extérieur... Le PIB bénéficierait de plusieurs soutiens cette année, malgré l'atonie de l'investissement.
Ainsi, la note de conjoncture publiée mardi tient compte des coupes budgétaires de plusieurs milliards d'euros actées par le gouvernement sortant pour redresser les finances publiques. Mais elle n'intègre pas les mesures que pourrait prendre un nouveau gouvernement, potentiellement de nature à modifier la politique économique du pays.
Après son succès au second tour du scrutin dimanche, le Nouveau Front populaire (gauche) espère toujours gouverner seul malgré son absence de majorité absolue, une hypothèse rejetée par le camp présidentiel qui prône une coalition plus large.
« Notre politique économique donne des résultats positifs. Elle confirme que la politique de l'offre est la meilleure possible pour la France », a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances sortant, Bruno Le Maire. Le gouvernement tablait sur une hausse du PIB de 1%. « Revenir sur cette politique de l'offre pour basculer à nouveau sur une politique de la demande - 1981 puissance 10 - serait une faute économique irrémédiable », a-t-il estimé.
Réagissant auprès du journal Les Echos, le président du Medef Patrick Martin a, lui, jugé « très insuffisant » le niveau de croissance annuelle de 1,1% anticipé par l'Insee. « Surtout, ces prévisions ne prennent pas en compte les effets déjà perceptibles de l'instabilité politique », qui génère selon lui une « immense inquiétude » parmi les adhérents de la première organisation patronale du pays.
L'inquiétude plane aussi sur les finances publiques, déjà fragilisées par les crises et dont les risques de dérapage ont été amplifiés avec ces législatives anticipées. Alors que la dette publique atteint environ 111% du PIB (presque 3.160 milliards d'euros à fin mars) et que le déficit s'est élevé à 5,5% du PIB en 2023.
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« Il y a un risque sérieux sur la note française » si le rétablissement des finances publiques ne se poursuit pas, a-t-il ajouté, comme l'ont souligné de leur côté les agences Moody's et S&P Global. L'écart entre le taux d'intérêt de l'emprunt de la France et celui de l'Allemagne, référence en Europe, demeure plus élevé qu'avant la dissolution, le 9 juin.
(Avec AFP)
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